Francisco (2)

Contemplons

Lucia (10 ans), Francisco (9 ans) et Jacinta (7 ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

En 1918, le petit François fut atteint d’une très forte grippe. L’épidémie causa la mort de nombreuses personnes en Europe, mais surtout en Espagne et au Portugal. Chez la famille Marto, tout le monde tomba malade presque en même temps, excepté Antonio, le père, et son fils Jean ; mais en décembre la famille allait mieux. Pour François et Jacinthe, ce rétablissement fut de courte durée car fin décembre, ils rechutèrent gravement dans la maladie. C’est pendant cette ultime épreuve que la Vierge Immaculée apparut aux deux petits enfants pour leur renouveler sa promesse du 13 juin 1917.

En janvier 1919, Francisco allait de nouveau un peu mieux. Il put aller une dernière fois à la Cova da Iria pour prier là où il avait vu Notre Dame ; mais, vers la mi-février, il rechuta. Cette fois, il ne se releva pas. Sa santé se dégradait de jour en jour. Une fièvre intense continue minait peu à peu son organisme.

Sur son lit de mort, il offrit souvent ses souffrances pour « consoler Notre-Seigneur et convertir les pécheurs. » « D’ici peu, disait-il, Jésus va venir me chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel bonheur ! »

Dans les derniers temps de sa maladie, cependant, François ne pouvait plus prier. Quelle tristesse pour lui ! Les jours qui précédèrent son départ de ce monde, le soir arrivait sans qu’il ait pu dire son chapelet, même une seule fois. Et le petit revivait, avec regret, les longues heures passées dans la grotte du Cabeço, où, prosterné à terre, il répétait les paroles de l’Ange ou les chapelets récités à la Cova da Iria, en compagnie de sa petite sœur, de Lucia et d’autres pieuses personnes.

Sa maman devinait l’amertume qui remplissait l’âme de son fils, et cherchait à le consoler.

– « Oh, maman, disait-il, je n’ai plus la force de dire le chapelet, et les Ave Maria que je dis, je les dis avec tellement de vide ! »

– « Si tu ne peux réciter le chapelet avec les lèvres, lui disait sa mère, récite-le avec le cœur. Notre-Dame l’entend aussi bien ; elle en est aussi contente ! »

Francisco comprenait et se tranquillisait.

Cependant, son état s’aggravait et il n’arrivait plus à expectorer ; sa gorge s’embarrassait ; la fièvre montait ; il avait de la répugnance à prendre ce qu’on lui présentait ; la faiblesse, l’épuisement augmentaient rapidement et laissaient prévoir un dénouement prochain. Il dit à son papa qu’il voulait recevoir « Notre Père du Ciel » avant de mourir. Mr Marto, dont le cœur se fendait de douleur, s’en alla au presbytère où l’abbé Moreira remplaçait provisoirement le curé de Fatima, l’abbé Marques-Ferreira. Il accepta tout de suite d’aller apporter les derniers sacrements au petit berger. En chemin, le prêtre et Mr. Marto récitèrent le chapelet. Pendant ce temps, François avait demandé à sa sœur Teresa d’aller appeler Lucia, sans se faire remarquer. Celle-ci accourut aussitôt.

Pour mieux préparer sa dernière confession, il demanda à Jacinta et à Lucia de l’aider à se remémorer ses peccadilles. Après les avoir entendues, il leur dit : « Ces péchés, je les ai confessés ; je les confesserai de nouveau. Qui sait si par mes péchés, je ne suis pas cause que Notre-Seigneur est si triste ? Même si je ne devais pas mourir, je ne les ferais plus. Maintenant, je suis bien repentant. »

Il reçut les derniers sacrements et le curé lui dit qu’il reviendrait le lendemain matin lui apporter Notre-Seigneur. L’aube du jeudi 3 avril se leva enfin. Lorsque le prêtre entra dans sa chambre pour lui apporter la sainte communion, il sollicita la faveur de ne pas rester couché ; il aurait au moins voulu s’asseoir sur son lit ; on ne le lui permit pas.

Après avoir reçu l’Hostie sur sa langue desséchée, François ferma les yeux et demeura longtemps immobile. On sentait qu’il n’appartenait plus à la terre. Les premiers mots ont été pour dire à sa mère : « Monsieur l’abbé ne portera-t-il plus Jésus caché ? » Jacinta lui dit toute émue : « Dis à Notre-Seigneur et à Notre-Dame que je suis contente. Dis-leur que je souffrirai tout ce qu’ils voudront pour convertir les pécheurs et réparer les péchés envers le Cœur Immaculé de Marie. »

Le soir, l’état de Francisco s’aggrava brusquement. Il avait soif, mais ne pouvait déjà plus supporter le lait, ni même les cuillères d’eau que sa maman et sa marraine Teresa lui offraient de temps en temps. Le lendemain, vendredi 4 avril, quand la nuit fut tout à fait tombée, après avoir vu une belle lumière près de la porte de sa chambre, son visage s’illumina d’une manière surprenante d’un sourire angélique. Sans aucune marque de souffrance, sans agonie, ni gémissement, il expira doucement à 22 heures et son âme s’envola au Ciel. Notre-Dame est venue chercher Francisco. Elle le lui avait promis le 13 mai, si il priait beaucoup de chapelets. Il en priait neuf par jour et avait fait des sacrifices héroïques, surtout les nécessaires pour éviter le péché.

Le samedi 5 avril, un modeste cortège conduisit son corps au cimetière de Fatima. En avant, la croix ; puis quelques hommes de la Confrérie, avec leurs manteaux verts ; derrière eux, le prêtre, avec son surplis et son étole, noire, disant le chapelet. Quatre garçons, avec leurs manteaux blancs de procession, portaient le corps du petit voyant. Lucia le suivait en pleurant. Jacinta, que la maladie empêchait de sortir, tout en larmes elle aussi, avait dû rester à la maison.

Francisco fut enseveli au cimetière de la paroisse, dans une simple fosse, marquée seulement d’une petite croix de bois. Lucia nota avec soin cette petite croix, parmi tant d’autres semblables, et ne passait pas un jour sans aller s’agenouiller auprès d’elle, pour converser avec son petit ami du Ciel.

Le 13 mars 1952, ses restes mortels furent transférés dans la basilique de Fatima.

Le procès en vue de la béatification de Francisco Marto a été ouvert à Leira le 21 décembre 1949 en même temps que celui de sa sœur Jacinta. Il a été transmis au Saint-Siège le 3 août 1979, et c’est le 13 mai 1989 qu’ils ont été déclarés vénérables.

Le 16 avril 1999, la Congrégation pour la Cause des Saints a approuvé un miracle attribué à leur intercession.

L’assemblée plénière de la Congrégation a entériné cette décision le 24 juin 1999. C’est alors que le Pape a publié, le 28, le décret de béatification. Francisco et Jacinta sont désormais les plus jeunes bienheureux de l’Eglise (respectivement, 11 et 9 ans).

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Francisco (1)

Contemplons

Francisco Marto (9 ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

Le petit Francisco Marto était, à l’exemple de ses parents, un enfant doux et humble, au caractère aimable et discipliné.

Dès le lever du soleil, la maman de Francisco et Jacinthe allait les réveiller. Leurs yeux à peine ouverts, ils récitaient cette prière, si populaire jadis au Portugal : « Béni et loué soit le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie, fruit béni et sacré de la Vierge très pure, sainte Marie. »

Il aimait parfois jouer des tours à ses frères et sœurs, mais les parents n’eurent jamais à se plaindre sur le comportement de leur fils. Son obéissance était exemplaire.

Francisco aimait la musique à un point tel que, un jour, il a volé un tostão à son père (cela faisait une petite somme !) pour s’acheter un harmonica. Ce fut la seule faute grave de sa très courte vie. Il passait des heures et des heures à jouer des airs sur son petit fifre de roseau, assis sur une pierre, la plupart du temps accompagné de Lucie et de Jacinthe, qui chantaient et dansaient au son de la musique. Il aimait beaucoup les oiseaux, et ne pouvait supporter que quelqu’un vole leurs nids. Il gardait toujours pour eux quelques miettes du pain qu’il emportait pour son repas et les déposaient sur des pierres afin que les moineaux puissent eux aussi manger.

Lors de l’Apparition du 13 mai 1917, la Sainte Vierge dit que Francisco irait au Ciel, mais pour qu’il en soit ainsi «  il faudra qu’il récite beaucoup de chapelets. » En effet, le petit garçon avait pour habitude d’abréger la récitation du chapelet pour aller jouer plus rapidement. A compter de ce jour, Francisco s’employa à dire ses chapelets avec une ferveur toute particulière.

« J’ai beaucoup aimé voir l’Ange, disait-il, mais ce que j’ai le plus aimé, c’est de voir la lumière de Notre Dame. » Quelques semaines après la dernière apparition, Lucie demanda à son cousin :

« Qu’est-ce qui te plaît le plus, consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent plus en enfer ? »

« A choisir, j’aimerais mieux consoler Notre-Seigneur. N’as-tu pas remarqué comment la Sainte Vierge, encore le mois dernier, devint si triste lorsqu’elle demanda que l’on n’offense plus Notre-Seigneur qui est tant offensé ? Je voudrais aussi ensuite convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent pas en enfer. »

Dès lors, Francisco se sentait poussé par la grâce et recherchait toujours la solitude pour prier et offrir ses sacrifices, lui qui savait qu’il aura beaucoup à souffrir pour réparer tant de péchés qui offensent Notre-Seigneur et le Cœur Immaculé de Marie.

Il était triste, non pas de souffrir pour le Bon Dieu, mais parce qu’il savait Notre-Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes.

Au village, la nouvelle de la première apparition de Notre-Dame fut par la suite assez éprouvante pour le petit enfant. A l’école, le maître et ses propres compagnons se plaisaient à se moquer de lui, d’autant plus, qu’absorbé certainement déjà par les pensées élevées que l’Ange lui avait inspirées, il ne se souciait guère de l’instruction donnée en classe. Francisco, toujours humble, baissait la tête, et, l’âme certainement unie à Dieu, écoutait, sans mot dire, les censures que lui infligeaient l’instituteur et ses camarades d’école.

Dans la deuxième quinzaine de mai, la nouvelle de la première apparition de Notre-Dame à la Cova da Iria s’étant répandue dans la paroisse, les choses s’aggravèrent quelque peu pour lui à l’école car l’instituteur, bon professeur, mais mauvais éducateur – il n’avait pas la foi et n’avait aucun respect pour les vérités chrétiennes et les choses de la religion – profitait du peu d’intérêt que montrait Francisco dans les études, pour le traiter de « faux voyant ». Il ne cessait de faire remarquer à tous les autres élèves ses défauts et ses négligences. Ce n’était pas seulement, sans doute, pour voir si Francisco, après avoir été humilié, se déciderait à faire des progrès et à mieux profiter des leçons ; c’était aussi pour les inviter à prendre parti avec lui contre Francisco. Les enfants se sentant couverts par le jugement de l’instituteur, faisaient parfois « chorus » avec lui, pour humilier le pauvre Francisco. Le pire est que ces humiliations, de la part de ses camarades, ne consistaient pas seulement en paroles. Quelquefois, le pauvre garçon était obligé de passer la récréation appuyé à un mur, pour essayer de se défendre des mauvais traitements que des élèves plus robustes et plus hardis n’hésitaient pas à lui infliger sans que le professeur intervienne pour le défendre. Loin de se plaindre, toujours humble, doux et patient, il supportait tous les affronts sans rien dire, au point que ses parents n’en surent jamais rien.

Un jour, deux dames s’entretenaient avec lui, et l’interrogeaient au sujet de la carrière qu’il voudrait suivre quand il sera grand :

Tu veux être charpentier ? dit l’une d’elles.

Non, madame, répondit l’enfant.

Tu veux être militaire ? dit l’autre dame.

Non, madame.

Tu ne désirerais pas être médecin ?

Non plus.

Moi je sais bien ce que tu voudrais être… Être prêtre, dire la Messe, confesser, prêcher… N’est-ce pas vrai ?

Non madame, je ne veux pas être prêtre.

Alors que veux-tu être ?

Je ne veux rien ! Je veux mourir et aller au Ciel !

C’était là, confia le père de Francisco, présent à cette conversation, une vraie décision. Le désir du Ciel, la contemplation des choses divines, remplissaient le cœur de Francisco. Ce désir d’aller au Ciel était surtout inspiré par la volonté de consoler Notre-Seigneur : « Jésus est si triste à cause de tant de péchés, et je veux le réconforter par la prière et la pénitence. Nous ne devons pas faire le moindre péché ! » disait-il.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

LUCIA

Contemplons

Lucia Dos Santos (10 ans) au moment des apparitions de Notre Dame de Fatima

Méditons

Dès l’âge le plus tendre, Lucia dos Santos fut bercée par la récitation de l’Ave Maria que sa mère enseignait à sa sœur Caroline.

Née le 22 mars 1907, Lucia est la dernière d’une famille qui comptait déjà cinq enfants. Elle fut toujours très choyée par tous. C’était une petite fille très expansive, affectueuse et franche. Bien que son petit visage bruni donnait parfois l’impression d’un caractère renfrogné, obstiné et même difficile, cette apparence était trompeuse. Elle était honnête, obéissante et serviable.

Son père, Antonio dos Santos, cultivait lui-même des lopins de terre qu’il possédait en divers endroits de la Serra de Aire et il élevait des brebis. Sa femme, Maria Rosa, était une catholique fervente, sachant lire l’écriture imprimée mais pas écrire. Elle ne possédait que des ouvrages de piété. A l’heure de la sieste, en été et pendant les après-midis d’hiver, elle aimait enseigner le catéchisme, non seulement à Lucia, mais aussi aux enfants du voisinage.

À cette époque, on faisait faire la première communion des enfants à l’âge de neuf ou dix ans. Lucia avait trois ans, en 1910, quand le pape Pie X rappela aux fidèles le commandement du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants… » Et, il est possible que Maria Rosa ait eu connaissance de cette exhortation du Saint-Père ; aussi, quand sa dernière fille eut six ans, il lui sembla que le moment était venu de la préparer à recevoir Jésus caché dans l’hostie. Aidée par Carolina, qui avait onze ans et s’était déjà approchée de la sainte table, elle apprit à Lucia le catéchisme et l’exerça à bien répondre aux questions. Quand elle la jugea suffisamment préparée à l’examen d’instruction religieuse, elle l’amena à l’église. Le curé les reçut avec bienveillance et interrogea l’enfant, passant en revue tout ce que doivent savoir les petits catholiques.

Maria Rosa avait l’impression que sa fille avait bien répondu. Cependant, après un moment de réflexion, le prêtre décida que Lucia était décidément trop jeune et qu’il valait mieux attendre encore un an.

On était à la veille de la première communion et ni l’une ni l’autre n’avait escompté une telle déception. Elles quittèrent la sacristie, s’assirent sur un banc de l’église et, baissant la tête, se laissèrent aller à leurs tristes pensées. Lucia sanglotait.

Le père Cruz vint à passer près d’elles. C’était un prêtre, futur jésuite, arrivé quelques jours auparavant de Lisbonne pour prêcher le triduum préparatoire à la première communion et aider le curé, le Père Pena, à entendre les nombreuses confessions. Le chagrin de la petite fille l’émut et il s’arrêta pour lui en demander la cause. Ayant écouté son histoire, il lui posa plusieurs questions et la ramena à la sacristie.

« Cette enfant sait le catéchisme mieux que beaucoup d’autres qui communieront demain », dit-il. « Mais, elle n’a que six ans », objectait le Père Pena. Le Père Cruz insista. Bien que doux et humble, il était énergique et le curé finit par céder, à la grande joie de la petite. Elle devait donc se confesser pour recevoir, avec un cœur pur, Jésus-Hostie.

Le Père Cruz entendit donc la première confession de Lucia. Ce prêtre, très renommé comme prédicateur, avait aussi, dans tout le Portugal, une réputation de sainteté. Agé d’une cinquantaine d’années, sa haute taille était courbée par l’étude et les austérités.

Quand Lucia eut terminé l’accusation de ses peccadilles, elle l’entendit qui disait à voix basse : « Ma fille, ton âme est le temple du Saint-Esprit. Garde-la toujours pure pour qu’Il puisse exercer sur toi son action divine. » Elle le promit et récita l’acte de contrition ; puis elle pria Marie de l’aider à recevoir dignement le Corps et le Sang du Seigneur.

Sa sœur Carolina, emmenait tous les jours les chèvres et les brebis paître dans la Serra. Elle avait maintenant treize ans et Maria Rosa la jugeait capable de gagner quelque argent en tissant et en brodant. Lucia pouvait fort bien, pensait-elle, se charger du troupeau, car, à sept ans, elle était forte et développée. Lucia était ravie à l’idée d’être bergère, mais Francisco et Jacinta, désemparés, n’avaient plus personne pour les faire jouer et leur raconter des histoires. En vain, ils suppliaient leur mère de les laisser suivre leur cousine, mais ils étaient bien trop jeunes ; mais plus tard, Olimpia avait fini par céder et, tous les matins, de bonne heure, on vit aussi les deux enfants sortir en conduisant leur troupeau, Francisco une baguette à la main, Jacinta courant pour rejoindre Lucia près de la Lagoa où les bêtes trempaient leur museau dans l’eau saumâtre.

En 1917, alors âgée de 10 ans, elle devint la messagère du Cœur Immaculé de Marie lors des apparitions de Notre Dame. Dès lors, sa vie sera un vrai chemin de croix qu’elle supportera par amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en réparation pour les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, pour le Pape et pour la conversion des pécheurs.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

LE CONTEXTE HISTORIQUE

Contemplons

Le pape Benoit XV (1854-1922)

Méditons

Comme toutes les apparitions, celles de Fatima se produisent à un moment clé de l’histoire des hommes avec toujours le même but : avertir d’un danger imminent et rappeler le seul moyen de le circonscrire c’est-à-dire le retour à Dieu par la prière et la pénitence.

Nous sommes en 1917 quand Marie apparait sur la Cova da Iria. La première guerre mondiale dure depuis déjà presque trois ans. C’est une guerre meurtrière qui voit l’avènement et l’utilisation d’armes nouvelles comme les mitrailleuses, les armes à gaz, les chars qui permettent les tueries de masse… 1916, l’année avant les apparitions a été particulièrement meurtrière car elle a vu notamment la bataille de Verdun qui a fait plus de 700 000 morts en France soit plus de 70 000 morts pour chacun des dix mois de la bataille. C’est une guerre de tranchée où les soldats sont bombardés en permanence. La première guerre mondiale fera, rappelons-le, 18,6 millions de morts toutes catégories confondues. Le conflit menace de s’enliser encore car les Etats-Unis ont finalement décidé de venir au secours de la France et ont déclaré la guerre à l’Allemagne un mois avant la première apparition de Marie.

Du côté de la Russie, la révolte gronde au sein de la population qui n’en peut plus d’être exploitée, en proie à la famine et à la pauvreté. La société est enlisée dans l’archaïsme et les milieux dirigeants s’opposent violemment à toute idée de réforme. La population, quant à elle, refuse de continuer à être impliquée dans une guerre par laquelle elle ne se sent pas concernée et qui lui impose de lourds sacrifices. Les villes sont remplies d’ouvriers désœuvrés venus des campagnes et les milieux étudiants sont gagnés aux idées révolutionnaires de Karl Marx. La situation sociale est explosive et une étincelle suffirait à mettre le feu à tout le pays.

Au Portugal, la crise économique liée à la guerre s’accompagne de persécution religieuse. Pourtant, contrairement aux attentes du gouvernement ouvertement anticlérical, la ferveur religieuse ne décline pas : au contraire. La persécution, loin d’oblitérer dans le peuple portugais le sentiment religieux, l’a ravivé, au grand désappointement des ennemis de la religion. Les malheurs qui oppriment les portugais, les obligent, comme à toutes les époques de calamités nationales, à lever les yeux vers le ciel, d’où ils attendent le remède à tous leurs maux.

Au plan ecclésial, Benoit XV est devenu pape au moment même où débute la guerre. Refusant de prendre parti dans le conflit et n’appelant qu’à la paix, il se met à dos tous les belligérants. Léon Bloy le rebaptise « Pilate XV » et Clémenceau l’appelle « le pape boche. » Les allemands, quant à eux, le surnomment « le pape français. » Les appels à la paix de Benoit XV ne parviennent que difficilement à se faire entendre dans un contexte où tout le monde est contre lui. Le 1er août 1917, il envoie aux chefs des peuples belligérants une lettre d’exhortation à la paix, réaffirmant la volonté du Saint-Siège de garder « une parfaite impartialité » dans le conflit. Il propose une série de mesures pacifiques comme le désarmement des deux parties, l’abandon de toutes les demandes de réparation et l’évacuation totale de la Belgique et du territoire français. Des propositions qui resteront lettre morte dans les deux camps.

La situation semble donc bloquée sur tous les plans et d’aucune part se lève la lumière de l‘espérance. C’était compter sans l’intervention de Dieu qui choisit le moment où tout semble perdu pour intervenir afin que personne ne puisse dire que le salut vient de qui que ce soit d’autre que de Jésus-Christ lui-même.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

FATIMA : UNE AFFAIRE PUREMENT PRIVEE ?

Contemplons

Notre Dame de Fatima

Méditons

Quelle importance faut-il accorder aux apparitions de Fatima ? Entre fanatisme et rejet arbitraire, essayons de faire le point.

La plupart des contradicteurs des apparitions de Fatima opposent qu’elles sont d’ordre privé et ne concernent que les trois voyants Lucia, Francisco et Jacinta. Ils ajoutent que la Révélation, c’est-à-dire la connaissance que Dieu donne aux hommes de Lui-même est achevée avec le Nouveau Testament et qu’il n’y a rien à lui ajouter. Le Christ est la « Parole unique et définitive donnée à l’humanité. » En lui, Dieu « nous a tout dit à la fois, d’un seul coup (…) et il n’a rien de plus à dire. Car ce qu’il disait par parties aux prophètes, il l’a dit tout entier dans son Fils », assure saint Jean de la Croix. Sur ce dernier point, ils ne peuvent être contredits. Le seul message de salut est celui annoncé par Jésus-Christ et transmis par les apôtres sur son ordre. Saint Paul nous met d’ailleurs en garde contre tous ceux qui voudraient l’arranger à leur façon : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous avons prêché, qu’il soit anathème » (Galates 1, 8).

Les apparitions de Fatima ne prétendent pas amener quoi que ce soit mais nous renvoient, et avec quelle urgence, à la Révélation de Jésus-Christ. Elles n’ont d’autre but que de nous rappeler que Jésus-Christ est le seul Sauveur et qu’il est vain d’attendre le salut de qui que ce soit d’autre ; à s’éloigner de Jésus-Christ, on ne récolte que la mort et la désolation. Si Marie apparait à Fatima, c’est pour nous dire que Dieu a compassion du monde et qu’il lui offre encore une ultime planche de salut. Aussi, les apparitions ne sont qu’un simple remake des Noces de Cana où Marie dit aux serviteurs : « faites tout ce que Jésus vous dira. » Marie, nous rappelle, dans un monde ravagé par la guerre, que le salut ne peut venir que de Dieu, de Jésus-Christ, le prince de la paix. Durant toutes les apparitions, Marie ne lance aucune nouvelle doctrine mais rappelle les enseignements fondamentaux de l’Eglise catholique, apostolique et romaine notamment sur l’Eucharistie, la dévotion mariale, le péché, la nécessité de la pénitence, les fins dernières, le ciel, le purgatoire, l’enfer. Les apparitions sont inattaquables sur le plan théologique.

Concernent-elles uniquement les voyants ? Pour le savoir, faisons le tour des points abordés par Notre Dame au cours de ses apparitions.

A chacune de ses apparitions, Marie demande qu’on dise le chapelet pour implorer la paix : la guerre est mondiale et fera 18,6 millions de victimes dont 8,9 millions de civils. La guerre ne concerne pas que les trois pastoureaux qui ont le bonheur, là où ils sont, d’être à peu près épargnés par les conséquences tragiques du conflit. Les Etats-Unis sont entrés en guerre, il y a juste un peu plus d’un mois au moment de la première apparition ; le conflit menace donc de s’enliser.

Marie demande que la Russie soit consacrée à son Cœur Immaculée par le Pape collégialement avec tous les évêques du monde. C’est donc toute l’Eglise qui est concernée.

Si cette demande n’est pas accomplie, la Russie répandra ses erreurs provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise : le socialisme à la russe fera d’innombrables victimes notamment parmi les chrétiens, et le marxisme se dresse aujourd’hui encore comme un ennemi du christianisme.

« Beaucoup vont en enfer parce que personne ne prie pour eux. » C’est toute l’Eglise, c’est chacun de nous qui est concerné par la perte éternelle des âmes.

« Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » On ne saurait être plus clair : Dieu attend une réponse personnelle de chaque âme car c’est le monde entier qui est appelé à accomplir la volonté explicite de Dieu qui est d’adopter la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

Enfin, le grand miracle d’octobre, annoncé, promis par Marie, la danse du soleil, se fera en présence d’au moins 30 000 personnes (certains journaux iront jusqu’à parler de 100 000 personnes) ; c’est dire que le message de Marie dépasse la sphère des enfants et s’adresse au monde entier et à chaque âme en particulier.

Le message de Fatima, même s’il est à classer parmi les révélations privées, n’a rien de privé dans le sens où il ne concernerait qu’un tout petit nombre de personnes directement impliquées. Au contraire, il s’impose à chacun d’entre nous avec une particulière urgence, urgence qui n’a cessé de croitre avec le temps. Un siècle plus tard, les demandes de Notre Dame ne sont toujours pas accomplies. Déclarer ne pas se sentir concerné par le message de Fatima, c’est affirmer ne pas se soucier de la paix dans le monde, de la perte des âmes, de l’amour dû à notre mère, de la gloire due à Dieu. Et dans ce cas, demandons-nous si nous ne sommes pas tout particulièrement concernés par ce message qui en cent ans n’a pas pris une ride.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas.

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de votre très cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son très saint Cœur unis aux mérites du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion de tous les pauvres pécheurs.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les agonisants.

Bienheureux Francisco et Jacinta Marto, priez pour nous.

Chère sœur Lucie, priez pour nous.

Tous les saints, tous les anges, tous les esprits bienheureux, priez pour nous.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

L’ATTENTE DU SAMEDI-SAINT

Contemplons

Ecoutons

C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit. (Luc 23, 54-56)

Méditons

Le calme est revenu. La vie commence à reprendre son cours. Les habitants de Jérusalem sont encore sous le choc du tremblement de terre, de l’obscurité… Ils constatent dans la stupéfaction les dégâts sur la ville… Tous ces événements ont interrompu les rites dans le temple… le sacrifice des agneaux notamment… Si bien que peu de familles ont eu l’occasion de consommer l’agneau pascal…

Le corps de Jésus est dans le tombeau. Marie, Jean, Madeleine et les autres femmes ont quitté le jardin du sépulcre pour rejoindre la ville. Pour tous, excepté Marie, l’histoire de Jésus, l’histoire avec Jésus, s‘arrête là. La preuve est que les disciples d’Emmaüs s’apprêtent à quitter Jérusalem pour retourner dans leur pays. Jésus est mort et personne, excepté Marie, ne croit, ni même ne songe, qu’il pourrait ressusciter. Les apôtres sont encore traumatisés : l’épreuve de la Passion les a anéantis et ils sont rongés par le remord d’avoir, dans leur lâcheté, abandonné Jésus. Honteux, ils n’osent aller rejoindre le petit groupe de ceux qui sont restés fidèles pour leur faire part de leur repentir…  La mort de Jésus semble signer la fin d’une belle aventure…

Que fait Marie en ce samedi-saint ? Les Evangiles ne le disent pas mais ce n’est pas difficile à deviner. Elle lutte pour garder la foi, l’espérance et la charité. En ce samedi-saint, Marie est la figure de l’Eglise qui attend l’aube de la résurrection, qui guette dans l’anxiété le retour de l’époux. Elle lutte contre les tentations de désespoir que Satan murmure à son Cœur. N’oublions pas que si Marie a été préservée des conséquences du péché originel, elle n’a cependant pas été prémunie contre les tentations. Le mérite de Marie n’est pas à chercher dans ce qu’elle a reçu mais dans ce qu’elle a fait de tout ce dont elle a été comblée. Parce qu’elle est l’Immaculée, Satan s’est déchainé sur elle avec une violence à la hauteur de tous les dons reçus. Pendant tout ce samedi, elle repasse dans son Cœur les paroles de Jésus concernant sa résurrection. Elle les connait toutes car elle les a gardées, les méditant sans cesse dans son Cœur. Elle repasse dans son esprit toutes les prophéties pour y scruter les références à la prochaine résurrection du Messie. Elle prie comme jamais elle n’a prié, non pas pour obtenir de Dieu que son Fils ressuscite mais pour obtenir de Lui que ni elle, ni les apôtres ne vacillent dans leur foi, qu’ils gardent l’espérance.

Elle a accueilli tous les apôtres, qui les uns après les autres sont venus la trouver pour donner libre cours à leur douleur. Comme des enfants qui ont fait une bêtise, elle les recueille, les console, leur rappelle les paroles de Jésus, les engageant, comme elle, à pardonner et à croire en la promesse du Christ de ressusciter au bout du troisième jour. Très probablement, elle demande à Jean, ou aux femmes héroïques qui sont restées avec elle, d’aller chercher ceux des apôtres qui n’osent pas venir d’eux-mêmes. Quelle douleur pour Marie, lorsqu’elle apprend que Judas s’est donné la mort… S’il était venu à elle, elle l’aurait assuré du pardon de Jésus… Elle l’aurait même, elle-même, recommandé à lui… Marie est la Mère de l’Eglise qui en ce samedi-saint remplit sa mission de veiller sur la foi, l’espérance et la charité de tous ses enfants en attendant le retour dans la gloire de Jésus.

L’attente du samedi-saint se prolonge pour l’Eglise jusqu’à la fin du monde. En effet, nous sommes dans l’attente du retour en gloire de Jésus dans son deuxième avènement. En attendant son retour, nous vivons de la foi en sa présence vivante et agissante dans un monde qui nous est de plus en plus hostile. Notre esprit est inquiet car il semble tarder et notre cœur ne parvient pas à trouver la paix car il a l’air de ne pas répondre à nos prières. Comme à Marie, Satan ne cesse de nous suggérer des pensées de désespoir, à nous faire croire que notre attente est vaine, que notre foi est sans fondement. Aussi, plus que jamais, nous avons besoin de nous imprégner de l’exemple de Marie en ce samedi-saint, de nous blottir contre elle et de nous confier à sa puissante intercession.

Marie a préparé les apôtres, les disciples au retour de Jésus le matin de pâques. Ce n’est pas un hasard si le jour de la résurrection, les apôtres sont tous réunis au cénacle : c’est parce que Marie les y a rassemblés autour d’elle pour les soutenir dans la foi, l’espérance et la charité. Elle saura aussi nous préparer à la rencontre avec le Christ que ce soit le jour de notre mort ou de son retour dans la gloire. Aussi, confions-nous à elle, car elle seule connait les chemins de Dieu ; et pour cause, elle les a expérimentés pour nous. Amen. Marana tha.

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le tombeau du Christ à Jérusalem

LE SEPULCRE

Contemplons

Ecoutons

Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. (Matthieu 27, 59-60)

Méditons

Jésus n’a pas eu de sépulture à proprement parler parce que tout a été fait dans la hâte et que rien n’était prévu pour cela : tous les rites prévus n’ont pu être accomplis. Voilà les choses quand on les regarde à notre hauteur.

Lorsqu’on élève son regard au niveau de celui de Jésus, on voit les choses différemment. Il ne s’agit plus alors d’ensevelir un corps voué à la corruption mais de tout disposer pour la résurrection à venir. En mourant sur la Croix après avoir accompli la volonté de Dieu en tout point, Jésus est déjà victorieux et dans sa mort, la résurrection est déjà en germination. « Jésus, s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » nous dit saint Paul. A présent, le Père « va souverainement l’élever et lui donner le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers et que toute langue proclame que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2, 9-11).

La mort de Jésus intervient au soir du sixième jour. Le lendemain, c’est le sabbat qui commémore le jour où Dieu s’est reposé de toute l’œuvre qu’il a accomplie (Genèse 2, 3). Par sa Passion, Jésus a régénéré toute la création déchue en la libérant de l’esclavage du péché. Comme pour la première création, le septième jour, il va se reposer de toute l’œuvre qu’il a accomplie. Il ne s’agit donc pas d’ensevelir un corps mais de lui ménager un endroit pour se reposer de toute son œuvre de création nouvelle en attendant l’aube du premier jour de l’ère nouvelle.

La nuit du passage de l’ange exterminateur sur le pays d’Egypte, Moïse ordonna aux enfants d’Israël de manger l’agneau pascal debout, à la hâte et de se tenir prêt à quitter le pays qui les tenait en esclavage (Exode 12, 11). Le soir du vendredi-saint, Jésus réalise ce que figuraient les consignes de Moïse : il est l’agneau de Dieu qui a été immolé pour notre pâque à nous. Dans moins de deux jours, il s’en reviendra des enfers pour nous emmener à travers la mer rouge vers la terre promise où coulent le lait et le miel, où nous gouterons la liberté des enfants de Dieu. Point n’est donc besoin de s’attarder en rites funéraires qui n’ont pas lieu d’être pour celui qui est le maître de la vie.

Malgré la hâte, Joseph d’Arimathie et les disciples qui ont suivi Jésus jusque sur le Calvaire, mettent un soin religieux à ensevelir dignement le corps du Seigneur. C’est Joseph d’Arimathie qui offre à Jésus son propre sépulcre, une tombe qui n’avait jamais servi. Il offre aussi un suaire immaculé et les aromates qui servent à rendre à Jésus les derniers hommages. Joseph d’Arimathie est âgé et a déjà pris toutes les dispositions utiles pour sa mort. En cédant son tombeau et tout le nécessaire à son propre ensevelissement, il s’expose à ne pas en avoir lui-même si la mort venait à le frapper. Or, par ces dons, Joseph d’Arimathie nous fait savoir qu’il a mis sa foi en Jésus dont il croit qu’il est effectivement le Fils de Dieu fondé à dire : « je suis la résurrection et la vie. » Joseph marque aussi sa rupture avec l’ancienne alliance : le salut ne se trouve plus dans des rites mais dans une personne et cette personne, c’est Jésus-Christ.

Jésus a reçu les plus beaux hommages funèbres de son vivant. Rappelez-vous : six jours avant la pâque, Marie-Madeleine a versé sur les pieds de Jésus un parfum de grande valeur et ce geste avait été agréé par le Seigneur : « laisse-la observer cet usage en vue de mon ensevelissement ! » dit-il à Judas qui récrimine, « … moi, vous ne m’aurez pas toujours » (Jean 12, 7-8).  Et l’Evangéliste précise : « la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum »  (Jean 12, 3) ce qui nous renseigne tant sur l’intensité de l’amour repentant de Marie-Madeleine, que sur la dilection avec laquelle Jésus accueille son geste. Jésus montre ainsi que point n’est besoin de vouloir conjurer la mort par des rites ; lui, il en est vainqueur et celui qui meurt en lui, vivra éternellement.

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le tombeau du Christ à Jérusalem.

LA PIETA

Contemplons

Ecoutons

« Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère: « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » » (Luc 2, 34-35)

Méditons

La séquence Stabat Mater nous fait chanter : « Quel homme, sans verser de pleurs, verrait la Mère du Seigneur, endurer si grand supplice ? Qui pourrait, dans l’indifférence, contempler en cette souffrance la Mère auprès de son Fils ? » Quelle image peut davantage susciter la compassion que celle d’une mère portant sur ses genoux le cadavre horriblement mutilé de son enfant. Quelle que soit la mère, nous sommes touchés par sa souffrance. Mais quelle émotion lorsqu’il s’agit de la Mère de Dieu qui tient dans ses bras le corps sans vie du plus aimant et du plus innocent de tous les fils.

Jésus est l’agneau de Dieu qui a donné sa vie en rançon pour nous tous. Il est l’agneau sans tache et sans défaut qui a été sacrifié pour notre pâque. Si en Jésus nous voyons celui qui s’est donné pour nous, en Marie, nous voyons celle qui nous l’a donné à deux reprises, d’abord en lui donnant la vie, puis en lui donnant de donner sa vie pour nous. Si Jésus est l’agneau sacrifié, Marie est une Mère sacrifiée qui accepte de donner la vie du meilleur de ses fils pour que tous ses frères aient la vie et qu’ils l’aient en plénitude.

Le nom « Marie » a plusieurs étymologies dont « mer d’amertume.  » L’un des titres de gloire sous lesquels on invoque la Mère de Dieu dans les litanies de Lorette est « reine des martyrs. » Oui, personne n’a plus souffert que Marie parce que personne n’avait un cœur plus pur. Et plus un cœur est rempli de Dieu, plus il est sensible à la détresse humaine. Marie ne pouvait que souffrir au-delà de toute mesure du sacrifice de celui qui est tout autant son Fils que son Dieu. Chaque martyr est représenté avec l’instrument de son supplice. Marie est la seule dont l’instrument du martyr est Jésus lui-même. Elle n’a pas versé son sang, comme les martyrs, mais dans son âme, elle a ressenti toutes douleurs et les souffrances de Jésus. Et parce que son amour pour Jésus était total, elle s’est entièrement donnée avec Lui, ne cherchant pas à épargner sa douleur. Si le coup de lance de Longin a ouvert le Cœur Sacré de Jésus pour en libérer des forces de vie pour nous, il nous a en même temps ouvert le Cœur de Marie pour en libérer des torrents de compassion pour nous, pauvres pécheurs.

En Marie, tenant dans ses bras, le corps inanimé de Jésus, nous contemplons l’Eglise qui enlace son époux crucifié qui a donné sa vie pour elle. Marie n’est à aucun moment concentrée sur sa douleur car elle tire sa force du don de Jésus. Sans cesse, elle contemple les plaies du Sauveur pour y voir les trophées de son amour victorieux et nourrir en elle l’espérance de la résurrection. En contemplant Jésus mort, dans ses bras, Marie ne voit pas une exhortation à la revanche, à la vengeance mais une invitation à accueillir les fruits de rédemption conquis par Jésus et à prendre au sérieux son message de conversion du cœur. En recevant Jésus dans ses bras, sur ses genoux, sur son Cœur, Marie accepte l’invitation de Jésus à se laisser sauver par Lui. En nous montrant Jésus et en nous le tendant, elle nous invite à faire comme elle et à nous laisser sauver par lui. Rien ne saurait être pire que de laisser le sacrifice de Jésus sans réponse de notre part.

A côté, de Jésus souffrant, le bon peuple de Dieu a toujours voulu contempler Marie, celle qui a souffert pour et par Jésus trouvant en elle  l’expression la plus accomplie de la réponse de l’Eglise au don d’amour de Jésus. Dans ce sens, saint François-Xavier a souvent répété : « J’ai trouvé le peuple rebelle à l’évangile chaque fois qu’à côté de la Croix de Jésus, j’ai omis de montrer l’image de sa Mère. »

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le suaire d’Oviedo est un linge qui a été appliqué sur le visage lorsqu’il a été déposé dans le sépulcre. Ce linge était lui-même recouvert par le saint suaire de Turin. Des études révèlent des similitudes entre les deux reliques.

JOSEPH D’ARIMATHIE

Contemplons

Ecoutons

Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. (Luc 23, 50-52)

Méditons

Dans la Passion du Christ, rien n’est laissé au hasard et tout ce que le Christ accomplit, il le fait conformément à un rituel prévu, annoncé par les prophéties. Aussi, peut-on légitimement penser que le nom de celui qui réclame le corps de Jésus pour lui fournir la sépulture et les derniers hommages, n’est pas dû au hasard mais tout à fait providentiel. Il s’appelle Joseph, comme s’appelait celui qui en ce monde a servi de père nourricier à Jésus.

Pendant toute sa vie, saint Joseph a veillé sur le corps de Jésus en lui fournissant nourriture, vêtements, logis, protection. Ce que saint Joseph a fait pour Jésus dans son enfance, Joseph d’Arimathie le fait pour le cadavre de Jésus : il le sauve de ses ennemis, l’enduit d’aloès et de myrrhe, l’enveloppe d’un linceul, le dépose dans un sépulcre neuf, le mettant à l’abri de la profanation.

Joseph d’Arimathie révèle les mêmes qualités que saint Joseph. En effet, membre du Sanhédrin qui a orchestré la condamnation de Jésus, il prend sur lui de réclamer le corps de Jésus à Pilate se déclarant ainsi ouvertement disciple du Christ. Saint Luc précise même qu’il n’avait pas consenti à la condamnation de Jésus, qu’il attendait le règne de Dieu, ce que saint Marc prend la peine de préciser aussi (Marc 15, 43) soulignant ainsi qu’il était ouvert à la grâce qui était ainsi en mesure de l’atteindre et de faire son œuvre en lui. Comme son homologue, Joseph d’Arimathie a mis sa foi de manière irrévocable dans le Christ. Comme pour son homologue, il est un homme courageux car il n’hésite pas à aller trouver Pilate pour réclamer le corps de Jésus dans des circonstances qui pourraient lui faire craindre pour sa propre vie. Comme son homologue, sa charité se manifeste dans sa promptitude à pourvoir aux besoins de ceux qui lui sont confiés. Ce qui est à noter surtout, c’est que pour décrire Joseph d’Arimathie, saint Luc reprend les mêmes mots que ceux qu’il emploie pour décrire saint Joseph : il était juste, c’était un homme de bien, ce qui dans son langage implique qu’il illustrait déjà les vertus proprement chrétiennes.

Saint Joseph n’est plus de ce monde au moment de la Passion de Jésus. Il n’a pas eu, comme Marie, à se tenir debout au pied de la croix. Cela ne signifie pourtant pas qu’il n’a pas eu sa part de la Passion de Jésus. La vénérable Jeanne-Marie de la Croix (1603-1673) nous dit qu’il fut accordé à Joseph, comme aux stigmatisés, de sentir, d’une manière mystique, toutes les peines de la Passion. Le glaive de douleurs qui, toute sa vie, a transpercé le Cœur Immaculé de Marie a transpercé en même temps le cœur aimant de son chaste époux. Joseph, dont la vie a été toute donnée à Jésus et Marie aurait voulu être là au moment où les deux personnes qu’il aimait le plus ont tant à souffrir. La providence ne l’a pas voulu. Mais son désir a tout de même été exaucé car de personne d’autres que d’un Joseph, Jésus n’a voulu recevoir les derniers soins paternels et à personne d’autre qu’à un Joseph, Marie n’a voulu confier le corps de son Jésus.

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le saint suaire de Turin dans lequel, le corps du Christ était enveloppé dans le sépulcre.

LE COTE TRANSPERCE

Contemplons

Ecoutons

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. (Jean 19, 31-37)

Méditons

Jean est resté, avec Marie, auprès de Jésus jusqu’à sa mort. Il l’a vu mourir. Il l’a vu rendre son dernier souffle. Il a vu le soldat lui ouvrir le côté. Il a vu s’en échapper tout ce qui restait de vie en lui. Il a vu que tout ce qui aurait pu permettre au corps de Jésus de réenclencher les processus vitaux, a quitté son corps. Il n’y a aucun doute sur le fait que Jésus est bel et bien mort et que rien, humainement, ne permet plus de le ramener à la vie. L’apôtre est formel. Aussi insiste-t-il : « Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. » Ce témoignage de Jean est capital car il permet de contrer tous ceux qui pourraient prétendre que Jésus n’est pas mort mais qu’il a été décroché de la croix et soigné, que par conséquent, il n’est pas ressuscité. Or, tel n’est pas le cas et Jean, qui a été présent jusqu’au bout et a vu Jésus rendre son dernier souffle, a constaté de la manière la plus formelle qui soit que Jésus, le Christ, est physiquement mort. Et il n’est pas le seul : les soldats aussi ont constaté la mort de Jésus, eux qui ne lui ont pas brisé les jambes mais lui ont percé le côté.

La crucifixion est une mort cruelle qui peut n’intervenir qu’après une très longue agonie. Aussi, briser les jambes des crucifiés constitue un acte de miséricorde. Une fois brisées, les crucifiés ne peuvent plus se redresser sur la croix en s’appuyant sur leurs jambes pour respirer et finissent par mourir étouffés. Ce sera le lot de Dismas et de Gesmas. Par contre, on ne brise pas les jambes de Jésus car il est déjà mort. En cela encore, Jésus accomplit pleinement les prophéties. En effet, Jésus est l’agneau de Dieu, celui de la pâque nouvelle à qui, conformément aux ordres donnés par l’Eternel à Moïse, aucun os ne doit être brisé (Exode 12, 47 ; Nombres 9, 12). Afin de vérifier, si les crucifiés sont bien morts, on leur ouvre le côté. Et là aussi, Jésus accomplit la prophétie : « Et ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé » (Zacharie 12, 10).

Le côté de Jésus n’est pas percé mais il est ouvert, non pas pour vérifier que toute vie l’a quitté mais pour laisser la vie, notre vie, s’en échapper. En effet, de ce côté ouvert sortent de l’eau et du sang, symboles des sacrements du baptême et de l’Eucharistie, sacrements par lesquels Jésus nous donne et maintient en nous la vie divine. Dans le désert, les juifs assoiffés prièrent Moise d’intercéder pour eux auprès de Dieu afin qu’il leur procure de l’eau. Dieu dit à Moise de frapper deux fois avec sa verge contre un rocher et de l’eau en abondance s’en échappa. Jésus est le rocher contre lequel nous frappons afin qu’il nous procure les torrents d’eau vive qu’il a promis à la cananéenne. Jésus avait bien dit : « si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi ; qu’il boive celui qui croit en moi » et Jean rajoute : il désignait ainsi l’esprit que devaient recevoir ceux qui croient » (Jean 7, 39).

Saint Jean Chrysostome voit en ce sang et cette eau qui s’épanchent du côté ouvert de Jésus, la naissance de l’Eglise. Il écrit : « J’ai dit que cette eau et ce sang étaient le symbole du baptême et des mystères (l’Eucharistie). Or, l’Eglise est née de ces deux sacrements… Or, les signes du baptême et des mystères sont issus du côté. Par conséquent le Christ a formé l’Eglise à partir de son côté, comme il a formé Eve à partir du côté d’Adam. Aussi saint Paul dit-il : « Nous sommes de sa chair et de ses os » désignant par là le côté du Seigneur. De même en effet que le Seigneur a pris de la chair dans le côté d’Adam pour former la femme, ainsi le Christ nous a donné le sang et l’eau de son côté pour former l’Eglise. Et de même qu’alors il a pris de la chair du côté d’Adam, pendant l’extase de son sommeil, ainsi maintenant nous a-t-il donné le sang et l’eau après sa mort. »

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Le saint suaire de Turin : gros plan sur le visage de Jésus