Jacinta (3)

Contemplons

Le docteur Luis Fischer examine le corps de Jacinta Marto resté intact, lors de la première exhumation le 12 septembre 1935.

Méditons

Le départ pour la capitale effrayait beaucoup la petite Jacinta car elle savait de la Sainte Vierge même, que ce voyage serait le dernier avant d’aller au Ciel ; et l’idée de ne plus revoir ceux qu’elle aimait tant, lui fendait le cœur. Notre-Seigneur, au jardin des oliviers, avait senti la même peine de souffrir seul. Par trois fois, il avait interrompu sa prière, pour demander à ses Apôtres de veiller avec Lui. Comment s’étonner donc de rencontrer le même sentiment dans l’âme si affectueuse de la petite Jacinta ? Mais, malgré cette peine, elle accepta avec joie d’aller à l’hôpital, pour montrer son amour à Marie en y souffrant plus qu’à la maison.

A Lisbonne, personne ne voulait recevoir cette voyageuse fatiguée avec sa petite fille pâle et décharnée. Pour finir, ce 21 janvier 1920, la malade et sa mère furent reçues avec beaucoup de bonté par la Directrice de l’orphelinat Notre-Dame des Miracles, à Lisbonne, sœur Marie de la Purification Godinho, en attendant que le médecin puisse faire les démarches administratives d’admission à l’hôpital. Mais il rencontra un obstacle imprévu : la mère de Jacinta refusait que sa fille soit opérée, sans doute par peur de la perdre… mais face à l’insistance et aux bons conseils du médecin, elle accepta.

Dans cet orphelinat, il y avait une tribune avec vue sur la chapelle. Tous les moments qui lui restaient durant les jours qu’elle y a vécu, Jacinta les passait dans la tribune assise dans une petite chaise avec les yeux fixés sur le tabernacle. C’était sa mère qui la portait dans ses bras à la table de la communion.

Le 2 février, jour de la Présentation, Jacinta entrait au Service n° 1 de l’hôpital Doña Estefania, où elle occupait le lit n° 38, et était traitée sous la direction du Dr. Castro-Freire, l’un des meilleurs médecins d’enfants du Portugal. Elle y recevait la visite quotidienne de sœur Purification, sa « marraine », comme elle appelait sa bienfaitrice. Monsieur Marto, son papa, put venir voir une fois son enfant, mais ce fut une visite bien brève. Le pauvre homme devait revenir promptement à Fatima, où d’autres de ses enfants étaient au lit et réclamaient sa présence. Lucia, qui était venue lui rendre visite durant deux jours, confie : « Je la trouvai avec la même allégresse de souffrir pour l’amour de Dieu, pour l’amour du Cœur Immaculé de Marie, pour les pécheurs et pour le Saint Père. C’était là tout son idéal et les thèmes de ses conversations. » « J’aime tant souffrir pour l’amour de Jésus et Marie et eux Ils aiment tant tous ceux qui souffrent pour la conversion des pécheurs » disait Jacinta, affirmant que Notre Dame lui était apparue de nouveau et lui avait encore répété que « le péché qui mène le plus de monde en enfer est le péché de la chair, qu’il faut s’éloigner du luxe, qu’il ne faut pas s’obstiner dans le péché et qu’il faut faire pénitence. »

Le diagnostic du chirurgien révéla une pleurésie purulente de la grande cavité gauche, avec fistule, et ostéite des septième et huitième côtes du même côté. Ce jour-là, la maman de Jacinta reçut des nouvelles d’Aljustrel : elle devait absolument rentrer chez elle car d’autres enfants de la famille étaient malades et avaient besoin de sa présence.

L’opération chirurgicale ayant été retardée de quelques jours, elle décida de prendre le train pour Fatima, le 5 février. Ce fut un grand déchirement pour elle comme pour sa petite fille qui tout au long de sa maladie, ne cessa de souffrir héroïquement pour la conversion des pécheurs. Sur son lit d’hôpital, on l’entendra dire : « Il se commet beaucoup et de trop grands péchés dans le monde. Si les hommes savaient ce que c’est que l’éternité, ils feraient tout pour changer de vie… Les hommes se perdent parce qu’ils ne pensent pas assez à la mort de Notre Seigneur et qu’ils ne font pas pénitence. »

Le 10 février, Jacinta fut opérée par le docteur Castro-Freire. A cette époque, les anesthésies étaient très imparfaites, ce qui causait beaucoup de souffrance aux malades. Le chirurgien lui ouvrit une fissure pour le drainage du pus et on lui retira deux côtes du côté gauche. Jacinta souffrait beaucoup, et la douleur se ravivait chaque fois qu’il fallait panser la plaie large comme la main. Cependant son seul gémissement était : « Aïe ! aïe !… ô Notre Dame ! » Elle ajoutait : « Patience ! nous devons tous souffrir pour aller au Ciel ! » Personne ne l’entendait se plaindre. Elle disait plus que jamais à Jésus, dans un héroïsme tranquille : « Maintenant Vous pouvez convertir beaucoup de pécheurs, parce que je souffre beaucoup ! »

Quelques jours après, la Vierge Marie vint au pied du lit d’hôpital consoler la petite fille, lui annonçant que bientôt Elle viendrait la chercher pour aller au Ciel ; mais dès cet instant Jacinta ne manifesta plus aucune souffrance. Elle confiait à Mère Godinho : « Maintenant je ne me plains plus ! Notre Dame m’a dit qu’elle viendra me chercher, et qu’elle m’enlève déjà toutes mes souffrances. » Le Docteur Eurico-Lisboa confirma qu’effectivement toutes les douleurs de sa petite patiente disparurent et qu’elle put se distraire en regardant des images pieuses, dont une de Notre Dame du Sameiro, célèbre sanctuaire de l’Immaculée Conception, près de Braga. L’enfant disait que c’était celle qui lui rappelait le plus la Vierge qui lui était apparue.

Sœur Lucia rapporte dans ses « Mémoires » que sa cousine lui confia que Notre Dame lui avait dit lors de cette apparition la date et l’heure de son entrée dans la vie éternelle.

Le 20 février 1920, vers 18 heures, la petite malade dit qu’elle se sentait mal et qu’elle désirait recevoir les derniers sacrements. On appela donc le curé de la paroisse des Anges, M. l’abbé Pereira dos Reis, qui l’entendit en confession vers 20 heures. La voyant apparemment bien, il ne voulut pas lui donner les derniers sacrements et lui promit seulement de lui apporter Notre Seigneur le jour suivant. De nouveau la petite insista pour recevoir la communion disant qu’elle allait bientôt mourir. De fait, vers 22h30, la petite Jacinta s’éteignit tranquillement, toute seule, en odeur de sainteté, mais sans avoir pu communier, à l’hôpital Doña Estefânia. Seule une jeune infirmière, Aurora Gomes, assista à son décès.

La Vierge était donc venue, une dernière fois, auprès de la petite malade du lit n° 60 (où on l’avait transportée après l’opération) et avait emmené au Ciel l’âme de Jacinta, laissant seulement à la terre sa dépouille mortelle. La nouvelle se répandit très vite dans les milieux catholiques de Lisbonne. Sœur Godinho la revêtit d’une belle robe blanche avec ceinture bleu ciel, puis, le 24 février, à 11 heures, le corps fut placé dans un cercueil afin de procéder à l’office funèbre, en l’église des Saints Anges. Un défilé de personnes qui croyaient aux évènements de Fatima, ne tarda pas à se former. On venait avec des chapelets et des images, pour toucher les vêtements de la petite fille et prier auprès de son corps.

Couchée dans son cercueil, Jacinta paraissait vivante, avec les lèvres et les joues d’une belle couleur rosée. Le parfum agréable qu’exhalait le corps, décédé depuis trois jours et demi, ne peut expliquer naturellement cette odeur de fleurs variées, fait très singulier, étant donné le caractère purulent de la maladie et le temps prolongé pendant lequel le corps était resté à l’air libre.

L’après-midi, le corps fut accompagné à pied jusqu’à la gare, sous la pluie, par beaucoup de monde, et déposé à Vila Nova de Ourem, dans le caveau de la famille du baron de Alvaiazere.

Le 12 septembre 1935, Mgr. da Silva fit transférer le corps de la petite Jacinta dans le cimetière de Fatima. Lorsqu’on ouvrit le cercueil, l’assistance put constater que le visage de la voyante était resté intact. Ce fut le cas également, lors de l’exhumation définitive dans la basilique, le 1er mai 1951.

Lors de la première exhumation, on photographia le visage de la petite bergère et l’Évêque de Leiria envoya cette photo à Lucia. Dans la lettre où elle remerciait le prélat et lui disait toute sa joie, la religieuse écrivait entre autres choses : « J’espère que Notre Seigneur voudra lui donner l’auréole des saints, pour la plus grande gloire de la Sainte Vierge. Malgré son jeune âge, (elle n’était qu’une enfant) elle excella dans la pratique de la vertu et sut prouver son amour de Dieu et de la Sainte Vierge, par la mortification. Pour ma part, je dois à son amitié d’avoir conservé mon innocence. Elle avait admirablement compris cet esprit de prière et de sacrifice que la Sainte Vierge nous avait recommandé. »

Le procès en vue de la béatification de Jacinta Marto a été ouvert à Leira le 21 décembre 1949 en même temps que celui de son frère Francisco. Il a été transmis au Saint-Siège le 2 juillet 1979, et c’est le 13 mai 1989 qu’ils ont été déclarés vénérables.

Le 16 avril 1999, la Congrégation pour la Cause des Saints a approuvé un miracle attribué à leur intercession. L’assemblée plénière de la Congrégation a entériné cette décision le 24 juin 1999. C’est alors que le Pape Jean-Paul II a publié, le 28, le décret de béatification. Francisco et Jacinta sont désormais les plus jeunes Bienheureux de l’Eglise (respectivement, 11 et 9 ans).

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucia, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Jacinta (2)

Contemplons

Notre Dame de San Sameiro : Jacinta disait qu’elle ressemblait le plus à l’apparition de Fatima.

Méditons

En décembre 1918, Jacinta tomba gravement malade, presque au même moment que Francisco. Au cours de cette année-là, la très sainte Vierge apparut trois fois à la fillette, mais sans lui apporter de messages :

– La première fois, dans l’église de Fatima, durant la messe, le jour de l’Ascension. Elle lui apprit à bien réciter le chapelet.

– La seconde fois, ce fut la nuit, à la porte de la cave, alors que la famille dormait.

– La troisième fois, dans la maison, au-dessus d’une table. La Vierge était immobile et silencieuse. Jacinta s’écria : « Oh, maman !… Vous ne voyez pas là Notre Dame de la Cova da Iria ? »

Un jour, elle confia tout émue à sa cousine Lucia : « Notre Dame est venue nous voir, et elle a dit qu’elle viendrait, dans très peu de temps, chercher Francisco pour l’emmener au Ciel. A moi, elle m’a demandé si je voulais encore convertir davantage de pécheurs. Je lui ai dit que oui. Notre Dame veut que j’aille dans deux hôpitaux, mais pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l’amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs et en réparation des offenses commises envers le Cœur Immaculé de Marie. Elle m’a dit que tu n’y viendras pas, que ma mère m’y conduira et qu’ensuite je resterai là toute seule ; mais que je n’aie pas peur car elle viendra me chercher pour aller au Ciel. »

Après le départ de Francisco pour le Ciel, les parents installèrent la petite fille dans la chambre de son frère, car plus proche de la porte d’entrée. En effet, Jacinta était très affaiblie par la maladie.

La présence de sa cousine Lucia était pour elle un soutient indispensable car depuis le départ de Francisco, elle ne cessait de penser à lui en pleurant.

Sa consolation était de souffrir pour Notre Seigneur afin de réparer les péchés du monde. Les souffrances des damnés et l’éternité de leur peine la préoccupaient sans cesse et l’encourageaient à supporter sans plainte et même avec joie les souffrances de la maladie. Elle avait demandé à Francisco mourant, de dire, au Ciel, à Notre Seigneur et à sa Mère qu’elle souffrirait « tout ce qu’ils voudraient » pour la conversion des pécheurs. La vision de l’enfer l’avait tellement impressionnée, qu’elle ne pouvait cesser d’y penser. Parfois, pensive, elle répétait tout haut : « Coïtadinhos !… » (Pauvres malheureux !). « Dis, Lucia, ces flammes ne s’éteignent jamais ? Et ces gens ne se consument pas comme le bois qui devient de la cendre ? »

Et, après les explications de sa cousine, elle reprenait :

« L’enfer !… l’enfer !… Quelle peine me font les âmes qui y tombent !… nous prierons beaucoup et nous ferons des sacrifices pour que les pécheurs se convertissent. » Et à moitié tremblante, elle s’agenouillait, joignait les mains et récitait les prières que Notre Dame lui avait enseignées : « Oh mon Jésus ! pardonnez-nous nos péchés… » Jacinta restait comme ça, très longtemps agenouillée, répétant la même prière pour convertir les pécheurs et ainsi sauver les âmes de l’enfer.

La maladie la faisait souffrir beaucoup. Après une broncho-pneumonie, se déclara une pleurésie purulente, qui lui causait de grandes souffrances. Elle s’efforçait toutefois de ne jamais se plaindre malgré les douleurs qu’elle supportait avec résignation, une joie même, qui surprenait d’autant plus qu’elle trouvait encore la force de se lever pour réciter la prière de l’Ange.

Quand sa mère se montrait triste de la voir souffrir, elle lui disait : « Ne vous faites pas de souci, mère, je vais au ciel, et là, je prierai beaucoup pour vous. Ne pleurez pas, je me sens bien. »

Jacinta disait à Lucia : « Je ne veux pas que tu dises à personne que je souffre, même pas à ma mère, parce que je ne veux pas qu’elle s’afflige. »

La petite malade se confiait volontiers à Lucia. Ensemble elles parlaient de leurs mortifications, de leurs sacrifices, qui leur semblaient peu de chose pour consoler les Cœurs de Jésus et de Marie. « Ecoute, tu sais, disait Jacinta, Notre Seigneur est triste, parce que Notre Dame nous a dit de ne plus l’offenser davantage, qu’Il était déjà trop offensé, mais on n’en fait aucun cas ; on continue à faire les mêmes péchés. » Elle lui énumérait alors toutes les occasions dont elle avait profité, le jour et la nuit précédente, pour réparer tant d’outrages faits à Dieu : « J’avais très soif, et je n’ai pas voulu boire. Je l’ai offert à Jésus pour les pécheurs. Cette nuit, je souffrais beaucoup, et j’ai voulu offrir à Notre Seigneur le sacrifice de ne pas me retourner dans mon lit. Aussi je n’ai pas dormi du tout… Et toi, Lucia, as-tu fait aujourd’hui quelque sacrifice ? »

Bien qu’elle ne pouvait plus rien avaler sans un certain dégoût, elle prenait les aliments que sa mère lui présentait sans montrer la plus légère répugnance pour offrir ce sacrifice à Notre Seigneur. Elle confia à Lucia : « Je bois la tasse de lait que ma mère me donne ; si tu savais combien cela m’a coûté de la prendre. Mais je ne dis rien. Je prends tout par amour de Notre Seigneur et du Cœur Immaculé de Marie, notre Maman du Ciel. »

Quand sa mère lui apportait, avec une tasse de lait, une belle grappe de raisin, et lui laissait le choix, elle prenait de préférence le lait. « Non Maman, je ne prendrai pas les raisins ; vous pouvez les emporter. Donnez-moi plutôt le lait ; je vais le prendre. » Et lorsque sa mère se retirait, elle disait à Lucia : « J’avais tellement envie de ces raisins, et cela m’a tant coûté de prendre le lait ! Mais j’ai voulu offrir ce sacrifice à Notre Seigneur. »

Au cours du mois de juin 1919, le médecin conseilla aux parents de l’envoyer à l’hôpital saint Augustin, à quinze kilomètres de la maison. Là, la petite fille fut soumise à un traitement rigoureux, mais qui ne donna aucun résultat. Alors, à la fin du mois d’août, il fut décidé que la petite revienne à la maison, d’autant plus que ses parents n’avaient pas les moyens de payer plus longtemps le prix de la pension à l’hôpital.

Sa santé s’affaiblissait de jour en jour. La maladie minait son pauvre petit corps. Atteinte de tuberculose, il lui était tout à fait impossible de quitter son lit.

Lorsqu’elle eut appris, par Notre Dame elle-même la visitant dans sa chambre d’Aljustrel, qu’elle irait à Lisbonne dans un hôpital pour y mourir seule, son cœur fut bouleversé par cette perspective de mourir loin de ses parents et de sa cousine bien-aimée. Un jour, Lucia la trouva, tenant une image de Notre Dame, qu’elle embrassait en disant : « O ma Maman du Ciel ! Alors il me faut mourir toute seule ? » C’était là une épreuve bien amère que lui imposait la Vierge, et elle la suppliait presque d’écarter ce calice. Jésus Lui-même, avant sa Passion, disait : « Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi ! » ; mais, elle acceptait de souffrir avec amour pour Jésus et Marie, ainsi que pour les pécheurs en disant dans sa prière : « O mon Jésus ! ce sacrifice est si grand ! vous pouvez sauver beaucoup de pécheurs ! »

A la mi-janvier 1920, arriva à Aljustrel un prêtre, ami de la famille, avec un médecin renommé à Lisbonne pour voir la petite malade, le Dr  Eurico-Lisboa. Ce médecin décida de l’hospitaliser d’urgence à Lisbonne. La petite fille se gardait bien de soutenir l’opinion de ses parents qui voulaient la garder à la maison, car elle savait qu’à Aljustrel, elle ne pourrait pas offrir le « si grand sacrifice » de mourir « toute seule » que la Vierge lui avait proposé, sacrifice qui pouvait préserver des flammes quelques âmes pécheresses. « Tu iras à deux hôpitaux, lui avait dit Notre Dame, mais ce ne sera pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l’amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des offenses commises contre mon Cœur Immaculé. »

Le Cœur Immaculé de Marie ! C’était la passion de Jacinta !

« Il ne s’en faut plus beaucoup pour que j’aille au Ciel, confiait-elle à Lucia. Toi, tu resteras ici pour dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie… Quand tu auras à le dire, ne te cache pas !… Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; qu’il faut les lui demander à Elle ; que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère, à côté de lui, le Cœur Immaculé de Marie. Que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, parce que Dieu la lui a confiée à Elle ! Ah ! Si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j’ai là dans la poitrine, qui me brûle, et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie ! »

Parfois avec sa simplicité naturelle elle disait aussi : « J’aime tant le Cœur Immaculé de Marie, c’est le Cœur de notre petite Maman du Ciel. N’aimes-tu pas répéter souvent ? « Doux Cœur de Marie, Cœur Immaculé de Marie ». J’aime tellement cela… »

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Jacinta (1)

Contemplons

Jacinta Marto (7ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

Jacinta avait deux ans de moins que son frère Francisco. C’était une petite fille gaie et vive, au grand cœur, mais capricieuse par moment ; à tel point que Lucia disait d’elle : « ma cousine était susceptible, parce que la moindre contrariété suffisait pour la faire bouder dans un coin à attacher le bourricot ! Il fallait alors la laisser choisir le jeu et le partenaire avec qui elle voulait jouer. »

Cependant, c’était une petite fille aimable, attirante et d’une nature extraordinairement sensible. Son maintien toujours sérieux, modeste et affable, paraissait traduire la présence de Dieu dans toutes ses actions, maintien qu’on ne trouve d’ordinaire que chez des personnes déjà avancées en âge et de grande vertu. Une de ses qualités particulières était l’amour de la vérité, au point d’être capable de reprendre une personne qui aurait dit un mensonge.

A cinq ans environ, en entendant parler des souffrances de Jésus, elle s’attendrissait et pleurait : « pauvre Notre Seigneur ! » répétait-elle. « Je ne veux faire aucun péché, pour que Jésus ne souffre pas davantage. »

Les vilaines paroles étaient un péché et faisaient souffrir le petit Jésus. Aussi Jacinta évitera-t-elle tout le long de sa courte vie la compagnie de ceux parmi lesquels il y avait danger de prendre cette mauvaise habitude.

Elle avait une attirance particulière pour sa cousine Lucia, avec qui elle aimait jouer. Lorsque la famille Marto allait prendre un repas chez les Dos Santos, la plus heureuse était Jacinta qui aimait se placer à table tout près de Lucia.

Le soir, elle faisait tout pour rester avec sa cousine, si bien que sa tante proposait de la laisser dormir à la maison.

Plus tard, et après de nombreuses insistances, Jacinta (et Francisco) purent obtenir de leurs parents la garde des brebis afin de pouvoir aller avec Lucia à la Cova da Iria pour être en sa compagnie.

Elle aimait courir derrière les papillons, mais elle aimait encore mieux cueillir les fleurs pour en faire des guirlandes. La danse était sa distraction favorite. Comme son frère Francisco, elle aimait la musique et durant les longues heures qu’elle passait à faire paître le troupeau, elle faisait retentir de sa jolie voix la solitude de la campagne. Assise sur le sommet d’une colline, ou sur un rocher, elle ne se lassait pas d’entendre l’écho de sa voix se répercuter au fond des vallées.

Le nom qui résonnait le mieux était le nom de « Marie », et Jacinta récitait quelquefois l’Ave Maria tout entier, en prononçant seulement la parole suivante lorsque celle qui précédait avait cessé d’être répercutée par l’écho.

La première communion de Lucia exalta chez Jacinta et son frère le désir de recevoir comme elle la sainte Hostie. Au printemps 1918, Olimpia les présenta à l’abbé Ferreira afin qu’ils reçoivent la première communion s’il les trouvait assez instruits. Jacinta fut acceptée ; elle n’avait pas encore huit ans.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Francisco (2)

Contemplons

Lucia (10 ans), Francisco (9 ans) et Jacinta (7 ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

En 1918, le petit François fut atteint d’une très forte grippe. L’épidémie causa la mort de nombreuses personnes en Europe, mais surtout en Espagne et au Portugal. Chez la famille Marto, tout le monde tomba malade presque en même temps, excepté Antonio, le père, et son fils Jean ; mais en décembre la famille allait mieux. Pour François et Jacinthe, ce rétablissement fut de courte durée car fin décembre, ils rechutèrent gravement dans la maladie. C’est pendant cette ultime épreuve que la Vierge Immaculée apparut aux deux petits enfants pour leur renouveler sa promesse du 13 juin 1917.

En janvier 1919, Francisco allait de nouveau un peu mieux. Il put aller une dernière fois à la Cova da Iria pour prier là où il avait vu Notre Dame ; mais, vers la mi-février, il rechuta. Cette fois, il ne se releva pas. Sa santé se dégradait de jour en jour. Une fièvre intense continue minait peu à peu son organisme.

Sur son lit de mort, il offrit souvent ses souffrances pour « consoler Notre-Seigneur et convertir les pécheurs. » « D’ici peu, disait-il, Jésus va venir me chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel bonheur ! »

Dans les derniers temps de sa maladie, cependant, François ne pouvait plus prier. Quelle tristesse pour lui ! Les jours qui précédèrent son départ de ce monde, le soir arrivait sans qu’il ait pu dire son chapelet, même une seule fois. Et le petit revivait, avec regret, les longues heures passées dans la grotte du Cabeço, où, prosterné à terre, il répétait les paroles de l’Ange ou les chapelets récités à la Cova da Iria, en compagnie de sa petite sœur, de Lucia et d’autres pieuses personnes.

Sa maman devinait l’amertume qui remplissait l’âme de son fils, et cherchait à le consoler.

– « Oh, maman, disait-il, je n’ai plus la force de dire le chapelet, et les Ave Maria que je dis, je les dis avec tellement de vide ! »

– « Si tu ne peux réciter le chapelet avec les lèvres, lui disait sa mère, récite-le avec le cœur. Notre-Dame l’entend aussi bien ; elle en est aussi contente ! »

Francisco comprenait et se tranquillisait.

Cependant, son état s’aggravait et il n’arrivait plus à expectorer ; sa gorge s’embarrassait ; la fièvre montait ; il avait de la répugnance à prendre ce qu’on lui présentait ; la faiblesse, l’épuisement augmentaient rapidement et laissaient prévoir un dénouement prochain. Il dit à son papa qu’il voulait recevoir « Notre Père du Ciel » avant de mourir. Mr Marto, dont le cœur se fendait de douleur, s’en alla au presbytère où l’abbé Moreira remplaçait provisoirement le curé de Fatima, l’abbé Marques-Ferreira. Il accepta tout de suite d’aller apporter les derniers sacrements au petit berger. En chemin, le prêtre et Mr. Marto récitèrent le chapelet. Pendant ce temps, François avait demandé à sa sœur Teresa d’aller appeler Lucia, sans se faire remarquer. Celle-ci accourut aussitôt.

Pour mieux préparer sa dernière confession, il demanda à Jacinta et à Lucia de l’aider à se remémorer ses peccadilles. Après les avoir entendues, il leur dit : « Ces péchés, je les ai confessés ; je les confesserai de nouveau. Qui sait si par mes péchés, je ne suis pas cause que Notre-Seigneur est si triste ? Même si je ne devais pas mourir, je ne les ferais plus. Maintenant, je suis bien repentant. »

Il reçut les derniers sacrements et le curé lui dit qu’il reviendrait le lendemain matin lui apporter Notre-Seigneur. L’aube du jeudi 3 avril se leva enfin. Lorsque le prêtre entra dans sa chambre pour lui apporter la sainte communion, il sollicita la faveur de ne pas rester couché ; il aurait au moins voulu s’asseoir sur son lit ; on ne le lui permit pas.

Après avoir reçu l’Hostie sur sa langue desséchée, François ferma les yeux et demeura longtemps immobile. On sentait qu’il n’appartenait plus à la terre. Les premiers mots ont été pour dire à sa mère : « Monsieur l’abbé ne portera-t-il plus Jésus caché ? » Jacinta lui dit toute émue : « Dis à Notre-Seigneur et à Notre-Dame que je suis contente. Dis-leur que je souffrirai tout ce qu’ils voudront pour convertir les pécheurs et réparer les péchés envers le Cœur Immaculé de Marie. »

Le soir, l’état de Francisco s’aggrava brusquement. Il avait soif, mais ne pouvait déjà plus supporter le lait, ni même les cuillères d’eau que sa maman et sa marraine Teresa lui offraient de temps en temps. Le lendemain, vendredi 4 avril, quand la nuit fut tout à fait tombée, après avoir vu une belle lumière près de la porte de sa chambre, son visage s’illumina d’une manière surprenante d’un sourire angélique. Sans aucune marque de souffrance, sans agonie, ni gémissement, il expira doucement à 22 heures et son âme s’envola au Ciel. Notre-Dame est venue chercher Francisco. Elle le lui avait promis le 13 mai, si il priait beaucoup de chapelets. Il en priait neuf par jour et avait fait des sacrifices héroïques, surtout les nécessaires pour éviter le péché.

Le samedi 5 avril, un modeste cortège conduisit son corps au cimetière de Fatima. En avant, la croix ; puis quelques hommes de la Confrérie, avec leurs manteaux verts ; derrière eux, le prêtre, avec son surplis et son étole, noire, disant le chapelet. Quatre garçons, avec leurs manteaux blancs de procession, portaient le corps du petit voyant. Lucia le suivait en pleurant. Jacinta, que la maladie empêchait de sortir, tout en larmes elle aussi, avait dû rester à la maison.

Francisco fut enseveli au cimetière de la paroisse, dans une simple fosse, marquée seulement d’une petite croix de bois. Lucia nota avec soin cette petite croix, parmi tant d’autres semblables, et ne passait pas un jour sans aller s’agenouiller auprès d’elle, pour converser avec son petit ami du Ciel.

Le 13 mars 1952, ses restes mortels furent transférés dans la basilique de Fatima.

Le procès en vue de la béatification de Francisco Marto a été ouvert à Leira le 21 décembre 1949 en même temps que celui de sa sœur Jacinta. Il a été transmis au Saint-Siège le 3 août 1979, et c’est le 13 mai 1989 qu’ils ont été déclarés vénérables.

Le 16 avril 1999, la Congrégation pour la Cause des Saints a approuvé un miracle attribué à leur intercession.

L’assemblée plénière de la Congrégation a entériné cette décision le 24 juin 1999. C’est alors que le Pape a publié, le 28, le décret de béatification. Francisco et Jacinta sont désormais les plus jeunes bienheureux de l’Eglise (respectivement, 11 et 9 ans).

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Francisco (1)

Contemplons

Francisco Marto (9 ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

Le petit Francisco Marto était, à l’exemple de ses parents, un enfant doux et humble, au caractère aimable et discipliné.

Dès le lever du soleil, la maman de Francisco et Jacinthe allait les réveiller. Leurs yeux à peine ouverts, ils récitaient cette prière, si populaire jadis au Portugal : « Béni et loué soit le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie, fruit béni et sacré de la Vierge très pure, sainte Marie. »

Il aimait parfois jouer des tours à ses frères et sœurs, mais les parents n’eurent jamais à se plaindre sur le comportement de leur fils. Son obéissance était exemplaire.

Francisco aimait la musique à un point tel que, un jour, il a volé un tostão à son père (cela faisait une petite somme !) pour s’acheter un harmonica. Ce fut la seule faute grave de sa très courte vie. Il passait des heures et des heures à jouer des airs sur son petit fifre de roseau, assis sur une pierre, la plupart du temps accompagné de Lucie et de Jacinthe, qui chantaient et dansaient au son de la musique. Il aimait beaucoup les oiseaux, et ne pouvait supporter que quelqu’un vole leurs nids. Il gardait toujours pour eux quelques miettes du pain qu’il emportait pour son repas et les déposaient sur des pierres afin que les moineaux puissent eux aussi manger.

Lors de l’Apparition du 13 mai 1917, la Sainte Vierge dit que Francisco irait au Ciel, mais pour qu’il en soit ainsi «  il faudra qu’il récite beaucoup de chapelets. » En effet, le petit garçon avait pour habitude d’abréger la récitation du chapelet pour aller jouer plus rapidement. A compter de ce jour, Francisco s’employa à dire ses chapelets avec une ferveur toute particulière.

« J’ai beaucoup aimé voir l’Ange, disait-il, mais ce que j’ai le plus aimé, c’est de voir la lumière de Notre Dame. » Quelques semaines après la dernière apparition, Lucie demanda à son cousin :

« Qu’est-ce qui te plaît le plus, consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent plus en enfer ? »

« A choisir, j’aimerais mieux consoler Notre-Seigneur. N’as-tu pas remarqué comment la Sainte Vierge, encore le mois dernier, devint si triste lorsqu’elle demanda que l’on n’offense plus Notre-Seigneur qui est tant offensé ? Je voudrais aussi ensuite convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent pas en enfer. »

Dès lors, Francisco se sentait poussé par la grâce et recherchait toujours la solitude pour prier et offrir ses sacrifices, lui qui savait qu’il aura beaucoup à souffrir pour réparer tant de péchés qui offensent Notre-Seigneur et le Cœur Immaculé de Marie.

Il était triste, non pas de souffrir pour le Bon Dieu, mais parce qu’il savait Notre-Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes.

Au village, la nouvelle de la première apparition de Notre-Dame fut par la suite assez éprouvante pour le petit enfant. A l’école, le maître et ses propres compagnons se plaisaient à se moquer de lui, d’autant plus, qu’absorbé certainement déjà par les pensées élevées que l’Ange lui avait inspirées, il ne se souciait guère de l’instruction donnée en classe. Francisco, toujours humble, baissait la tête, et, l’âme certainement unie à Dieu, écoutait, sans mot dire, les censures que lui infligeaient l’instituteur et ses camarades d’école.

Dans la deuxième quinzaine de mai, la nouvelle de la première apparition de Notre-Dame à la Cova da Iria s’étant répandue dans la paroisse, les choses s’aggravèrent quelque peu pour lui à l’école car l’instituteur, bon professeur, mais mauvais éducateur – il n’avait pas la foi et n’avait aucun respect pour les vérités chrétiennes et les choses de la religion – profitait du peu d’intérêt que montrait Francisco dans les études, pour le traiter de « faux voyant ». Il ne cessait de faire remarquer à tous les autres élèves ses défauts et ses négligences. Ce n’était pas seulement, sans doute, pour voir si Francisco, après avoir été humilié, se déciderait à faire des progrès et à mieux profiter des leçons ; c’était aussi pour les inviter à prendre parti avec lui contre Francisco. Les enfants se sentant couverts par le jugement de l’instituteur, faisaient parfois « chorus » avec lui, pour humilier le pauvre Francisco. Le pire est que ces humiliations, de la part de ses camarades, ne consistaient pas seulement en paroles. Quelquefois, le pauvre garçon était obligé de passer la récréation appuyé à un mur, pour essayer de se défendre des mauvais traitements que des élèves plus robustes et plus hardis n’hésitaient pas à lui infliger sans que le professeur intervienne pour le défendre. Loin de se plaindre, toujours humble, doux et patient, il supportait tous les affronts sans rien dire, au point que ses parents n’en surent jamais rien.

Un jour, deux dames s’entretenaient avec lui, et l’interrogeaient au sujet de la carrière qu’il voudrait suivre quand il sera grand :

Tu veux être charpentier ? dit l’une d’elles.

Non, madame, répondit l’enfant.

Tu veux être militaire ? dit l’autre dame.

Non, madame.

Tu ne désirerais pas être médecin ?

Non plus.

Moi je sais bien ce que tu voudrais être… Être prêtre, dire la Messe, confesser, prêcher… N’est-ce pas vrai ?

Non madame, je ne veux pas être prêtre.

Alors que veux-tu être ?

Je ne veux rien ! Je veux mourir et aller au Ciel !

C’était là, confia le père de Francisco, présent à cette conversation, une vraie décision. Le désir du Ciel, la contemplation des choses divines, remplissaient le cœur de Francisco. Ce désir d’aller au Ciel était surtout inspiré par la volonté de consoler Notre-Seigneur : « Jésus est si triste à cause de tant de péchés, et je veux le réconforter par la prière et la pénitence. Nous ne devons pas faire le moindre péché ! » disait-il.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

LUCIA

Contemplons

Lucia Dos Santos (10 ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

Dès l’âge le plus tendre, Lucia dos Santos fut bercée par la récitation de l’Ave Maria que sa mère enseignait à sa sœur Caroline.

Née le 22 mars 1907, Lucia est la dernière d’une famille qui comptait déjà cinq enfants. Elle fut toujours très choyée par tous. C’était une petite fille très expansive, affectueuse et franche. Bien que son petit visage bruni donnait parfois l’impression d’un caractère renfrogné, obstiné et même difficile, cette apparence était trompeuse. Elle était honnête, obéissante et serviable.

Son père, Antonio dos Santos, cultivait lui-même des lopins de terre qu’il possédait en divers endroits de la Serra de Aire et il élevait des brebis. Sa femme, Maria Rosa, était une catholique fervente, sachant lire l’écriture imprimée mais pas écrire. Elle ne possédait que des ouvrages de piété. A l’heure de la sieste, en été et pendant les après-midis d’hiver, elle aimait enseigner le catéchisme, non seulement à Lucia, mais aussi aux enfants du voisinage.

À cette époque, on faisait faire la première communion des enfants à l’âge de neuf ou dix ans. Lucia avait trois ans, en 1910, quand le pape Pie X rappela aux fidèles le commandement du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants… » Et, il est possible que Maria Rosa ait eu connaissance de cette exhortation du Saint-Père ; aussi, quand sa dernière fille eut six ans, il lui sembla que le moment était venu de la préparer à recevoir Jésus caché dans l’hostie. Aidée par Carolina, qui avait onze ans et s’était déjà approchée de la sainte table, elle apprit à Lucia le catéchisme et l’exerça à bien répondre aux questions. Quand elle la jugea suffisamment préparée à l’examen d’instruction religieuse, elle l’amena à l’église. Le curé les reçut avec bienveillance et interrogea l’enfant, passant en revue tout ce que doivent savoir les petits catholiques.

Maria Rosa avait l’impression que sa fille avait bien répondu. Cependant, après un moment de réflexion, le prêtre décida que Lucia était décidément trop jeune et qu’il valait mieux attendre encore un an.

On était à la veille de la première communion et ni l’une ni l’autre n’avait escompté une telle déception. Elles quittèrent la sacristie, s’assirent sur un banc de l’église et, baissant la tête, se laissèrent aller à leurs tristes pensées. Lucia sanglotait.

Le père Cruz vint à passer près d’elles. C’était un prêtre, futur jésuite, arrivé quelques jours auparavant de Lisbonne pour prêcher le triduum préparatoire à la première communion et aider le curé, le Père Pena, à entendre les nombreuses confessions. Le chagrin de la petite fille l’émut et il s’arrêta pour lui en demander la cause. Ayant écouté son histoire, il lui posa plusieurs questions et la ramena à la sacristie.

« Cette enfant sait le catéchisme mieux que beaucoup d’autres qui communieront demain », dit-il. « Mais, elle n’a que six ans », objectait le Père Pena. Le Père Cruz insista. Bien que doux et humble, il était énergique et le curé finit par céder, à la grande joie de la petite. Elle devait donc se confesser pour recevoir, avec un cœur pur, Jésus-Hostie.

Le Père Cruz entendit donc la première confession de Lucia. Ce prêtre, très renommé comme prédicateur, avait aussi, dans tout le Portugal, une réputation de sainteté. Agé d’une cinquantaine d’années, sa haute taille était courbée par l’étude et les austérités.

Quand Lucia eut terminé l’accusation de ses peccadilles, elle l’entendit qui disait à voix basse : « Ma fille, ton âme est le temple du Saint-Esprit. Garde-la toujours pure pour qu’Il puisse exercer sur toi son action divine. » Elle le promit et récita l’acte de contrition ; puis elle pria Marie de l’aider à recevoir dignement le Corps et le Sang du Seigneur.

Sa sœur Carolina, emmenait tous les jours les chèvres et les brebis paître dans la Serra. Elle avait maintenant treize ans et Maria Rosa la jugeait capable de gagner quelque argent en tissant et en brodant. Lucia pouvait fort bien, pensait-elle, se charger du troupeau, car, à sept ans, elle était forte et développée. Lucia était ravie à l’idée d’être bergère, mais Francisco et Jacinta, désemparés, n’avaient plus personne pour les faire jouer et leur raconter des histoires. En vain, ils suppliaient leur mère de les laisser suivre leur cousine, mais ils étaient bien trop jeunes ; mais plus tard, Olimpia avait fini par céder et, tous les matins, de bonne heure, on vit aussi les deux enfants sortir en conduisant leur troupeau, Francisco une baguette à la main, Jacinta courant pour rejoindre Lucia près de la Lagoa où les bêtes trempaient leur museau dans l’eau saumâtre.

En 1917, alors âgée de 10 ans, elle devint la messagère du Cœur Immaculé de Marie lors des apparitions de Notre Dame. Dès lors, sa vie sera un vrai chemin de croix qu’elle supportera par amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en réparation pour les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, pour le Pape et pour la conversion des pécheurs.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

LE CONTEXTE HISTORIQUE

Contemplons

Le pape Benoit XV (1854-1922)

Méditons

Comme toutes les apparitions, celles de Fatima se produisent à un moment clé de l’histoire des hommes avec toujours le même but : avertir d’un danger imminent et rappeler le seul moyen de le circonscrire c’est-à-dire le retour à Dieu par la prière et la pénitence.

Nous sommes en 1917 quand Marie apparait sur la Cova da Iria. La première guerre mondiale dure depuis déjà presque trois ans. C’est une guerre meurtrière qui voit l’avènement et l’utilisation d’armes nouvelles comme les mitrailleuses, les armes à gaz, les chars qui permettent les tueries de masse… 1916, l’année avant les apparitions a été particulièrement meurtrière car elle a vu notamment la bataille de Verdun qui a fait plus de 700 000 morts en France soit plus de 70 000 morts pour chacun des dix mois de la bataille. C’est une guerre de tranchée où les soldats sont bombardés en permanence. La première guerre mondiale fera, rappelons-le, 18,6 millions de morts toutes catégories confondues. Le conflit menace de s’enliser encore car les Etats-Unis ont finalement décidé de venir au secours de la France et ont déclaré la guerre à l’Allemagne un mois avant la première apparition de Marie.

Du côté de la Russie, la révolte gronde au sein de la population qui n’en peut plus d’être exploitée, en proie à la famine et à la pauvreté. La société est enlisée dans l’archaïsme et les milieux dirigeants s’opposent violemment à toute idée de réforme. La population, quant à elle, refuse de continuer à être impliquée dans une guerre par laquelle elle ne se sent pas concernée et qui lui impose de lourds sacrifices. Les villes sont remplies d’ouvriers désœuvrés venus des campagnes et les milieux étudiants sont gagnés aux idées révolutionnaires de Karl Marx. La situation sociale est explosive et une étincelle suffirait à mettre le feu à tout le pays.

Au Portugal, la crise économique liée à la guerre s’accompagne de persécution religieuse. Pourtant, contrairement aux attentes du gouvernement ouvertement anticlérical, la ferveur religieuse ne décline pas : au contraire. La persécution, loin d’oblitérer dans le peuple portugais le sentiment religieux, l’a ravivé, au grand désappointement des ennemis de la religion. Les malheurs qui oppriment les portugais, les obligent, comme à toutes les époques de calamités nationales, à lever les yeux vers le ciel, d’où ils attendent le remède à tous leurs maux.

Au plan ecclésial, Benoit XV est devenu pape au moment même où débute la guerre. Refusant de prendre parti dans le conflit et n’appelant qu’à la paix, il se met à dos tous les belligérants. Léon Bloy le rebaptise « Pilate XV » et Clémenceau l’appelle « le pape boche. » Les allemands, quant à eux, le surnomment « le pape français. » Les appels à la paix de Benoit XV ne parviennent que difficilement à se faire entendre dans un contexte où tout le monde est contre lui. Le 1er août 1917, il envoie aux chefs des peuples belligérants une lettre d’exhortation à la paix, réaffirmant la volonté du Saint-Siège de garder « une parfaite impartialité » dans le conflit. Il propose une série de mesures pacifiques comme le désarmement des deux parties, l’abandon de toutes les demandes de réparation et l’évacuation totale de la Belgique et du territoire français. Des propositions qui resteront lettre morte dans les deux camps.

La situation semble donc bloquée sur tous les plans et d’aucune part se lève la lumière de l‘espérance. C’était compter sans l’intervention de Dieu qui choisit le moment où tout semble perdu pour intervenir afin que personne ne puisse dire que le salut vient de qui que ce soit d’autre que de Jésus-Christ lui-même.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

FATIMA : UNE AFFAIRE PUREMENT PRIVEE ?

Contemplons

Notre Dame de Fatima

Méditons

Quelle importance faut-il accorder aux apparitions de Fatima ? Entre fanatisme et rejet arbitraire, essayons de faire le point.

La plupart des contradicteurs des apparitions de Fatima opposent qu’elles sont d’ordre privé et ne concernent que les trois voyants Lucia, Francisco et Jacinta. Ils ajoutent que la Révélation, c’est-à-dire la connaissance que Dieu donne aux hommes de Lui-même est achevée avec le Nouveau Testament et qu’il n’y a rien à lui ajouter. Le Christ est la « Parole unique et définitive donnée à l’humanité. » En lui, Dieu « nous a tout dit à la fois, d’un seul coup (…) et il n’a rien de plus à dire. Car ce qu’il disait par parties aux prophètes, il l’a dit tout entier dans son Fils », assure saint Jean de la Croix. Sur ce dernier point, ils ne peuvent être contredits. Le seul message de salut est celui annoncé par Jésus-Christ et transmis par les apôtres sur son ordre. Saint Paul nous met d’ailleurs en garde contre tous ceux qui voudraient l’arranger à leur façon : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous avons prêché, qu’il soit anathème » (Galates 1, 8).

Les apparitions de Fatima ne prétendent pas amener quoi que ce soit mais nous renvoient, et avec quelle urgence, à la Révélation de Jésus-Christ. Elles n’ont d’autre but que de nous rappeler que Jésus-Christ est le seul Sauveur et qu’il est vain d’attendre le salut de qui que ce soit d’autre ; à s’éloigner de Jésus-Christ, on ne récolte que la mort et la désolation. Si Marie apparait à Fatima, c’est pour nous dire que Dieu a compassion du monde et qu’il lui offre encore une ultime planche de salut. Aussi, les apparitions ne sont qu’un simple remake des Noces de Cana où Marie dit aux serviteurs : « faites tout ce que Jésus vous dira. » Marie, nous rappelle, dans un monde ravagé par la guerre, que le salut ne peut venir que de Dieu, de Jésus-Christ, le prince de la paix. Durant toutes les apparitions, Marie ne lance aucune nouvelle doctrine mais rappelle les enseignements fondamentaux de l’Eglise catholique, apostolique et romaine notamment sur l’Eucharistie, la dévotion mariale, le péché, la nécessité de la pénitence, les fins dernières, le ciel, le purgatoire, l’enfer. Les apparitions sont inattaquables sur le plan théologique.

Concernent-elles uniquement les voyants ? Pour le savoir, faisons le tour des points abordés par Notre Dame au cours de ses apparitions.

A chacune de ses apparitions, Marie demande qu’on dise le chapelet pour implorer la paix : la guerre est mondiale et fera 18,6 millions de victimes dont 8,9 millions de civils. La guerre ne concerne pas que les trois pastoureaux qui ont le bonheur, là où ils sont, d’être à peu près épargnés par les conséquences tragiques du conflit. Les Etats-Unis sont entrés en guerre, il y a juste un peu plus d’un mois au moment de la première apparition ; le conflit menace donc de s’enliser.

Marie demande que la Russie soit consacrée à son Cœur Immaculée par le Pape collégialement avec tous les évêques du monde. C’est donc toute l’Eglise qui est concernée.

Si cette demande n’est pas accomplie, la Russie répandra ses erreurs provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise : le socialisme à la russe fera d’innombrables victimes notamment parmi les chrétiens, et le marxisme se dresse aujourd’hui encore comme un ennemi du christianisme.

« Beaucoup vont en enfer parce que personne ne prie pour eux. » C’est toute l’Eglise, c’est chacun de nous qui est concerné par la perte éternelle des âmes.

« Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » On ne saurait être plus clair : Dieu attend une réponse personnelle de chaque âme car c’est le monde entier qui est appelé à accomplir la volonté explicite de Dieu qui est d’adopter la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

Enfin, le grand miracle d’octobre, annoncé, promis par Marie, la danse du soleil, se fera en présence d’au moins 30 000 personnes (certains journaux iront jusqu’à parler de 100 000 personnes) ; c’est dire que le message de Marie dépasse la sphère des enfants et s’adresse au monde entier et à chaque âme en particulier.

Le message de Fatima, même s’il est à classer parmi les révélations privées, n’a rien de privé dans le sens où il ne concernerait qu’un tout petit nombre de personnes directement impliquées. Au contraire, il s’impose à chacun d’entre nous avec une particulière urgence, urgence qui n’a cessé de croitre avec le temps. Un siècle plus tard, les demandes de Notre Dame ne sont toujours pas accomplies. Déclarer ne pas se sentir concerné par le message de Fatima, c’est affirmer ne pas se soucier de la paix dans le monde, de la perte des âmes, de l’amour dû à notre mère, de la gloire due à Dieu. Et dans ce cas, demandons-nous si nous ne sommes pas tout particulièrement concernés par ce message qui en cent ans n’a pas pris une ride.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

L’ATTENTE DU SAMEDI-SAINT

Contemplons

Ecoutons

C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit. (Luc 23, 54-56)

Méditons

Le calme est revenu. La vie commence à reprendre son cours. Les habitants de Jérusalem sont encore sous le choc du tremblement de terre, de l’obscurité… Ils constatent dans la stupéfaction les dégâts sur la ville… Tous ces événements ont interrompu les rites dans le temple… le sacrifice des agneaux notamment… Si bien que peu de familles ont eu l’occasion de consommer l’agneau pascal…

Le corps de Jésus est dans le tombeau. Marie, Jean, Madeleine et les autres femmes ont quitté le jardin du sépulcre pour rejoindre la ville. Pour tous, excepté Marie, l’histoire de Jésus, l’histoire avec Jésus, s‘arrête là. La preuve est que les disciples d’Emmaüs s’apprêtent à quitter Jérusalem pour retourner dans leur pays. Jésus est mort et personne, excepté Marie, ne croit, ni même ne songe, qu’il pourrait ressusciter. Les apôtres sont encore traumatisés : l’épreuve de la Passion les a anéantis et ils sont rongés par le remord d’avoir, dans leur lâcheté, abandonné Jésus. Honteux, ils n’osent aller rejoindre le petit groupe de ceux qui sont restés fidèles pour leur faire part de leur repentir…  La mort de Jésus semble signer la fin d’une belle aventure…

Que fait Marie en ce samedi-saint ? Les Evangiles ne le disent pas mais ce n’est pas difficile à deviner. Elle lutte pour garder la foi, l’espérance et la charité. En ce samedi-saint, Marie est la figure de l’Eglise qui attend l’aube de la résurrection, qui guette dans l’anxiété le retour de l’époux. Elle lutte contre les tentations de désespoir que Satan murmure à son Cœur. N’oublions pas que si Marie a été préservée des conséquences du péché originel, elle n’a cependant pas été prémunie contre les tentations. Le mérite de Marie n’est pas à chercher dans ce qu’elle a reçu mais dans ce qu’elle a fait de tout ce dont elle a été comblée. Parce qu’elle est l’Immaculée, Satan s’est déchainé sur elle avec une violence à la hauteur de tous les dons reçus. Pendant tout ce samedi, elle repasse dans son Cœur les paroles de Jésus concernant sa résurrection. Elle les connait toutes car elle les a gardées, les méditant sans cesse dans son Cœur. Elle repasse dans son esprit toutes les prophéties pour y scruter les références à la prochaine résurrection du Messie. Elle prie comme jamais elle n’a prié, non pas pour obtenir de Dieu que son Fils ressuscite mais pour obtenir de Lui que ni elle, ni les apôtres ne vacillent dans leur foi, qu’ils gardent l’espérance.

Elle a accueilli tous les apôtres, qui les uns après les autres sont venus la trouver pour donner libre cours à leur douleur. Comme des enfants qui ont fait une bêtise, elle les recueille, les console, leur rappelle les paroles de Jésus, les engageant, comme elle, à pardonner et à croire en la promesse du Christ de ressusciter au bout du troisième jour. Très probablement, elle demande à Jean, ou aux femmes héroïques qui sont restées avec elle, d’aller chercher ceux des apôtres qui n’osent pas venir d’eux-mêmes. Quelle douleur pour Marie, lorsqu’elle apprend que Judas s’est donné la mort… S’il était venu à elle, elle l’aurait assuré du pardon de Jésus… Elle l’aurait même, elle-même, recommandé à lui… Marie est la Mère de l’Eglise qui en ce samedi-saint remplit sa mission de veiller sur la foi, l’espérance et la charité de tous ses enfants en attendant le retour dans la gloire de Jésus.

L’attente du samedi-saint se prolonge pour l’Eglise jusqu’à la fin du monde. En effet, nous sommes dans l’attente du retour en gloire de Jésus dans son deuxième avènement. En attendant son retour, nous vivons de la foi en sa présence vivante et agissante dans un monde qui nous est de plus en plus hostile. Notre esprit est inquiet car il semble tarder et notre cœur ne parvient pas à trouver la paix car il a l’air de ne pas répondre à nos prières. Comme à Marie, Satan ne cesse de nous suggérer des pensées de désespoir, à nous faire croire que notre attente est vaine, que notre foi est sans fondement. Aussi, plus que jamais, nous avons besoin de nous imprégner de l’exemple de Marie en ce samedi-saint, de nous blottir contre elle et de nous confier à sa puissante intercession.

Marie a préparé les apôtres, les disciples au retour de Jésus le matin de pâques. Ce n’est pas un hasard si le jour de la résurrection, les apôtres sont tous réunis au cénacle : c’est parce que Marie les y a rassemblés autour d’elle pour les soutenir dans la foi, l’espérance et la charité. Elle saura aussi nous préparer à la rencontre avec le Christ que ce soit le jour de notre mort ou de son retour dans la gloire. Aussi, confions-nous à elle, car elle seule connait les chemins de Dieu ; et pour cause, elle les a expérimentés pour nous. Amen. Marana tha.

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le tombeau du Christ à Jérusalem

LE SEPULCRE

Contemplons

Ecoutons

Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. (Matthieu 27, 59-60)

Méditons

Jésus n’a pas eu de sépulture à proprement parler parce que tout a été fait dans la hâte et que rien n’était prévu pour cela : tous les rites prévus n’ont pu être accomplis. Voilà les choses quand on les regarde à notre hauteur.

Lorsqu’on élève son regard au niveau de celui de Jésus, on voit les choses différemment. Il ne s’agit plus alors d’ensevelir un corps voué à la corruption mais de tout disposer pour la résurrection à venir. En mourant sur la Croix après avoir accompli la volonté de Dieu en tout point, Jésus est déjà victorieux et dans sa mort, la résurrection est déjà en germination. « Jésus, s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » nous dit saint Paul. A présent, le Père « va souverainement l’élever et lui donner le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers et que toute langue proclame que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2, 9-11).

La mort de Jésus intervient au soir du sixième jour. Le lendemain, c’est le sabbat qui commémore le jour où Dieu s’est reposé de toute l’œuvre qu’il a accomplie (Genèse 2, 3). Par sa Passion, Jésus a régénéré toute la création déchue en la libérant de l’esclavage du péché. Comme pour la première création, le septième jour, il va se reposer de toute l’œuvre qu’il a accomplie. Il ne s’agit donc pas d’ensevelir un corps mais de lui ménager un endroit pour se reposer de toute son œuvre de création nouvelle en attendant l’aube du premier jour de l’ère nouvelle.

La nuit du passage de l’ange exterminateur sur le pays d’Egypte, Moïse ordonna aux enfants d’Israël de manger l’agneau pascal debout, à la hâte et de se tenir prêt à quitter le pays qui les tenait en esclavage (Exode 12, 11). Le soir du vendredi-saint, Jésus réalise ce que figuraient les consignes de Moïse : il est l’agneau de Dieu qui a été immolé pour notre pâque à nous. Dans moins de deux jours, il s’en reviendra des enfers pour nous emmener à travers la mer rouge vers la terre promise où coulent le lait et le miel, où nous gouterons la liberté des enfants de Dieu. Point n’est donc besoin de s’attarder en rites funéraires qui n’ont pas lieu d’être pour celui qui est le maître de la vie.

Malgré la hâte, Joseph d’Arimathie et les disciples qui ont suivi Jésus jusque sur le Calvaire, mettent un soin religieux à ensevelir dignement le corps du Seigneur. C’est Joseph d’Arimathie qui offre à Jésus son propre sépulcre, une tombe qui n’avait jamais servi. Il offre aussi un suaire immaculé et les aromates qui servent à rendre à Jésus les derniers hommages. Joseph d’Arimathie est âgé et a déjà pris toutes les dispositions utiles pour sa mort. En cédant son tombeau et tout le nécessaire à son propre ensevelissement, il s’expose à ne pas en avoir lui-même si la mort venait à le frapper. Or, par ces dons, Joseph d’Arimathie nous fait savoir qu’il a mis sa foi en Jésus dont il croit qu’il est effectivement le Fils de Dieu fondé à dire : « je suis la résurrection et la vie. » Joseph marque aussi sa rupture avec l’ancienne alliance : le salut ne se trouve plus dans des rites mais dans une personne et cette personne, c’est Jésus-Christ.

Jésus a reçu les plus beaux hommages funèbres de son vivant. Rappelez-vous : six jours avant la pâque, Marie-Madeleine a versé sur les pieds de Jésus un parfum de grande valeur et ce geste avait été agréé par le Seigneur : « laisse-la observer cet usage en vue de mon ensevelissement ! » dit-il à Judas qui récrimine, « … moi, vous ne m’aurez pas toujours » (Jean 12, 7-8).  Et l’Evangéliste précise : « la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum »  (Jean 12, 3) ce qui nous renseigne tant sur l’intensité de l’amour repentant de Marie-Madeleine, que sur la dilection avec laquelle Jésus accueille son geste. Jésus montre ainsi que point n’est besoin de vouloir conjurer la mort par des rites ; lui, il en est vainqueur et celui qui meurt en lui, vivra éternellement.

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le tombeau du Christ à Jérusalem.