« AUJOURD’HUI, AVEC MOI, TU SERAS EN PARADIS »

Contemplons

Ecoutons

Lorsqu’ils furent arrivés au lieu-dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Luc 23, 33-43)

Méditons

La tradition appelle le bon Larron Dismas et le mauvais Gesmas. D’après les Evangiles apocryphes, la sainte famille, en fuite vers l’Egypte, aurait rencontré les deux larrons sur leur route, et Dismas, saisi de compassion, aurait offert un peu de lait à Marie pour Jésus. Marie lui aurait répondu que Dieu le lui rendrait. Aujourd’hui, en ce vendredi-saint, Marie est là, face à lui, quand Dieu récompense ce petit acte de charité.

Pour Anna Katarina Emmerich, Dismas est un brigand avec un bon fond. Non qu’il ait été une sorte de Robin des Bois, qui a volé les riches pour nourrir les pauvres, mais, dit-elle, ce sont les circonstances de la vie et les mauvaises fréquentations, qui l’ont entrainé et maintenu dans la délinquance. C’est sur cette minuscule étincelle de bon fond, enfouie sous la braise de tous ses péchés, que Jésus va souffler pour allumer en lui le feu d’amour, qui le purifiera et le mènera à la sainteté.

La conversion de Dismas est radicale : en l’espace de trois heures, il passe d’un extrême à l’autre, d’une vie totalement contraire à l’Evangile à l’illustration des plus hautes vertus chrétiennes.

D’abord, il se laisse saisir de compassion pour Jésus, qui souffre injustement : « pour nous, il est juste…. Mais lui, il n’a rien fait. » Dismas a compris, que Jésus est condamné par jalousie et qu’il est innocent. En même temps, il est ému par le comportement de Jésus, qui ne se plaint pas, accepte tout dans l’amour, prie pour ses persécuteurs et, pour comble de toute bonté, s’extraie de sa propre souffrance pour se soucier du sort de sa mère et la confier à son disciple.

Dismas reconnait en Jésus ce qu’il est vraiment, le Messie, et met sa foi en lui. En lui demandant de se souvenir de lui dans son royaume, Dismas fait profession de foi en Jésus à qui il reconnait la souveraineté du royaume des cieux : « souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. » Et la foi de Dismas est grande, qui reconnait le Roi des cieux dans un crucifié horriblement torturé, qui ne donne aucun signe extérieur de puissance et de majesté. Malgré tout, Dismas s’humilie devant lui en lui demandant de le prendre avec lui dans son Royaume.

La prière de Dismas, empreinte de contrition, contient sa demande de pardon pour toutes ses fautes. Et son pardon lui est accordé par Jésus lui-même, qui, pour l’absoudre, lui  promet : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi en paradis. » Heureux Dismas, à qui Jésus dit les paroles, que tous voudraient entendre au moment de quitter cette vie. Dismas est le premier et le seul saint, que Jésus a canonisé lui-même. Et, c’est un brigand… Jésus n’a jamais rien fait comme on aurait pu l’attendre mais toujours tout dans l’immensité de sa miséricorde.

A partir de là, et pour tout le temps où il est suspendu en croix aux côtés de Jésus, Dismas accepte son sort, contrairement à Gesmas, qui ne cesse de vociférer des imprécations, de proférer des blasphèmes, et supporte son martyr en imitant Jésus : dans l’acceptation, dans l’amour, dans l’offrande.

Dismas rendra son dernier souffle après Jésus puisqu’au moment où l’on brise les jambes des larrons pour qu’ils meurent plus vite, Jésus a déjà expiré. Jésus est allé devant pour l’accueillir à la porte de son paradis et remplir sa promesse. Heureux Dismas !

L’Eglise célèbre la fête de saint Dismas le 25 mars, le jour de l’Annonciation. Pas étonnant, quand on reçoit un promesse pareille !

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Reliques de la Passion conservées en l’église Sainte Croix de Jérusalem à Rome. A gauche, un morceau de la Croix de crucifixion du bon larron, saint Dismas.

Laisser un commentaire