La prière de Jésus

Contemplons

Le bon Larron, plafond de la chapelle sixtine

Méditons

A l’image des ouvriers de la toute dernière heure, Dismas se convertit sur la croix par l’action intérieure de la grâce. Jésus l’a dit : « nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6, 44). La grâce n’agit cependant pas seule ; elle s’appuie sur un événement déclencheur. Aussi demandons-nous ce qui a bien pu provoquer ce brusque revirement du bon Larron, cette conversation totale.

Les apôtres ont suivi Jésus parce qu’il les a appelés (excepté Judas qui l’a suivi de lui-même !). Saint Mathieu, un publicain, autrement dit un larron en col blanc, s’est converti quand Jésus lui a dit « suis-moi » (Mathieu 19, 9). Zachée s’est converti quand Jésus lui a ordonné de descendre de son sycomore parce qu’il veut manger chez lui (Luc 19, 5).

Jusque-là, Jésus n’a adressé aucune parole personnelle à Dismas. Il n’a jamais entendu les prédications de Jésus, comme Marie-Madeleine, il n’a jamais vu aucun de ses miracles ; sait-il seulement qu’il en a accomplis ? A cette heure le ciel ne s’est pas encore obscurci et la terre n’a pas encore tremblée. Aucun signe ne révèle la véritable identité de Jésus. Dismas sait juste que Jésus dit de lui qu’il est le Fils de Dieu. Et ce dernier élément, il le connait, non parce que Jésus l’a dit en sa présence mais parce que la foule, les pharisiens le lui reprochent et le traitent de blasphémateur. Dismas sait que Jésus se dit le roi des juifs parce que c’est écrit au sommet de la Croix.

En fait, Dismas a vu davantage qu’un miracle : il a vu Jésus, un signe vivant ! En effet, dans toute sa vie, mais plus encore dans sa Passion, Jésus est un signe pour tout homme de bonne volonté. Depuis qu’il a croisé sa route c’est-à-dire depuis le prétoire, Jésus est silencieux, en paix profonde, en communion avec le Père, accomplissant sa volonté, réalisant une à une toutes les prophéties au sujet du Messie, rempli d’amour pour Dieu et les hommes, rendant, même accablé de douleur, le mal pour le bien.

Dismas s’est résolument tourné vers Jésus lorsqu’il prononce les paroles : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Autrement dit, la conversion de Dismas n’intervient pas suite à une parole personnelle mais en entendant la prière que Jésus adresse au Père et dans laquelle il se sent inclus. Il est ébranlé par la demande de pardon de Jésus pour tous ses tortionnaires. Il comprend à présent que Jésus est vraiment ce qu’il dit car, s’il était comme nous, il demanderait au Père, non pas de gracier cette plèbe mais de la foudroyer à l’instant.

Parce que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, Dismas comprend que le Père exaucera sa prière et que pour lui rien n’est donc perdu. Il ne peut rien revendiquer de Dieu en s’appuyant sur un quelconque mérite de sa part car il est un immonde pécheur coupable d’une multitude d’iniquités. Mais il lui reste la possibilité de s’adresser à Jésus qui est le Fils du Tout-puissant, qui intervient auprès de lui pour en obtenir le pardon des pécheurs. Il comprend qu’il est lui aussi la cause de la Passion de Jésus, l’objet et le bénéficiaire de sa prière au Père qui l’exaucera pour l’amour de son Fils.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

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