La prière de Jésus

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Le bon Larron, plafond de la chapelle sixtine

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A l’image des ouvriers de la toute dernière heure, Dismas se convertit sur la croix par l’action intérieure de la grâce. Jésus l’a dit : « nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6, 44). La grâce n’agit cependant pas seule ; elle s’appuie sur un événement déclencheur. Aussi demandons-nous ce qui a bien pu provoquer ce brusque revirement du bon Larron, cette conversation totale.

Les apôtres ont suivi Jésus parce qu’il les a appelés (excepté Judas qui l’a suivi de lui-même !). Saint Mathieu, un publicain, autrement dit un larron en col blanc, s’est converti quand Jésus lui a dit « suis-moi » (Mathieu 19, 9). Zachée s’est converti quand Jésus lui a ordonné de descendre de son sycomore parce qu’il veut manger chez lui (Luc 19, 5).

Jusque-là, Jésus n’a adressé aucune parole personnelle à Dismas. Il n’a jamais entendu les prédications de Jésus, comme Marie-Madeleine, il n’a jamais vu aucun de ses miracles ; sait-il seulement qu’il en a accomplis ? A cette heure le ciel ne s’est pas encore obscurci et la terre n’a pas encore tremblée. Aucun signe ne révèle la véritable identité de Jésus. Dismas sait juste que Jésus dit de lui qu’il est le Fils de Dieu. Et ce dernier élément, il le connait, non parce que Jésus l’a dit en sa présence mais parce que la foule, les pharisiens le lui reprochent et le traitent de blasphémateur. Dismas sait que Jésus se dit le roi des juifs parce que c’est écrit au sommet de la Croix.

En fait, Dismas a vu davantage qu’un miracle : il a vu Jésus, un signe vivant ! En effet, dans toute sa vie, mais plus encore dans sa Passion, Jésus est un signe pour tout homme de bonne volonté. Depuis qu’il a croisé sa route c’est-à-dire depuis le prétoire, Jésus est silencieux, en paix profonde, en communion avec le Père, accomplissant sa volonté, réalisant une à une toutes les prophéties au sujet du Messie, rempli d’amour pour Dieu et les hommes, rendant, même accablé de douleur, le mal pour le bien.

Dismas s’est résolument tourné vers Jésus lorsqu’il prononce les paroles : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Autrement dit, la conversion de Dismas n’intervient pas suite à une parole personnelle mais en entendant la prière que Jésus adresse au Père et dans laquelle il se sent inclus. Il est ébranlé par la demande de pardon de Jésus pour tous ses tortionnaires. Il comprend à présent que Jésus est vraiment ce qu’il dit car, s’il était comme nous, il demanderait au Père, non pas de gracier cette plèbe mais de la foudroyer à l’instant.

Parce que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, Dismas comprend que le Père exaucera sa prière et que pour lui rien n’est donc perdu. Il ne peut rien revendiquer de Dieu en s’appuyant sur un quelconque mérite de sa part car il est un immonde pécheur, coupable d’une multitude d’iniquités. Mais il lui reste la possibilité de s’adresser à Jésus qui est le Fils du Tout-puissant, qui intervient auprès de lui pour en obtenir le pardon des pécheurs. Il comprend qu’il est lui aussi la cause de la Passion de Jésus, l’objet et le bénéficiaire de sa prière au Père qui l’exaucera pour l’amour de son Fils.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Le tribunal de Dieu

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Crucifixion, Fra Angelico

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Il peut paraitre curieux de parler de tribunal de Dieu en plein XXIème siècle, à une époque où l’univers semble ne plus avoir de secrets pour les plus savants qui voudraient nous démontrer (sans y parvenir !) que Dieu n’existe pas. Pourtant, Jésus est très clair sur ce point : il nous jugera, une première fois à la fin de cette vie (le jugement particulier), une seconde fois à la fin du monde (le jugement universel).

En regardant vers les trois Croix qui se dressent sur le Calvaire, nous reviennent les mots de Jésus : « « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde… » Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : « Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges… Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle » (Mathieu 25, 31-46).

Au sommet du Calvaire, Jésus est cloué à la Croix, son trône de gloire, et déjà sont figurés à sa droite, en Dismas le bon Larron, la multitude des sauvés, à sa gauche, en Gesmas, les réprouvés. La foule de ceux qui se trouvent sur le Calvaire figure les nations rassemblées pour être jugées. En effet, nous dit saint Augustin : « Si vous faites attention, la Croix même fut un tribunal. Au milieu, siège le juge. D’un côté, le voleur qui croit et qui est sauvé ; de l’autre, le voleur qui insulte et qui est condamné. D’avance, Jésus annonçait ce qu’il fera des vivants et des morts, placés les uns à droite, les autres à gauche. Le bon Larron figure ceux qui seront à la droite, et le mauvais, ceux qui seront à la gauche. Le Fils de Dieu était jugé, et il menaçait du jugement. » Ce à quoi saint Léon le grand ajoute : « Jésus-Christ, Fils de Dieu, est attaché à la Croix, que lui-même a portée. Deux voleurs sont crucifiés avec lui, l’un à droite, l’autre à sa gauche, afin de figurer sur le gibet même la séparation de tous les hommes, qui aura lieu au jour du jugement. Le Larron qui croit est l’image des élus et le larron blasphémateur, l’image des réprouvés. »

Au milieu de toute la scène se trouve le juge suprême, Jésus, qui réalise ce qu’il a annoncé : « et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12, 32). En effet, sa Croix est le centre du monde et lui-même le juge établi par le Père éternel, le seul digne de rendre la justice : il a accompli tous les termes de la loi de l’amour qu’il nous a commandée et ne s’est pas épargné de souffrir jusqu’à en mourir pour la réaliser. Jusque sur la Croix, il a rendu le mal pour le bien, amour suprême qui se manifeste tant dans son ultime prière « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23, 34) que dans les paroles adressées à Dismas, le bon Larron, « aujourd’hui même tu seras avec mois en paradis » (Luc 23, 43).

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Le crucifiement

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Le Larron crucifié, Corinth Lovis

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Maintenant qu’ils sont dépouillés de leurs vêtements, les trois condamnés entrent dans la phase finale de leur exécution. Même si leur supplice est le même, le crucifiement, ils ne se comportent pas de la même manière.

Gesmas, le mauvais larron, hurle comme un damné. Il ne veut pas mourir et le crie à qui veut l’entendre. Il multiplie les demandes de grâce. Pour cela, il est prêt à vendre père et mère. Il veut qu’on l’épargne alors que lui-même n’a jamais eu pitié de qui que ce soit. D’un coup, il réalise que ses suppliques ne seront pas entendues. Il change alors d’attitude. Il est révolté, entre dans la plus noire colère et cède au désespoir. Il invective ceux qu’il voulait apitoyer, profère les plus vils blasphèmes…

Dismas se tord de douleur chaque fois que le bourreau frappe un coup pour faire entrer les clous dans sa chair. En même temps, il n’arrive pas à décrocher son regard de Jésus en se demandant comment il est possible de supporter tout ce qu’il a subi sans trépasser, comment on peut rayonner une telle douceur, une telle paix intérieure… Il ne supplie pas pour qu’on l’épargne car il réalise que c’est la fin, que son heure a sonné, qu’il est face à la mort et au jugement de Dieu qui suivra. Il va devoir rendre compte de sa vie et de ce qu’il en a fait. Dans très peu de temps, il se tiendra face à son Créateur, « celui qui sonde les reins et les cœurs » (Jérémie 17, 10) et, pour sa plus grande confusion, devra reconnaitre qu’il n’en a jamais eu de souci. Pour lui, tout semble jouer d’avance : il n’a rien à espérer du jugement sans appel de Dieu. Pourtant, au fond de lui, il voudrait l’implorer de lui pardonner même s’il n’a aucune raison de le faire. Il ne voudrait pas crever comme un chien. Il tourne alors son regard vers Jésus qui lui parait être son ultime recours, son dernier espoir parce qu’il a dit qu’il est le Fils de Dieu, le Messie, le Sauveur de tous les hommes…

Enfin, il y a Jésus qui s’allonge sur la Croix sans rechigner, sans se débattre. Il ne dit rien. A chaque coup de marteau, on entend juste un cri de douleur étouffé auquel répond un autre, celui de sa Mère qui fait des efforts énormes pour se contenir.

Les croix sont élevées de terre et fixées solidement dans le sol. Voici que la Croix de Jésus fait le trait d’union entre le Ciel et la terre. Voici qu’elle se dresse pour être notre échelle pour le paradis. D’un côté, il y a Dismas, le bon Larron, qui ne quitte pas Jésus du regard. De l’autre, il y a Gesmas, qui s’ingénie à ne surtout pas croiser ce même regard qui lui est insupportable tant il est rempli de douceur. Il hurle sa haine, s’enfonce toujours plus profondément dans le désespoir et se précipite délibérément dans l’abîme.

Cette scène est à l’image de ce que sera notre mort ! Face à nous, il y a la Croix avec Jésus qui s’offre pour le salut de tous et de chacun en particulier, qui nous regarde, qui nous ouvre les bras attendant que nous nous y jetions. A son invitation, il n’y a que deux choix possibles : celui de Gesmas qui est tellement embourbé dans l’égoïsme, l’orgueil, le péché, qu’il ne parvient pas à s’humilier devant Jésus qui se tient pourtant prêt à tout pardonner, et le rejette. Et il y a Dismas, qui, conscient de toute sa misère, de son néant, s’humilie, lève les yeux vers Jésus, place en lui toute son espérance.

Dismas est introduit dans le paradis le jour même alors qu’il n’a rien fait pour mériter une telle grâce. En fait, il a été un larron jusqu’au bout en arrachant à sa plus innocente victime, Jésus, le salut que lui seul peut donner.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Dépouillé de tout

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Saint Dismas, Francesco Salvator Fontebasso

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Arrivés au Calvaire, les condamnés sont dépouillés de leurs vêtements sans aucun ménagement.  La foule découvre ces trois corps lacérés par la flagellation. Elle se calme un instant, stupéfaite, en voyant le chef-d’œuvre de torture qu’est Jésus, tant son corps a été malmené par les bourreaux. De ses révélations, Sainte Brigitte de Suède nous rapporte que dans sa Passion, Jésus a enduré 5480 coups…

Dismas contemple Jésus qui, malgré toute cette souffrance, reste silencieux. Pourtant, il souffre le martyre. Les plaies de la flagellation, dont le sang a coagulé et s’est soudé à sa tunique, se rouvrent toutes en même temps. C’est une souffrance atroce qui traverse tout le corps de Jésus, car toutes les plaies sont avivées et répandent à nouveau son sang. Pourtant, Jésus ne se plaint pas et, si son regard exprime la plus intense douleur, il ne trahit aucune vindicte. Jésus reste maître de lui et semble accomplir un rite auquel il était préparé dans sa tête, dans son cœur. Il semble présent physiquement et en même temps, en esprit, auprès de Dieu.

Le dépouillement de Jésus nous invite à considérer notre extrême pauvreté face à la mort. En effet, elle viendra, à la manière de ce dépouillement brutal, nous arracher tout ce qui est sans importance pour la vie éternelle. Elle viendra nous défaire de toutes ces richesses inutiles, de ce qui fait nos apparences, de toutes nos illusions. Quel terrible moment de vérité ! Ne nous resterons alors que nos bonnes œuvres, le poids de toutes nos iniquités non absoutes, la dette de tous nos péchés !

Face à la mort, Dismas ressent douloureusement sa pauvreté et se rend compte que, dans sa vie, il a multiplié les mauvais choix, que la seule chose qui vaille, c’est le salut, que tout le reste n’a d’importance que dans la mesure où il est ordonné à la vie éternelle. Il se rend compte que, si toute sa vie, il avait gardé à l’esprit qu’un jour il se trouverait face à la mort, il aurait vécu différemment, il aurait été un homme meilleur.

A mesure qu’il réalise toute l’étendue de sa misère de pauvre pécheur, Dismas s’ouvre à la richesse de la grâce et se tourne vers Jésus. Il a fallu qu’il accepte de tout perdre pour pouvoir tout gagner. Jamais il n’avait réussi à renoncer à sa mauvaise vie pour se convertir. C’est seulement quand il n’a plus rien, qu’il y parvient.

Comme Dismas, il nous faut accepter de tout perdre pour pouvoir tout gagner. N’imitons pas le bon Larron en attendant le dernier instant de notre vie pour nous tourner vers Jésus mais suivons-le dans la radicalité de son bon choix in extremis.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Témoin de la Passion de Jésus

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Saint Dismas, Calvaire italien

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Parmi tous ceux qui ont suivi la Passion de Jésus aux premières loges, il y a les deux Larrons, Dimas et Gesmas. Cela dit, ce privilège de la proximité immédiate n’a pas eu le même effet sur l’un comme sur l’autre. Si Gesmas, fidèle à ce qu’il est, un malfaiteur, n’a de souci que de lui-même, Dismas se rend plus proche de Jésus que tous par l’adhésion du cœur.

Les Evangiles ne précisent pas à quel moment, les deux larrons ont été associés à Jésus. L’ont-ils vu lors de ses procès ? Ont-ils entendu la foule préférer Barabbas et hurler « crucifie-le… que son sang retombe sur nous et sur nos enfants… » (Mathieu 27, 25) ? Ont-ils vu Pilate se laver les mains ? (Mathieu 27, 24). Saint Luc ne les évoque qu’à partir du moment où Jésus est condamné à porter la Croix au Calvaire pour y être crucifié (Luc 23, 39-43). Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont suivi le même chemin que Jésus du prétoire au Calvaire et que, de là où étaient plantées leurs croix, chacun dominait la situation, pouvait tout entendre, tout observer.

Dismas a donc vu l’état lamentable auquel la flagellation a réduit Jésus. Il l’a vu avec sa couronne d’épines. Il a vu qu’on lui a fait subir toute une série d’autres tourments dont son corps garde encore les traces. Il a vu Jésus porter la Croix. Il l’a vu tomber à plusieurs reprises et surtout, il l’a vu se relever. Il a vu Jésus rencontrer sa Mère. Il a vu Simon l’aider à porter la Croix. Il a vu Véronique, ce petit bout de femme, défier la foule haineuse pour éponger le visage de Jésus. Il a entendu la douceur avec laquelle Jésus s’adresse aux femmes de Jérusalem. Il l’a entendu leur dire : « ne pleurez pas sur moi. Pleurez sur vous-mêmes et sur vos péchés » (Luc 23, 28). Il a entendu les vociférations de la foule, la violence de la soldatesque. Il a entendu les clous s’enfoncer dans les membres de Jésus. Il l’a entendu dire : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34).

Dismas a observé l’attitude de Jésus et saisi ce qui la distingue de celle de n’importe quel autre condamné. En effet, Jésus n’essaie pas de se justifier ou de se défendre. Il répond à toutes les attaques par le silence et l’acceptation. Il reste souverainement maître de lui-même et dégage un sentiment de paix intérieure que rien n’est en mesure de troubler. Pourtant, il ne lui parait pas résigné ou couard parce qu’à chaque chute, Dismas constate les efforts qu’il fait pour se relever. Il se rend bien compte que Jésus veut aller jusqu’au bout du chemin quoi qu’il en coûte. Il n’a pas l’attitude de quelqu’un qui a renoncé à vivre mais bien plutôt de quelqu’un qui s’est fixé un objectif très ambitieux et consacre toutes ses force, toute son énergie à l’atteindre. Il se demande comment un être humain à ce point affaibli parvient à porter sur ses épaules un poids aussi important qu’une croix ; lui-même y parvient à peine, alors qu’il est plus costaud que lui et dispose encore de quelques réserves d’énergie. Il s’émeut de la rencontre de Jésus et de Marie, s’étonne de la contenance de cette Mère. Dismas en arrive à la conclusion que cet homme n’est pas ce qu’on dit de lui, un blasphémateur, un agitateur, mais qu’il est vraiment ce qu’il dit lui, à savoir le Fils de Dieu, l’envoyé du Père, le Messie promis. S’il en était autrement, Jésus ne dégagerait pas une telle impression de force sous les apparences de la plus extrême faiblesse. Il est vraiment le « prince de la paix qui porte sur son épaule l’insigne de sa royauté » (introït du jour de Noël).

Dismas n’a pas fait que suivre la Passion de Jésus de l’extérieur, comme Gesmas, mais il l’a vécue de l’intérieur, comme Marie qui « retenait tous ces événements les méditant dans son cœur » (Luc 2, 19). En effet, la grâce aidant, il a questionné tout ce qu’il a vu et l’a confronté dans son cœur au peu qu’il savait des choses de Dieu et des prophéties. Et, parce qu’il a tout retenu dans son Cœur, il a su voir les choses dans leur réalité surnaturelle, donner sa foi au Christ et la confesser face à tous ses ennemis.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Saint et rien de moins !

Contemplons

La prière du Bon Larron, Christoph Bockstorfer

En Dismas, le plan de Salut de Dieu est entièrement réalisé. Rien de tout ce que Jésus a consenti dans sa Passion par amour pour lui, ne l’a été en vain. Si bien que, même s’il est indigne de la moindre goutte de sang divin répandue, Dismas valait toute la peine que le Sauveur a prise pour lui, car il en a tiré le plus grand profit. En effet, le moins qu’on puisse dire, c’est que pour Dismas le sang de Jésus n’a pas été répandu en vain.

Par sa conversion, par son repentir, par l’acceptation de sa peine, par son union à la Passion de Jésus, Dismas a franchi toutes les étapes qui mènent à la sainteté parfaite. Alors que Gesmas, le mauvais larron, vocifère avec la foule haineuse, dès lors que Jésus l’assure du Ciel, Dismas ne se manifeste plus. Et si, par son silence, Jésus signifie qu’il est souverainement maître de la situation, « qu’on ne prend pas sa vie mais que c’est lui qui la donne, » (Jean 10, 18) en s’effaçant, Dismas témoigne qu’il remet son existence entre les mains du Christ. « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jean 12, 26). Dismas est à présent le serviteur qui se tient à la droite de son maître, partageant son sort, clamant par son silence qu’il lui est désormais tout dévoué.

Dismas réalise tout le projet que Jésus a construit pour lui. En effet, le Sauveur n’envisage pas pour nous une sainteté médiocre, négociée, mais en tout point parfaite. « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mathieu 5, 48). En Jésus, en qui nous sommes élevés à la suprême dignité d’enfants de Dieu, en lui qui est le saint par excellence, nous sommes appelés à la perfection et rendu capables de l’atteindre. Dismas, de brigand de la pire espèce qu’il était, se hisse à cette perfection que Jésus nous fixe comme objectif. En effet, il est rendu digne du Ciel en quelques heures c’est-à-dire qu’il reçoit, non seulement le pardon de toutes ses iniquités (ce qui est déjà énorme !), mais aussi la remise pleine et entière de toutes les peines dues à ses péchés. Il ira donc au Ciel sans passer par le purgatoire.

Lorsque Dismas se tourne vers lui, Jésus l’accueille pleinement. Il ne lui fait aucun reproche alors qu’il serait en droit de lui dire : « vois, tout ce que tes péchés et ceux de tes frères m’ont couté ! » Au lieu de cela, il lui promet le paradis. Il fera de même pour chacun de nous, si nous nous tournons vers lui aussi résolument que Dismas. En effet, lorsque nous nous tiendrons face à lui lors de notre jugement particulier, Jésus ne nous reprochera pas tout ce que nous lui avons couté mais de ne pas avoir cherché à en tirer tout le fruit. Autrement dit, il nous demandera pourquoi nous ne sommes pas des saints alors qu’il a tout fait pour que nous le devenions, et si ç’était possible pour Dismas, ça l’était aussi pour nous…

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Jusqu’où Jésus nous a élevés

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Saint Dismas, Allemagne

Pour tenter de mesurer l’amour de Jésus pour les pauvres pécheurs que nous sommes tous, il ne suffit pas de considérer jusqu’où il s’est abaissé pour nous rejoindre dans notre misère, il faut aussi voir jusqu’où il nous a élevés.

Toutes les tentatives de la grâce pour amener Dismas à changer de vie ont lamentablement échoué. Toute sa vie, il n’a fait qu’accumuler les péchés. Il aurait certainement voulu se convertir mais n’a jamais réussi à mobiliser en lui l’énergie nécessaire pour traduire en actes ses nombreuses bonnes intentions. Il a fallu que Jésus le rejoigne sur le Calvaire, dans une mort ignominieuse pour qu’enfin il s’ouvre à la grâce qui ne veut rien de moins que le sauver de la damnation éternelle. Comme le fils prodigue de la parabole, ce n’est que réduit à la plus extrême nécessité qu’il se souvient de Dieu et laisse la grâce pénétrer en lui. Jésus, le serviteur par excellence, ne cherche rien d’autre que notre salut. Pour cela, il ne s’épargne rien et, même s’il nous juge indignes du don qu’il nous fait, son amour n’hésite pas à prendre sur lui le pire pour nous assurer du meilleur.

Son amour ne se contente pas d’aller nous chercher dans l’abime sans fond de notre misère. Il veut encore nous guérir de la lèpre de nos péchés, nous ouvrir sa maison et, comme si cela n’était pas encore suffisant, nous agréger à sa famille en faisant de nous les enfants de Dieu par adoption. Car, dans sa maison, il ne nous assigne pas la place du serviteur mais celle du fils, du frère prodigue rentré et accueilli à la maison paternelle.

Quelle a pu être la réaction de Dismas en recevant la promesse de Jésus d’entrer avec lui en paradis le soir même ? Probablement la même que celle de l’enfant prodigue tombant dans les bras de son père ou de Marie-Madeleine lorsqu’elle reçoit son pardon. Il saisit à présent toute l’étendue de sa misère passée, toute l’ampleur du don qui lui est fait et ne trouve pas de mots à la hauteur pour exprimer à la fois son repentir et sa gratitude.

Que pouvons-nous bien représenter aux yeux de Jésus pour qu’il nous traite ainsi, pour qu’il donne sa vie pour nous et ne nous demande en retour que de croire en lui et de l’aimer ? Quelqu’un pourra-t-il jamais donner un premier élément de réponse à cette question ? Dans le Royaume des Cieux, prosternés devant le Dieu des miséricordes, aux côtés de Dismas, nous verrons ce que nous n’avons pas su, pas pu comprendre en cette vie. Et alors, comme Dismas sur la croix, comme Marie-Madeleine aux pieds de Jésus, nous ne pourrons que pleurer de n’avoir pas su reconnaitre l’amour de Dieu, pleurer par démesure de gratitude, pleurer pour le remercier de ne s’être jamais laissé décourager de nous poursuivre de sa grâce pour notre plus grand bonheur.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Jusqu’où Jésus est venu nous rejoindre

Contemplons

Le bon Larron, Robert Campin

Méditons

On ne mesure pas l’amour aux mots mais aux actes et c’est à ce que Jésus a pris sur lui pour nous assurer le salut que nous pouvons nous faire une petite idée de toute l’immensité de son amour. Pour cela, essayons de considérer le chemin qu’il a parcouru pour rejoindre Dismas, le bon Larron et l’amener à changer de vie.

Considérons Jésus, la seconde personne de la Très Sainte Trinité, le Créateur de toute chose, celui à qui tout est soumis, à qui nous ne pouvons rien apporter parce qu’il possède tout par nature, qui accepte un abaissement aussi infini qu’il l’est lui-même, pour nous rejoindre dans notre humanité et, de là, réaliser notre salut. Pour Jésus, c’est comme passer de tout à rien. L’Incarnation est une déchéance totale que Jésus, dans son amour pour nous, a prise sur lui et rien de moins.

L’amour de Jésus ne s’est pas contenté de se faire homme. Il a encore voulu rejoindre chacun de nous là où il est, si bien qu’il n’est aucune de nos détresses qu’il n’a pas connue et assumée. Il s’est même laissé réduire à la plus extrême misère pour y rejoindre le pire des malfrats et lui offrir le salut. Dans ce but, il ne s’est pas épargné de périr misérablement sur une croix, dans une douleur atroce, abandonné de quasiment tout le monde, rejeté par son peuple, entouré de deux brigands de la pire espèce.

Dismas est ce que l’humanité compte de pire sur tous les plans. C’est pourtant lui que Jésus fait entrer en premier au Ciel, nous fournissant la preuve que son amour, sa miséricorde sont sans limite, que le salut est possible pour tous. Entre Jésus qui est le meilleur d’entre nous et Dismas qui est le pire, il y a nous tous. Si bien que s’il a été possible à Dismas de devenir un saint digne d’entrer au paradis sans passer par le purgatoire, c’est possible pour chacun d’entre nous. Si Jésus a aimé Dismas jusqu’à donner sa vie pour lui, son offrande de lui-même est consentie aussi pour chacun d’entre nous. Si Jésus a été miséricordieux pour Dismas, il le sera aussi pour nous.

Dismas en est le témoin pour toutes les générations : s’il a été possible pour lui de se laisser transformer par la grâce, de se relever de ses péchés, de se rendre digne du Ciel, c’est possible pour chacun d’entre nous. Si bien que, si le moment venu, nous ne sommes pas sauvés, cela ne tient pas à Jésus qui n’en aurait pas assez fait, mais à nous qui aurons tout fait échouer.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Les plus grands miracles ne sont pas ceux qu’on croit

Contemplons

Crucifiement, Andrea del Castagno

Les Evangiles nous relatent bon nombre de miracles de Jésus au cours de sa vie publique. Si nous sommes impressionnés par la plupart, nous passons cependant à côté des plus grands sans les reconnaître. Ainsi en est-il du miracle qu’il accomplit en Dismas. En effet, si Jésus a rendu la santé du corps à bon nombre de malades, s’il a même rappelé Lazare de Béthanie à la vie, il accomplit l’un de ses plus grands miracles en rendant la vie de l’âme à Dismas.

Jésus a rendu la santé physique a de nombreux lépreux, parfois de vrais cadavres ambulants, bannis de leur famille, condamnés à mourir dans leur chair au ban de la société civile. Jésus accomplit un miracle identique mais dans une dimension autrement plus grande pour Dismas. En effet, il lui rend la vie de l’âme, la vie même de Dieu, en le purifiant de la lèpre du péché, en l’intégrant à sa propre famille par la foi (« Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » Luc 8, 21) et en l’intégrant à la société du Ciel : « aujourd’hui même tu seras avec moi en paradis » (Luc 23, 43).

Après avoir guéri les dix lépreux (Luc 17), Jésus les envoie se présenter aux prêtres pour constater leur rémission. Sur les dix, un seul revient le remercier. Par la suite, l’Evangile ne les évoque plus, ce qui signifie que leur guérison ne les a pas amenés à une conversion retentissante, en tout cas telle qu’elle mérite d’être relatée. Dismas n’a pas été guéri dans sa chair mais il s’est converti à Jésus, s’est repenti de ses péchés et a accueilli son pardon. Sa guérison intérieure a été si radicale qu’elle l’a même amené à se faire le défenseur du Christ et à se déclarer publiquement pour lui face à tous ses ennemis.

Le miracle de la conversion de Dimas est d’autant plus grand, qu’il se produit alors que toutes les apparences parlent contre Jésus. En effet, le Sauveur est agonisant sur la Croix, dans un état physique proche de la loque humaine. Tout le monde est contre lui, que ce soient les autorités civiles ou religieuses. Tous les siens l’ont abandonné. Seule sa Mère, quelques femmes et un seul apôtre lui sont fidèles. Rien, en apparence, ne vient à l’appui de la foi de Dismas. C’est dans la nuit de la foi mais dans la lumière intérieure de la grâce que Dismas reconnait en Jésus le Sauveur de tout homme et s’en remet à lui.

Allons plus loin encore. La foi de Dismas est plus grande que celle de tous les apôtres. Tous, excepté Jean, ont fui. La foi de Dismas est même plus grande que celle de Jean qui pourtant est resté auprès de Jésus. En effet, comme les autres, Jean perd la foi et croit que l’aventure avec Jésus s’arrête en ce jour, avec sa mort. Il l’a retrouvera en entrant dans le tombeau vide le matin de pâque. Les seuls qui ne doutent pas de Jésus sont Marie, debout au pied de la croix et Dismas qui proclame à la face du monde : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton Royaume » (Luc 23, 42).

« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jean 6, 29). En Dismas, cette œuvre est pleinement accomplie car il croit en Jésus, l’envoyé du Père. Et sa foi lui confèrera la vie éternelle. Les plus grands miracles ne sont pas ceux qu’on croit. Le vrai miracle, ce n’est pas la guérison, mais la foi.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Un brigand avec un bon fond

Contemplons

Le Christ et le bon Larron, Titien

Méditons

Si Dismas et Gesmas ont en commun que ce sont des malfaiteurs, et de la pire espèce, dans leur nature profonde, ils sont néanmoins totalement différents, ce dont témoigne l’attitude de chacun face à la mort. Et s’il est un moment dans la vie de chaque être humain où les masques tombent, où l’on est profondément vrai, où nous nous révélons pleinement au monde et à nous-mêmes, c’est bien celui de la mort.

Gesmas n’est préoccupé que de lui-même et le silence souverain de Jésus agonisant sur la Croix ne parvient pas à l’émouvoir. Il est un brigand dans l’âme jusqu’à son dernier soupir. Pas un instant, il ne songe que sous peu il se présentera devant son Créateur qui le jugera selon ses œuvres. Qui est véritablement Jésus ne lui importe pas. Il est tellement embourbé dans le mal et le péché, que contrairement à Dismas, il ne parvient pas à reconnaitre en Jésus, pourtant en face de lui, celui qui, seul, pourra le sauver et le rendre véritablement libre. Jésus pourrait faire le miracle dont on le met au défi à savoir descendre de la croix et libérer les larrons, que cela ne changerait absolument rien à sa façon de vivre et qu’il ne se convertirait pas pour autant.

L’attitude de Dismas est diamétralement opposée à celle de Gesmas. La longue liste de ses forfaits n’a pas réussi à étouffer en lui tous les effets de la grâce divine qui a toujours été agissante en lui, attendant le bon moment pour l’amener à une conversion sincère. En effet, il reproche à Gesmas de n’avoir pas la crainte de Dieu, ce qui indique que lui en a conservé des traces en son for intérieur. Visiblement il a été élevé dans un certain respect de Dieu et de ses commandements même si, par la suite, il les a piétinés. Par ailleurs, il reconnait ses crimes, en accepte le juste châtiment ce qui signifie qu’en lui-même, il a toujours caressé le désir de changer de vie mais n’a jamais réussi à mobiliser en lui toute l’énergie nécessaire à une vraie conversion. En cela, il nous ressemble tellement !

Des visions d’Anne-Catherine Emmerich, nous tirons plusieurs éléments éclairants sur la vie de Dismas. En effet, nous dit la bienheureuse mystique, Dismas n’était pas mauvais en soi. Sa déchéance vient de ce qu’il est né, qu’il a grandi et toujours évolué dans un milieu de brigands dont il n’a pas réussi à s’extraire. En effet, il est lui-même le fils d’un bandit de grand chemin qui détroussait les voyageurs près de la frontière égyptienne. Anne-Catherine rapporte que lors de la fuite en Egypte, ce-dernier voulait s’attaquer à la Sainte Famille mais qu’il y a renoncé en voyant l’Enfant Jésus. Il la prend alors sous sa protection et l’héberge pour une nuit. Dismas est cet enfant lépreux que sa mère, sur l’invitation de Marie, lave dans l’eau où s’est baigné l’Enfant Jésus, et qui est guéri à l’instant. Les soins de sa mère envers la Sainte Famille sont récompensés par cette purification, symbole de celle que le sang du Jésus allait accomplir pour lui sur la Croix.

Parce que Dieu veut notre salut avec une ardeur autrement plus grande que la nôtre, il use de toutes les ressources de son insondable miséricorde pour nous y amener. Et à mesure que s’approche l’heure du jugement, sa grâce se fait plus pressante, prête à s’infiltrer dans l’âme par la moindre ouverture. Dans l’âme de Gesmas, il n’y avait pas de fissure par laquelle elle aurait pu s’infiltrer et le gagner au salut. En Dismas, la grâce a trouvé une minuscule ouverture, un tout petit, un minuscule fond de crainte de Dieu. Mais cela a suffi pour qu’elle s’y engouffre et le transforme.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.