Sainte Jeanne Françoise de Chantal

Jeanne-Françoise Frémyot, baronne de Chantal (23 janvier 1572 – 13 décembre 1641) a fondé, une fois veuve et dégagée de ses obligations familiales, l’ordre de la Visitation avec l’aide de saint François de Sales, ordre duquel est issu sainte Marguerite-Marie Alacoque, la voyante de Paray-le-Monial. Elle a été canonisée le 16 juillet 1767. Sainte Jeanne de Chantal, qui a eu six enfants est, entre autre, la grand-mère de la marquise de Sévigné au moins aussi célèbre qu’elle mais pas pour les mêmes raisons.

Son enseignement sur saint Joseph

« Etant si dévote à la sainte Vierge, elle l’était par une conséquence infaillible à son chaste époux saint Joseph ; aussi, avons-nous trouvé en écrit que, lorsqu’elle en parlait à notre bienheureux Père, elle disait : « ce cher Saint que notre cœur aime. » Cette bien­heureuse mère entra et nous fit entrer dans l’association de saint Joseph, et avait grand soin que les seconds dimanches du mois, l’on fit la sainte communion et la procession à l’honneur de saint Joseph ; elle avait une pe­tite image de Jésus, Marie, Joseph, qu’elle portait en ses règles ; nous la montrant une fois, elle dit : « tous les jours, lorsque je com­mence notre lecture, je baise les pieds à Jésus, Marie, Joseph. »

Elle allait tous les jours sans y manquer, prier devant le tableau de saint Joseph, qui est au-dessus de l’autel du chapitre ; la veille du jour qu’elle partit pour aller en Piémont, en l’année 1638, une sœur alla l’attendre au chapitre, et la pria de lui dire quelles prières elle faisait tous les jours devant ce ta­bleau, afin que, pendant son absence, elle les vint faire tous les jours en sa place ; cette sainte en témoigna grande joie, et lui dit : « Ma fille, je vous en prie, venez-y pour moi ; j’y vis un Laudate Dominum, omnes gentes, un Ave Maria et un Gloria Patri, pour rendre grâce à la Trinité éternelle de toutes les grandeurs, grâces et privilèges qui ont été donnés à la trinité terrestre, non que je fasse tous les jours des actes nouveaux, mais je les ai faits une fois pour toutes, faites-en ainsi. »

La dernière fois que cette bienheureuse mère vint à notre monastère de Thonon, elle pria une sœur de lui donner la copie d’un can­tique qui avait été composé en l’honneur de saint Joseph, et qu’elle le lui apportât lorsqu’elle monterait en litière, ce que la sœur fit, et cette bienheureuse lui dit agréablement : « grand merci » ajoutant « qu’elle avait envie de faire son voyage avec ce grand Saint. » Elle dit une fois qu’elle avait envie de prier, dans sa lettre commune qu’elle désirait faire et qu’elle n’a pas faite, toutes les supérieures de procurer que chacune de leurs filles eût une image de Jésus, Marie, Joseph, et une de notre bienheureux Père, pour la porter toujours sur elles ; « car, disait-elle, il me semble qu’il « fait si grand bien d’avoir toujours ses bons amis avec soi. »

Une fois, approchant d’un des petits autels des oratoires de la maison, et y voyant une image de saint Joseph tenant le petit Jésus, elle fit encore apporter une image de la sainte Vierge, et dit : « Quand Jésus, Marie et Joseph ne sont pas sur un autel, je n’y trouve pas tout ce que je cherche. »

Quelques-unes de nos sœurs les supérieures ayant écrit à notre bienheureuse mère pour lui demander si elles pouvaient prêter leur église aux associés de Saint-Joseph, pour y prêcher tous les seconds dimanches du mois, et y faire les fonctions de la confrérie ; elle répondit « que oui, et qu’elles devaient tenir à grand honneur et faveur que leur église fût choisie pour honorer celui que Dieu avait tant honoré ; mais qu’elles priassent les prieurs et prieures de l’association de prendre leur temps, en sorte que tant qu’il se pourrait, l’on dit l’office à l’heure ordonnée par la constitution. »

D’ordinaire lorsque l’on parlait de la dévo­tion à la sainte Vierge, à saint Joseph et aux saints, notre bienheureuse mère nous instrui­sait que la dévotion qui leur était le plus agréable, c’était l’imitation, et que la sainte Vierge et les saints avaient plus agréable que l’on fit à leur imitation un acte d’humilité, de support du prochain, d’oubli et renonce­ment de soi-même, que de leur faire de grandes prières vocales. » (Vie, par la mère de Chaugy, IIIème partie, chapitre XI)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Saint François de Sales III

Son enseignement sur saint Joseph

« Mais que de belles vertus à admirer encore en saint Joseph ! Car il fut toujours fort vaillant, constant et persévérant. Il y a beaucoup de diffé­rence entre la constance et la persévérance, la force et la vaillance. Nous appelons un homme constant, lequel se tient ferme et préparé à souffrir les assauts de ses ennemis, sans s’éton­ner ni perdre courage durant le combat ; mais la persévérance regarde principalement un cer­tain ennui intérieur qui nous arrive en la longueur de nos peines, qui est un ennemi aussi puissant que l’on en puisse rencontrer. Or, la persévérance fait que l’homme méprise cet ennemi, en telle sorte qu’il en demeure victorieux par une continuelle égalité et sou­mission à la volonté de Dieu. La force, c’est ce qui fait que l’homme résiste puissamment aux attaques de ses ennemis ; mais la vaillance est une vertu qui fait que l’on ne se tient pas seulement prêt pour combattre, ni pour ré­sister quand l’occasion s’en présente, mais que l’on attaque l’ennemi à l’heure même qu’il ne dit mot. Or, notre glorieux saint Joseph fut doué de toutes ces vertus, et les exerça merveilleusement bien. Pour ce qui est de sa cons­tance, combien, je vous prie, la fit-il paraitre, lorsque voyant Notre-Dame enceinte, et ne sachant point comment cela se pouvait faire (mon Dieu ! quelle détresse ! quel ennui ! quelle peine d’esprit n’avait-il pas !) ; néanmoins, il ne se plaint point, il n’en est point plus rude, ni plus malgracieux envers son épouse, il ne la maltraite point pour cela, demeurant aussi doux et aussi respectueux en­vers elle que de coutume. Mais quelle vail­lance et quelle force ne témoigne pas la victoire qu’il remporta sur les deux plus grands enne­mis de l’homme, le diable et le monde ? Et cela par la pratique exacte d’une très parfaite hu­milité, comme nous avons remarqué en tout le cours de sa vie. Le diable est tellement ennemi de l’humilité, parce que manque de l’avoir il fut déchassé du ciel et précipité aux en­fers, qu’il n’y a invention ni artifice duquel il ne se serve pour faire déchoir l’homme de cette vertu, et d’autant plus qu’il sait que c’est une vertu qui le rend infiniment agréable à Dieu ; si que nous pouvons bien dire : Vaillant et fort est l’homme qui, comme saint Joseph, persévère dans l’humilité, parce qu’il de­meure tout ensemble vainqueur du diable et du monde, qui est rempli d’ambition, de va­nité et d’orgueil.

Quant à la persévérance, contraire à cet en­nemi intérieur, qui est l’ennui qui nous sur­vient en la continuation des choses abjectes, humiliantes, pénibles, des mauvaises fortunes, s’il faut ainsi dire, ou dans les divers accidents qui nous arrivent ; ô combien ce saint fut éprouvé de Dieu et des hommes mêmes en son voyage ! L’ange lui commande de partir promp­tement, et de mener Notre-Dame et son Fils très cher en Egypte ; le voilà que soudain il part sans dire mot : il ne s’enquiert pas, où irai-je ? Quel chemin tiendrai-je ? De quoi nous nourrirons-nous ? Qui nous recevra ? Il part d’aventure avec ses outils sur son dos, afin de gagner sa pauvre vie et celle de sa famille à la sueur de son visage. 0 combien cet ennui dont nous parlons le devait presser, vu mêmement que l’ange ne lui avait point dit le temps qu’il y devait être ; si qu’il ne pouvait s’établir nulle demeure assurée, ne sachant quand l’ange lui commanderait de s’en retourner ! Si saint Paul a tant admiré l’obéissance d’Abraham, lorsque Dieu lui commanda de sortir de sa terre, d’au­tant que Dieu ne lui dit pas de quel côté il irait, et qu’Abraham se garda bien de lui de­mander : « Seigneur, vous me dites que je sorte ; mais dites-moi donc si ce sera par la porte du midi ou du côté de la bise ; mais il se mit en chemin, et allait selon que l’esprit de Dieu le conduisait. » Combien est admirable cette par­faite obéissance de saint Joseph ! Lange ne lui dit point jusques à quand il demeurerait en Egypte, et il ne s’en enquiert pas ; il y demeura l’espace de cinq ans, comme la plupart croient, sans qu’il s’informât de son retour, s’assurant que celui qui avait commandé qu’il y allât, lui commanderait derechef quand il s’en faudrait retourner ; à quoi il était toujours prêt d’obéir. Il était en une terre non seulement étrangère, mais ennemie des Israélites ; d’autant que les Egyptiens se ressentaient encore de quoi ils les avaient quittés, et avaient été cause qu’une grande partie des Egyptiens avait été submer­gée lorsqu’ils les poursuivaient. Je vous laisse à penser quel désir devait avoir saint Joseph de s’en retourner, à cause des continuelles craintes qu’il pouvait avoir parmi les Egyp­tiens. L’ennui de ne savoir quand il en sorti­rait, devait, sans doute, grandement affliger et tourmenter son pauvre cœur ; néanmoins il demeure toujours lui-même, toujours doux, tranquille et persévérant en sa soumission au bon plaisir de Dieu, auquel il se laissait plei­nement conduire ; car comme il était juste, il avait toujours sa volonté ajustée, jointe et con­forme à celle de Dieu. Être juste n’est autre chose qu’être parfaitement uni à la volonté de Dieu, et y être toujours conforme en toutes sortes d’événements soit prospères, soit adver­ses. Que saint Joseph ait été en toutes occa­sions toujours parfaitement soumis à la divine volonté, nul n’en peut douter ; et ne le voyez‑vous pas ? Regardez comment l’ange le tourne à toutes mains ; il lui dit qu’il faut aller en Egypte, il y va ; il commande qu’il revienne, il s’en revient ; Dieu veut qu’il soit toujours pauvre, qui est une des plus puissantes épreuves qu’il nous puisse faire, et il s’y sou­met amoureusement, et non pas pour un temps, car ce fut toute sa vie ; mais de quelle pau­vreté ? D’une pauvreté méprisée, rejetée et nécessiteuse. La pauvreté volontaire dont les re­ligieux font profession est fort aimable, d’autant qu’elle n’empêche pas qu’ils ne reçoivent et prennent les choses nécessaires, défendant et les privant seulement des superfluités ; mais la pauvreté de saint Joseph, de Notre Seigneur et de Notre Dame n’était pas telle ; car encore qu’elle fût volontaire, d’autant qu’il l’aimait chèrement, elle ne laissait pas pourtant d’être abjecte, rejetée, méprisée et nécessiteuse gran­dement ; car chacun tenait ce grand Saint comme un pauvre charpentier, lequel sans doute ne pouvait pas tant faire, qu’il ne leur manquât plusieurs choses nécessaires, bien qu’il se peinât avec une affection non pareille pour l’entretien de toute sa petite famille, après quoi il se soumettait très humblement à la vo­lonté de Dieu en la continuation de sa pau­vreté et de son abjection, sans se laisser aucu­nement vaincre ni terrasser par l’ennui intérieur, lequel sans doute lui faisait maintes attaques. Mais il demeurait toujours constant en la soumission, laquelle (comme toutes ses autres vertus) allait continuellement croissant et se perfectionnant ; ainsi que de Notre Dame, laquelle gagnait chaque jour un surcroît de vertus et de perfection qu’elle prenait en son Fils très saint ; lequel ne pouvant croître en aucune chose, d’autant qu’il fut dès l’instant de sa conception tel qu’il est et sera éternelle­ment, faisait que la sainte famille en laquelle il était, allait toujours croissant et avançant en perfection, Notre Dame tirant sa perfection de sa divine bonté, et saint Joseph la recevant (comme nous l’avons déjà dit) par l’entremise de Notre Dame.

Que nous reste-t-il plus à dire maintenant, sinon que nous ne devons nullement douter que ce glorieux Saint n’ait beaucoup de crédit dans le ciel, auprès de Celui qui l’a tant favo­risé que de l’y élever en corps et en âme ; ce qui est d’autant plus probable que nous n’en avons nulle relique ici-bas sur la terre ; et il me semble que nul ne peut douter de cette vé­rité : car comment eût pu refuser cette grâce à saint Joseph Celui qui lui avait été si obéissant tout le temps de sa vie ? Sans doute que lors­que Notre Seigneur descendit aux limbes, saint Joseph lui parla de la sorte : « Seigneur, ressouvenez-vous, s’il vous plaît, que quand vous vîntes du ciel en terre, je vous reçus en ma maison, en ma famille, et que dès que vous fûtes né, je vous reçus entre mes bras : maintenant que vous devez aller au ciel, conduisez-moi avec vous : je vous reçus en ma famille, recevez-moi maintenant en la vôtre, puisque vous y allez ; je vous ai porté entre mes bras, maintenant prenez-moi sur les vôtres ; et comme j’ai eu soin de vous nourrir et conduire durant le cours de votre vie mortelle, prenez soin de moi et de me con­duire en la vie immortelle. » Et s’il est vrai, ce que nous devons croire, qu’en vertu du très saint sacrement que nous recevons, nos corps ressusciteront au jour du jugement, comment pourrions-nous douter que Notre Seigneur ne fit monter avec lui au ciel, en corps et en âme, le glorieux saint Joseph, qui avait eu l’honneur et la grâce de le porter si souvent entre ses bénis bras : bras auxquels Notre Seigneur se plaisait tant. 0 combien de baisers lui donnait-il fort tendrement de sa bénite bouche pour récompenser en quelque façon son travail ! Saint Joseph donc est au ciel en corps et en âme ; c’est sans doute. 0 combien serons-nous heureux si nous pouvons mériter d’avoir part en ses saintes intercessions ! car rien ne lui sera refusé, ni de Notre-Dame ni de son Fils glorieux : il nous obtiendra, si nous avons confiance en lui, un saint accrois­sement en toutes sortes de vertus ; mais spécialement en celles que nous avons trouvé qu’il avait en plus haut degré que toutes autres, qui sont la très sainte pureté de corps et d’esprit, la très aimable vertu d’humilité, la constance, vaillance et persévérance ; vertus qui nous rendront victorieux en cette vie de nos enne­mis, et qui nous feront mériter la grâce d’aller jouir, en la vie éternelle, des récompenses qui sont préparées à ceux qui imiteront l’exemple que saint Joseph leur a donné étant en cette vie ; récompense qui ne sera rien moins que la félicité éternelle, en laquelle nous jouirons de la claire vision du Père, du Fils et du Saint­-Esprit. Dieu soit béni. »

(Entretien XIXème sur les vertus de saint Joseph)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Saint François de Sales III

Son enseignement sur saint Joseph

« On ne peut quasi pas bonnement douter que le grand saint Joseph ne fût trépassé avant la passion et mort du Sauveur, qui sans cela n’eût pas recommandé sa mère à saint Jean. Et comment pourrait-on donc imaginer que le cher enfant de son cœur, son nourrisson bien-aimé, ne l’assistât à l’heure de son passage ? Bienheureux sont les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Hélas ! Combien de douceur, de charité et de miséricorde furent exercées par ce bon père nourricier envers le Sauveur, lorsqu’il naquit petit enfant au monde. Et qui pourrait donc croire que sortant de ce monde, ce divin Fils ne lui rendit la pareille au centuple, le comblant de sua­vités célestes ? Quand le Sauveur était encore petit, le grand Joseph, son père nourricier, et la très glorieuse Vierge sa Mère l’avaient porté maintes fois, et spécialement au passage qu’ils firent de Judée en Egypte et d’Egypte en Judée. Hé ! qui doutera donc que ce saint père, par­venu à la fin de ses jours, n’ait réciproquement été porté par son divin nourrisson, au passage de ce monde en l’autre, dans le sein d’A­braham, pour de là le transporter dans le sien à la gloire, le jour de son ascension ? Un saint qui avait tant aimé dans sa vie ne pouvait mourir que d’amour, car son âme ne pouvant à souhait aimer son cher Jésus entre les dis­tractions de cette vie, et ayant achevé le ser­vice qui était requis au bas âge d’icelui, que restait-il, sinon qu’il dit au Père éternel : « 0 Père, j’ai accompli l’œuvre que vous m’aviez donnée en charge » ; et puis au Fils : « 0 mon Enfant, comme votre Père céleste remit votre corps entre mes mains au jour de votre venue en ce monde, ainsi en ce jour de mon départ de ce monde, je remets mon esprit entre les vôtres. » Telle, comme je pense, fut la mort de ce grand patriarche, homme choisi pour faire les plus tendres et amoureux offices qui furent ni seront jamais faits en l’endroit du Fils de Dieu, après ceux qui furent pratiqués par sa céleste épouse, vraie mère naturelle de ce même Fils, de laquelle il est impossible d’imaginer qu’elle soit morte d’autre sorte de mort que de celle d’amour ; mort la plus noble de toutes, et, par conséquent à la plus noble vie qui fut jamais entre les créatures ; mort de laquelle les anges mêmes désireraient de mourir, s’ils étaient capables de mort. »

(Entretien XIXème sur les vertus de saint Joseph)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Saint François de Sales II

Son enseignement sur saint Joseph

« Passons à la seconde vertu qui brille en saint Joseph : je veux dire la très sainte hu­milité.

0 combien ce grand saint fut admirable en cette vertu, il ne se peut dire selon sa perfec­tion ; car, nonobstant ce qu’il était, en quelle pauvreté et en quelle abjection ne vécut-il pas tout le temps de sa vie ! Pauvreté et abjection sous laquelle il tenait cachées et couvertes ses grandes vertus et dignités ; mais quelles digni­tés, mon Dieu d’être gouverneur de Notre-Sei­gneur ! Et non-seulement cela, mais être encore son père putatif ! Mais être époux de sa très sainte Mère ! 0 vraiment, je ne doute nullement que les anges, ravis d’admiration, ne vinssent troupes à troupes le considérer et admirer son humilité lorsqu’il tenait ce cher Enfant dans sa pauvre boutique, où il travail­lait de son métier pour nourrir et le Fils et la Mère qui lui étaient commis. Certes, il n’y a point l’ombre de doute que saint Joseph ne fût plus vaillant que David et n’eût plus de sagesse que Salomon ; néanmoins, le voyant réduit en l’exercice de la charpenterie, qui eût pu juger cela s’il n’eût été éclairé de la lu­mière céleste, tant il tenait resserrés tous les dons signalés dont Dieu l’avait gratifié ? Mais quelle sagesse n’avait-il pas, puisque Dieu lui donnait en charge son Fils très glorieux, et qu’il était choisi pour être son gouverneur ? Si les princes de la terre ont tant de soin (comme étant chose très importante) de don­ner un gouverneur qui soit des plus capables à leurs enfants, puisque Dieu pouvait faire que le gouverneur de son Fils fût l’homme le plus accompli du monde en toute sorte de perfections, selon la dignité et excellence de la chose gouvernée, qui était son Fils très glo­rieux, prince universel du ciel et de la terre, comment se pourrait-il faire que, l’ayant pu, il ne l’ait voulu et ne l’ait fait ? Il n’y a donc nul doute que saint Joseph n’ait été doué de toutes les grâces et de tous les dons que méri­tait la charge que le Père éternel lui voulait donner de l’économie temporelle et domestique de Notre-Seigneur, et de la conduite de sa fa­mille, qui n’était composée que de trois, qui nous représentent le mystère de la très sainte et très adorable Trinité. Non qu’il y ait de la comparaison, sinon en ce qui regarde Notre-Seigneur, qui est l’une des personnes de la très sainte Trinité, car, quant aux autres, ce sont des créatures ; mais pourtant nous pou­vons dire ainsi que c’est une trinité en terre, qui représente en quelque façon la très sainte Trinité : Marie, Jésus et Joseph ; Joseph, Jésus et Marie, trinité merveilleusement recomman­dable et digne d’être honorée.

Vous entendez donc combien la dignité de saint Joseph était relevée, et de combien il était rempli de toutes sortes de vertus ; néan­moins vous voyez d’ailleurs combien il était rabaissé et humilié plus qu’il ne se peut dire ni imaginer. Ce seul exemple suffit pour le bien entendre. Il s’en va en son pays et en sa ville de Bethléem, et nul n’est rejeté de tous les logis que lui (au moins que l’on sache) ; si qu’il fut contraint de se retirer, et de conduire sa chaste épouse dans une étable, parmi les bœufs et les ânes. 0 ! En quelle extrémité était réduite son abjection et son humilité ! Son humilité fut la cause (ainsi que l’explique saint Bernard) qu’il voulut quitter Notre Dame quand il la vit enceinte ; car saint Bernard dit qu’il fit ce discours en soi-même : « Et qu’est ceci ? Je sais qu’elle est vierge ; car nous avons fait un vœu par ensemble de garder notre virginité et pureté, à quoi elle ne voudrait aucunement manquer ; d’ailleurs je vois qu’elle est enceinte et qu’elle est mère. Comment se peut faire que la maternité se trouve en la virginité, et que la virginité n’empêche point la maternité ? 0 Dieu ! dit-il en soi-même, ne serait-ce point peut-être cette glorieuse Vierge dont les pro­phètes assurent qu’elle concevra et sera mère du Messie ? 0 ! Si cela est, à Dieu ne plaise que je demeure avec elle, moi qui en suis si indigne ! Mieux vaut que je l’abandonne secrète­ment à cause de mon indignité, et que je n’habite point davantage en sa compagnie. Sentiment d’une humilité admirable, et la­quelle fit écrier saint Pierre dans la nacelle où il était avec Notre-Seigneur, lorsqu’il vit sa toute-puissance manifestée en la grande prise qu’il fit de poisson, au seul commandement qu’il leur avait fait de jeter les filets dans la mer : 0 Seigneur ! dit-il, tout transporté d’un semblable sentiment d’humilité que saint Joseph, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur, et partant ne suis pas digne d’être avec toi ! Je sais bien, voulait-il dire, que si je me jette en la mer, je périrai ; mais toi qui es tout-puissant, marcheras sur les eaux sans danger ; c’est pourquoi je te supplie de te reti­rer de moi, et non pas que je me retire de toi. Mais si saint Joseph était soigneux de tenir resserrées ses vertus sous l’abri de la très sainte humilité, il avait un soin très particu­lier de cacher la précieuse perle de sa virginité ; c’est pourquoi il consentit d’être marié, afin, que personne ne le pût connaître, et que des­sous le saint voile du mariage il pût vivre plus à couvert. Sur quoi les vierges et celles ou ceux qui veulent vivre chastement, sont enseignés qu’il ne leur suffit pas d’être vierges s’ils ne sont humbles, et s’ils ne resserrent leur pureté dans la boîte précieuse de l’humi­lité ; car autrement il leur arrivera tout ainsi qu’aux vierges folles, lesquelles, faute d’hu­milité et de charité miséricordieuse, furent rechassées des noces de l’Epoux, et partant furent contraintes d’aller aux noces du monde, où l’on n’observe pas le conseil de l’Epoux céleste, qui dit qu’il faut être humble pour entrer aux noces ; je veux dire qu’il faut prati­quer l’humilité : car, dit-il, allant aux noces, ou étant invité aux noces, prenez la dernière place. En quoi nous voyons combien l’humi­lité est nécessaire pour la conservation de la virginité, puisque indubitablement aucun ne sera du céleste banquet et du festin nuptial que Dieu prépare aux vierges en la céleste demeure, sinon en tant qu’il sera accompagné de cette vertu. L’on ne tient pas les choses précieuses, surtout les onguents odoriférants, en l’air ; car, outre que ces odeurs viendraient à s’exhaler, les mouches les gâteraient et feraient perdre leur prix et leur valeur. De même les âmes justes, craignant de perdre le prix et la valeur de leurs bonnes œuvres, les resserrent ordi­nairement dans une boîte, mais non dans une boite commune, non plus que les onguents précieux, mais dans une boîte d’albâtre (telle que celle que sainte Madeleine répandit ou vida sur le chef sacré de Notre-Seigneur, lorsqu’il la rétablit en la virginité non essentielle, mais réparée, laquelle est quelquefois plus excel­lente, étant acquise et rétablie par la pénitence, que celle qui, n’ayant point reçu d’atteinte, est accompagnée de moins d’humilité). Cette boite d’albâtre est donc l’humilité ; dans laquelle nous devons, à l’imitation de Notre-Dame et de saint Joseph, resserrer nos vertus et tout ce qui nous peut faire estimer des hommes, nous contentant de plaire à Dieu, et demeu­rant sous le voile sacré de l’abjection de nous-mêmes, attendant, ainsi que nous avons dit, que Dieu venant pour nous retirer au lieu de sûreté qui est la gloire, fasse lui-même pa­raître nos vertus pour son honneur et gloire. Mais quelle plus parfaite humilité se peut imaginer que celle de saint Joseph (je laisse à part celle de Notre-Dame ; car nous avons déjà dit que saint Joseph recevait un grand accrois­sement en toutes les vertus par forme de réver­bération que celles de la très-sainte Vierge faisaient en lui) ? Il a une très grande part en ce trésor divin qu’il avait chez lui, qui est Notre Seigneur et notre Maitre ; et cependant il se tient si rabaissé et humilié, qu’il ne sem­ble point qu’il y ait de part ; et toutefois, il lui appartient plus qu’à nul autre, après la très sainte Vierge ; et nul n’en peut douter ; puisqu’il était de sa famille, et le Fils de son épouse qui lui appartenait.

J’ai accoutumé de dire que si une colombe (pour rendre la comparaison plus conforme à la pureté des saints dont je parle) portait en son bec une datte, laquelle elle laissât tomber dans un jardin, dirait-on pas que le palmier qui en viendrait appartient à celui à qui est le jardin ? Or, si cela est ainsi, qui pourra douter que le Saint-Esprit ayant laissé tomber cette divine datte, comme un divin colombeau, dans le jardin clos et fermé de la très sainte Vierge (jardin scellé et environné de toutes parts des haies du saint vœu de virginité et chasteté tout immaculée), lequel appartenait au glorieux saint Joseph, comme la femme ou l’épouse à l’époux, qui doutera, dis-je, ou qui pourra dire que ce divin palmier, qui porte des fruits qui nourrissent à l’immortalité, n’appartienne, en réalité, à ce grand saint Joseph, lequel pourtant ne s’en élève pas da­vantage, n’en devient point plus superbe, mais en devient toujours plus humble ? 0 Dieu ! Qu’il faisait bon voir la révérence et le res­pect avec lequel il traitait, tant avec la Mère qu’avec le Fils ! S’il avait bien voulu quitter la Mère, ne sachant encore tout à fait la grandeur de sa dignité, en quelle admiration et pro­fond anéantissement était-il par après, quand il se voyait être tant honoré, que Notre-Sei­gneur et Notre-Dame se rendissent obéissants à ses volontés, et ne fissent rien que par son commandement ?… »

(Entretien XIXème sur les vertus de saint Joseph)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Saint François de Sales

Issu d’une famille noble, François de Sales, né le 21 août 1567 en Savoie, choisit de renoncer à tous ses titres de noblesse pour se faire prêtre. Il devient l’un des théologiens les plus considérés de son temps. Evêque de Genève, il fonde avec la baronne Jeanne de Chantal, l’ordre de la Visitation. Il exerce une influence marquante au sein de l’Eglise ainsi qu’auprès des puissants notamment les rois Henri IV et Louis XIII.

Canonisé en 1665 et proclamé docteur de l’Eglise en 1877 par le bienheureux pape Pie IX, il laisse une œuvre importante qui témoigne de sa vision de la vie. Il est le patron des journalistes et des écrivains en raison de son recours à l’imprimerie. Ses publications comptent parmi les tout premiers journaux catholiques au monde.

Son enseignement sur saint Joseph

« Dieu ayant destiné de toute éternité en sa divine providence qu’une vierge concevrait un fils qui serait Dieu et homme tout ensemble, voulut néanmoins que cette vierge fût mariée. Mais, ô Dieu ! pour quelle raison, disent les saints docteurs, ordonna-t-il deux choses si différentes, être vierge et mariée tout ensem­ble ? La plupart des Pères disent que ce fut pour empêcher que Notre-Dame fût calomniée des Juifs, lesquels n’eussent point voulu exempter Notre-Dame de calomnie et d’oppro­bre ; et que, pour conserver cette pureté et cette virginité, il fut besoin que la divine provi­dence la commît à la charge et en la garde d’un homme qui fût vierge, et que cette Vierge con­çût et enfantât ce doux fruit de vie, Notre-Seigneur, sous l’ombre du saint mariage.

Oh ! Quelle divine union entre Notre-Dame et le glorieux saint Joseph ! union qui faisait que ce Bien des biens éternels, qui est Notre-Seigneur, fût et appartint à saint Joseph, ainsi qu’il appartenait à Notre-Dame : non selon la nature, qu’il avait prise dans les entrailles de notre glorieuse Maitresse, nature qui avait été formée par le Saint-Esprit du très pur sang de Notre-Dame ; mais selon la grâce, laquelle le rendait participant de tous les biens de sa chère épouse, et laquelle faisait qu’il allait merveilleusement croissant en perfection ; et c’est par la communication continuelle qu’il avait avec Notre-Dame, qui possédait toutes les vertus à un aussi haut degré, que nulle autre pure créature n’y saurait parvenir. Néan­moins, le glorieux saint Joseph était celui qui en approchait davantage. Et tout ainsi que l’on voit un miroir opposé aux rayons du so­leil recevoir ses rayons très parfaitement, et un autre miroir étant mis vis-à-vis de celui qui les reçoit, bien que le dernier miroir ne prenne ou reçoive les rayons du soleil que par la réverbération, les représente pourtant si naïvement que l’on ne pourrait presque pas juger lequel c’est qui le reçoit immédiatement du soleil, ou celui qui est opposé au soleil ou celui qui ne les reçoit que par réverbération ; de même en était-il de Notre-Dame, laquelle, comme un très pur miroir opposé aux rayons du Soleil de justice, rayons qui apportaient en son âme toutes les vertus en leur perfection, perfections et vertus qui faisaient une réverbération si parfaite en saint Joseph, qu’il sem­blait presque qu’il fût aussi parfait ou qu’il eût les vertus en un aussi haut degré comme les avait la glorieuse Vierge, notre Maitresse. Mais en particulier (pour nous tenir en notre propos commencé), en quel degré pensons-nous qu’il eût la virginité, qui est une vertu qui nous rend semblables aux anges, si la très-­sainte Vierge ne fut pas seulement « vierge toute pure et toute blanche » mais si elle était la virginité même ? Combien pensons-nous que celui qui fut commis de la part du Père éternel pour gardien de sa virginité, ou, pour mieux dire, pour compagnon, puisqu’elle n’a­vait pas besoin d’être gardée d’autres que d’elle-même, combien, dis-je, devait-il être grand en cette vertu ? Ils avaient fait vœu tous les deux de garder virginité tout le temps de leur vie, et voilà que Dieu veut qu’ils soient unis par les liens d’un saint mariage, non pas pour les faire dédire ni se repentir de leur vœu, mais pour les reconfirmer et se fortifier l’un l’autre de persévérer en leur sainte entreprise ; c’est pourquoi ils le firent encore de vivre virgina­lement ensemble tout le reste de leur vie.

Voici comment, au Cantique des cantiques, le divin Epoux parle de la pureté de la sainte Vierge : « Que ferons-nous à notre sœur, le jour où il faudra lui parler ? Si elle est un mur, faisons-lui des boulevards d’argent ; si elle est une porte, doublons-la et renforçons-la de bois de cèdre. » (Cantique 8, 8)

La très-glorieuse Vierge était une tour, et des murailles bien hautes dans l’enclos des­quelles l’ennemi ne pouvait nullement entrer, ni nulle sorte de désirs autres que de vivre en parfaite pureté et virginité : que lui ferons-nous donc ? Car elle doit être mariée, Celui qui lui a donné cette résolution de la virginité l’ayant ainsi ordonné. Si c’est une tour ou une muraille, établissons au-dessus des boulevards d’argent, qui, au lieu d’abattre la tour, la ren­forceront davantage. Qu’est-ce que le glorieux saint Joseph, sinon un fort boulevard qui a été établi au-dessus de Notre-Dame, puisqu’étant son épouse, elle lui était sujette et il avait soin d’elle ? Saint Joseph fut donc établi afin que la pureté de Notre-Dame pût plus admi­rablement persévérer en son intégrité sous le voile et l’ombre du saint mariage. Si la très-sainte Vierge est une porte (dit le Père éter­nel), nous ne voulons pas qu’elle soit ouverte, car c’est une porte orientale par laquelle nul ne peut entrer ni sortir ; au contraire, il la faut doubler et renforcer de bois incorruptible, c’est-à-dire lui donner un compagnon en sa pureté, qui est le grand saint Joseph, lequel devait pour cet effet surpasser tous les saints, les anges et les chérubins mêmes en cette vertu tant recommandable de la virginité. »

(Entretien XIXème sur les vertus de saint Joseph)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Sainte Madeleine de Pazzi

La vision de Madeleine de Pazzi, Pedro de Moya

Marie-Madeleine de Pazzi, en religion sœur Marie-Madeleine, née le 2 avril 1566 à Florence et morte le 25 mai 1607 dans la même ville, est une carmélite de l’ancienne observance (ou carmélite chaussée), grande mystique, dont la spiritualité et les écrits ont profondément influencé la société de Florence du XVIIème siècle.

Béatifiée en 1626, elle est canonisée par le pape Clément IX le 22 avril 1699.

Son enseignement sur saint Joseph

Sainte Madeleine de Pazzi vit, dans une de ses extases, la gloire de saint Joseph, et elle s’exprime ainsi sur ce sujet : « O Dieu ! Quelle part le glorieux saint Joseph n’a-t-il pas eue au calice de la passion de Jé­sus par les services qu’il a rendus à son huma­nité ! La pureté de Joseph sert dans le paradis comme de pendant à la pureté de Marie. Dans cet échange de splendeurs qu’ils se renvoient mutuellement, la pureté de Joseph semble donner, pour ainsi dire, un nouvel éclat à celle de Marie. Joseph, uni à Jésus et à Marie, parait comme une étoile resplendissante ; il accorde une protection toute spéciale aux âmes qui combattent sous l’étendard de Marie. » (La dévotion à saint Joseph établie par les faits, Patrignani, livre III, chapitre I)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Sainte Thérèse d’Avila II

« A quelques jours de là, le jour même de l’As­somption de Notre-Dame, étant dans l’église d’un monastère du glorieux saint Dominique (au monastère Saint Thomas, à Avila en 1561), je fus tout à coup saisie d’un grand ra­vissement. Me trouvant presque hors de moi-même, je m’assis et il me sembla que je ne pus voir élever la sainte hostie, ni être attentive à la messe, ce qui me laissa du scrupule. Durant cette extase, je me vis revêtir d’une robe éblouissante de blancheur et de lumière ; je ne vis pas d’abord par qui, mais bientôt j’aperçus la très-sainte Vierge à mon côté droit, et mon père saint Joseph à mon côté gauche ; ils me firent connaître « que j’étais purifiée de mes péchés. » A peine étais-je en­tièrement revêtue de cette robe, que, pour comble de bonheur et de gloire, la très-sainte Vierge, me prenant les mains, me dit « que je lui causais un grand plaisir par ma dévotion au glorieux saint Joseph ; je devais croire que mon dessein concernant la fondation s’exécuterait, que Notre Seigneur ainsi qu’elle et saint Joseph seraient très bien servis dans ce monastère ; je ne devais pas craindre de voir jamais se refroidir la première ferveur, quoi­que je me misse sous une obéissance qui n’était pas de mon goût, parce qu’elle et son glorieux époux nous protégeraient. Son Fils nous avait déjà promis d’être toujours au mi­lieu de nous ; or, pour gage de la vérité de sa divine promesse, elle me faisait don de ce joyau. »

En achevant ces paroles, elle mit à mon cou un collier d’or très beau, d’où pendait une croix d’une valeur inestimable. Cet or et ces pierreries différaient infiniment de tout ce que l’œil voit ici-bas ; et l’imagination même ne saurait rien concevoir qui approche d’une telle beauté. Il était également impossible de comprendre de quel tissu était cette robe, et de donner la moindre idée de son incomparable blancheur ; à côté d’elle, tout ce que la nature a de plus éclatant est noir comme la suie. Je ne pus saisir rien de particulier dans les traits du visage de la Sainte Vierge ; je vis seule­ment en général qu’il était d’une ravissante beauté. Elle était aussi vêtue de blanc, dont l’éclat, quelque extraordinaire qu’il fût, ré­jouissait la vue au lieu de l’éblouir. Je ne vis pas si clairement saint Joseph ; il m’était pré­sent néanmoins, mais comme on l’est dans ces visions où nulle image ne frappe l’âme, et dont j’ai parlé plus haut. Il me sembla que la très sainte Mère de Dieu était dans toute la fleur de la jeunesse. Après qu’ils eurent passé quelques moments avec moi, versant dans mon âme un bonheur qu’elle n’avait pas encore senti, et dont elle eût voulu jouir sans fin, je les vis remonter au ciel, accompagnés d’une grande multitude d’anges. Je me trouvai par leur absence dans une extrême solitude ; mais je goûtais une consolation si pure, mon âme se sentait si élevée, si recueillie en Dieu, si attendrie, que je fus quelque temps comme hors de moi, sans pouvoir faire aucun mou­vement, ni proférer une parole. J’en demeurai transportée du désir de me consumer tout en­tière pour la gloire de Dieu (Vie chapitre XXIII).

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Sainte Thérèse d’Avila

Sainte Thérèse d’Avila

Sainte Thérèse d’Avila née le 28 mars 1515 en Castille et morte le 4 octobre 1582 à Alba de Tormes en Espagne, est une religieuse espagnole, réformatrice de l’Ordre du Carmel au XVIème siècle, sainte et docteur de l’Eglise. Profondément mystique, elle laisse des écrits sur son expérience spirituelle qui la font considérer comme une figure majeure de la spiritualité chrétienne.

La réforme qu’elle impulse dans l’Ordre du Carmel espagnol entraîne quelques années après sa mort la création d’une branche autonome au niveau de l’ordre : l’Ordre des Carmes déchaux. Cette nouvelle branche monastique s’étendra rapidement dans toute l’Europe puis le monde : le nombre des carmes réformés dépassera rapidement, et dépasse toujours, le nombre des carmes non réformés.

Thérèse est canonisée en 1622, sa fête liturgique est fixée le 15 octobre. Le pape Paul VI la proclame docteur de l’Eglise catholique ; elle est la première femme à obtenir ce titre. Si son influence spirituelle, associée à celle de saint Jean de la Croix, a été très forte au XVIIème siècle, de nos jours, elle reste une référence au-delà de sa famille monastique et même à l’extérieur de l’Eglise catholique.

Elle est l’auteur de nombreux ouvrages tant biographiques que didactiques ou poétiques. Ceux-ci sont régulièrement réédités dans le monde entier. Elle est encore aujourd’hui le sujet de nombreuses publications.

Après sa mort, le corps de Thérèse, incorrompu, est exhumé plusieurs fois. Très vite, sa dépouille se trouve être une relique disputée entre les couvents d’Avila, son lieu de naissance, et d’Alba de Tormes, son lieu de décès. Elle repose désormais dans un tombeau de marbre placé dans l’église du couvent d’Alba de Tormes en 1760. Plusieurs reliques ont été extraites de sa dépouille et sont présentes dans différentes églises d’Espagne.

Sur dix-sept monastères que sainte Térèse fonda après celui d’Avila, il n’y en a que cinq qui ne soient pas dédiés à saint Joseph ; mais elle implantait dans tous son culte, les mettait tous sous sa garde, et faisait toujours placer au-dessus d’une des portes la statue de ce glo­rieux protecteur. De plus, comme on le lit dans les informations juridiques pour sa canonisa­tion, elle mit de ses mains, à la porte d’entrée de tous ses monastères, l’image de la sainte Vierge et de saint Joseph fuyant en Égypte, avec cette inscription : « Nous menons une vie pauvre, mais nous posséderons de grands biens si nous craignons Dieu » (Tobie 4, 23)

Dans tous ses écrits perce cette tendre et filiale dévotion qu’elle avait pour saint Joseph, et par la ravissante naïveté de ses paroles enflammées, elle la communique à l’âme du lec­teur.

Dans les admirables avis qu’elle donne pour la vie spirituelle, voici comment elle s’exprime sur saint Joseph : « Quoique vous honoriez plusieurs saints comme vos protecteurs, ayez cependant une dévotion toute particulière envers saint Jo­seph, dont le crédit est si grand auprès de Dieu » (avis, LXV).

Son enseignement sur saint Joseph

Elle raconte comment à l’âge de vingt-six ans, elle fut miraculeusement guérie par saint Joseph, et elle fait connaître le crédit de ce saint auprès de Dieu.

« Pour rendre le Seigneur propice à mes vœux, je fis offrir l’adorable sacrifice de nos au­tels, et j’eus recours à des prières très approu­vées. Je pris pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph, et je me recommandai très instamment à lui. Son secours éclata de la manière la plus visible. Ce tendre père de mon âme, ce bien-aimé protecteur, se hâta de me tirer de l’état où languissait mon corps, comme il m’a arrachée à des périls plus grands d’un autre genre, qui menaçaient mon hon­neur et mon salut éternel. Pour comble de bonheur, il m’a toujours exaucée au-delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu’à ce jour, qu’il ne me l’ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux, s’il m’était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m’a comblée, et les dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint ! Le Très-Haut donne seulement grâce aux autres saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais par ex­périence, étend son pouvoir à tous. Notre-Sei­gneur veut nous faire entendre par là que de même qu’il lui fut soumis sur cette terre d’exil, reconnaissant en lui l’autorité d’un père nourri­cier et d’un gouverneur, de même il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel en exau­çant toutes ses demandes. C’est ce qu’ont vu comme moi, par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable protecteur ; aussi le nom­bre des âmes qui l’honorent commence-t-il à être grand, et les heureux effets de sa média­tion confirment de jour en jour la vérité de mes paroles. Je déployais pour sa fête tout le zèle dont j’étais capable, plus par vanité que par esprit intérieur. Je voulais qu’elle se célébrât avec la pompe la plus solennelle, et avec la plus élégante recherche. En cela mon intention était droite, il est vrai, mais voici le côté fâcheux : au moindre petit bien accompli avec le secours de la grâce divine, je mêlais des im­perfections et des fautes sans nombre, tandis que pour le mal, la recherche et la vanité, je trouvais en moi une adresse et une activité admirables. Plaise au Seigneur de me le par­donner ! Connaissant aujourd’hui par une si longue expérience l’étonnant crédit de saint Joseph auprès de Dieu, je voudrais persuader  tout le monde de l’honorer d’un culte parti­culier. Jusqu’ici j’ai toujours vu les personnes qui ont eu pour lui une dévotion vraie et sou­tenue par les œuvres faire des progrès dans la vertu ; car ce céleste protecteur favorise, d’une manière frappante, l’avancement spirituel des âmes qui se recommandent à lui. Déjà depuis plusieurs années je lui demande, le jour de sa fête, une faveur particulière, et j’ai toujours vu mes désirs accomplis. Si, par quelque imperfection, ma demande s’écartait tant soit peu du but de la gloire divine, il la redressait admirablement, dans la vue de m’en faire re­tirer un plus grand bien.

Si j’avais autorité pour écrire, je goûterais un plaisir bien pur à raconter dans un récit détaillé les grâces dont tant de personnes sont comme moi redevables à ce grand saint. Mais, pour ne pas sortir du cercle où l’obéissance m’a renfermée, je devrais, contre mon désir, passer rapidement sur certaines choses ; sur d’autres je serai peut-être trop longue, tant je suis inhabile à rester dans les limites d’une parfaite convenance. Je me contente donc de conjurer, pour l’amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas, d’en faire l’épreuve ; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche, et de l’honorer d’un culte particulier. Les per­sonnes d’oraison surtout devraient toujours l’aimer avec une filiale tendresse. Je ne comprends pas comment on peut penser à la Reine des anges et à tout ce qu’elle essuya de tribu­lations durant le bas âge du divin Enfant Jésus, sans remercier saint Joseph du dévouement si parfait avec lequel il vint au secours de l’un et de l’autre. Que celui qui ne trouve personne pour lui enseigner l’oraison choisisse cet admi­rable saint pour maître, il n’aura pas à craindre de s’égarer sous sa conduite. Plaise au Seigneur que je ne me sois pas égarée moi-même en portant la témérité jusqu’à oser parler de lui ! Je publie, il est vrai, le culte particulier dont je l’honore ; mais pour les actes tendant à le glorifier, et pour l’imitation de ses vertus, je suis toujours restée bien en arrière. Enfin, il fit éclater à mon égard sa puissance et sa bonté : grâce à lui, je sentis renaître mes forces, je me levai, je marchai, je n’étais plus frappée de pa­ralysie.  (Vie chapitre VI)

Secours temporel qu’elle reçut du saint, pendant qu’elle faisait travailler à la construction du monastère de Saint-Joseph d’Avila, berceau du Carmel réformé.

« Me trouvant un jour dans l’impuissance de rien donner à certains ouvriers, je ne savais plus que devenir : saint Joseph, mon véritable père et bien-aimé protecteur, m’apparut et me dit de ne point craindre de faire marché avec eux, et que j’aurais de quoi les payer. Je le fis sans avoir un denier dans ma bourse, et Notre-Seigneur y pourvut d’une manière qui étonna ceux qui le surent. » (Vie chapitre XXIII)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Saint Jean d’Avila

Saint Jean d’Avila est un théologien espagnol né le 6 janvier 1499 à Almodóvar del Campo, près de Tolède, et mort le 10 mai 1569 à Montilla. Il est canonisé en 1970 et proclamé docteur de l’Eglise le 7 octobre 2012

Son enseignement sur saint Joseph

« Les grâces dont Dieu combla la Vierge im­maculée et Joseph son bienheureux époux, sont d’un ordre si relevé, que jamais il ne s’en vit et qu’il ne s’en verra jamais de semblables. La Vierge immaculée, l’apogée des miracles de Dieu, reçut de Dieu une telle plénitude de grâce, qu’elle mérita de devenir la Mère du Verbe incarné. Saint Joseph, homme bas selon le monde, simple charpentier, fut élevé jus­qu’à l’ineffable honneur d’être le véritable époux de la Mère de Dieu et d’être appelé le père, d’être le tuteur de Celui qui a pour Père l’Éternel, et qui est lui-même le Créateur des cieux. De telles grâces transportaient leurs cœurs d’une joie divine et ils ne pouvaient se lasser d’en bénir Dieu. Mais si les joies furent grandes, les tribulations que Dieu ne tarda pas à leur envoyer ne le furent pas moins ; car c’est la coutume du Seigneur d’envoyer l’amer­tume après le miel et d’éprouver ses amis par la tentation. Le vrai bonheur, la félicité par­faite n’est qu’au ciel ; cet exil, c’est le travail, l’épreuve, la lutte, c’est un fleuve d’amertume, c’est l’arène de la tentation. Et quand Dieu en­voie des douceurs, des consolations, c’est afin que le chrétien ne perde pas courage et qu’il s’anime au combat jusqu’à ce qu’il saisisse la palme du vainqueur.

Joseph, le plus fortuné des hommes, le plus aimé de Dieu, marche en tête des affligés, des brisés par la tribulation. Dieu ne lui avait pas fait connaître la miraculeuse incarnation du Verbe. Quand il s’aperçut que la Vierge allait devenir mère, cet homme juste vit là un in­compréhensible mystère ; et comme il connaissait la sainteté de son épouse, il se déter­mina à se séparer d’elle secrètement. Ce que son âme savoura alors d’amertume, le martyre qu’endura alors son cœur, n’est connu que de Dieu seul. La douleur de la Vierge n’était pas moindre ; elle voyait le martyre intérieur de son époux et elle se taisait parce que telle était la volonté de Dieu ; elle se contentait de le prier qu’il daignât mettre un terme à l’é­preuve. Sa prière est enfin entendue et l’ange est envoyé à Joseph durant son sommeil pour lui révéler le grand mystère. « Joseph, fils de David, ne craignez pas de retenir Marie votre épouse ; car ce qui est né en elle est du Saint‑Esprit ; elle mettra au monde un Fils que vous nommerez Jésus : car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

A cette révélation, un abime de joie rem­place dans le cœur de Joseph un abîme de douleur. Il demande pardon à Dieu d’a­voir voulu s’enfuir. Il s’en veut à lui-même de n’avoir pas compris, à la vue de l’ineffable sainteté de son épouse, qu’elle était la Mère de Dieu. Il se hâta au point du jour d’aller se je­ter à ses pieds et de lui demander pardon. La Vierge, à son tour, se jette à ses pieds et le prie de se relever ; elle l’encourage à remplir avec fidélité le ministère pour lequel Dieu l’a choisi. Le cœur de Joseph éclatait à la vue de ce prodige d’humilité, de charité, de vertu de cette Vierge qui lui avait été donnée pour épouse. Quand il considérait qu’elle était Mère de Dieu, son esprit se perdait, il était ravi d’admiration et son cœur n’y tenait plus ; la tendresse et les larmes lui enlevaient la parole et son âme donnait mille bénédictions à Dieu de ce qu’il avait daigné le choisir pour époux de cette Vierge et il s’offrait à être son es­clave. Saint Jean-Baptiste encore enfermé dans le sein de sa mère connut et adora le Verbe incarné caché dans le sein virginal de Notre-Dame. Jugeons du respect, de l’humilité, de l’amour avec lequel Joseph dut adorer le divin Enfant Jésus dès l’instant que l’ange lui ré­véla que la divine Vierge le portait dans son sein ! Que ce saint homme s’estimait riche, qu’il s’estimait heureux d’être député pour servir un tel Fils et une telle Mère ! Mais qu’il se sentait indigne, qu’il se trouvait petit pour servir de tels maitres ! Pénétré de ces sentiments, il demandait instamment à Dieu qu’il daignât lui donner la lumière, prudence, une sainte activité et toutes les autres vertus qu’il savait lui être nécessaires pour conver­ser avec le Dieu fait homme et sa bénite Mère.

La révélation du grand mystère du Verbe fait chair laissait dans le cœur de Joseph une telle joie et une telle admiration qu’il ne savait que faire ni que dire ; il ne cessait de prier les anges et de supplier la Vierge son épouse, qu’elle voulût bien avec tous les es­prits célestes donner pour lui des louanges à Dieu et lui obtenir de Dieu la grâce de re­connaître des faveurs qui étaient si incompa­rablement au-dessus de ses mérites. La très-sainte Vierge le consolait dans sa crainte, lui offrant ses oraisons et le persuadant qu’ils devaient avoir l’un et l’autre une pleine con­fiance en la miséricorde de Dieu, que puisque sa bonté infinie avait daigné les choisir pour le service de son Fils, il leur donnerait grâce pour s’en bien acquitter, de telle sorte que ce grand Dieu fût glorifié et aimé. » (Extrait du Traité des grandeurs de saint Joseph.)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Sainte Brigitte II

La très-sainte Vierge révèle à sainte Brigitte comment un ange la consola, et comment il a instruit saint Joseph du mystère accompli en elle. Elle lui fait connaître le genre admirable de vie que menait la sainte famille et les vertus éminentes de saint Joseph.

« Elisabeth admirant la ferveur de l’Esprit qui parlait en moi, et moi de mon côté admirant en elle la grâce de Dieu, nous demeu­râmes quelques jours ensemble bénissant le Seigneur. Après cela, une pensée commença à solliciter mon esprit : que devais-je répondre à ceux qui me demanderaient quel était le père de l’Enfant, et que devais-je dire à Joseph lui-même, si par l’instigation de l’ennemi il concevait quelque soupçon fâcheux contre moi ? Et voilà que pendant que ces pensées occupaient mon esprit, un ange, semblable à celui qui m’était apparu auparavant, me dit : « Notre Dieu, qui est éternel, est avec toi et en toi ; ne crains donc pas : car c’est lui qui te donnera la grâce de parler, il dirigera tes pas et fixera ta demeure ; il accomplira son œuvre avec toi, puissamment et sagement. »

Or, Joseph, à qui j’avais été confiée, s’étant aperçu du mystère accompli en moi par l’opé­ration miraculeuse du Saint-Esprit, et se réputant indigne de rester avec moi, entra dans une grande anxiété, et il ne savait que faire. L’ange lui dit durant son sommeil : « Ne te sépare pas de la Vierge qui t’est confiée, car ce que tu as entendu d’elle est la souveraine vérité : elle a conçu de l’Esprit de Dieu, et elle enfantera un Fils qui sera le Sauveur du monde. Sers-la donc fidèlement, et sois le gardien et le témoin de sa virginale pudeur. »

Depuis ce jour-là Joseph me servit comme sa souveraine, et moi je m’humiliais aux plus petites de ses œuvres. Après, j’étais dans une continuelle oraison, rarement vue, et voulant rarement voir, sortant très rarement, si ce n’était aux fêtes principales. J’étais fort at­tentive aux vigiles, et aux leçons qui étaient dites par nos prêtres ; j’avais un temps déter­miné pour les travaux de main ; je fus dis­crète pour le jeûne, selon que ma nature pou­vait le supporter dans le service de Dieu. Tout ce que nous avions de superflu pour la nourri­ture, nous le donnions aux pauvres, contents de ce que nous avions. Quant à Joseph, il me servait si fidèlement, qu’on n’entendit jamais de sa bouche une parole qui ne fût grave ; ja­mais il n’en dit une qui sentit le murmure ou la colère. Il était très patient dans la pauvreté, soigneux et actif pour le travail, toutes les fois que ce fut nécessaire. Il était souverainement doux envers ceux qui lui faisaient quelque reproche, très obéissant à mon service, très prompt défenseur de ma virginité, et très-fidèle témoin des merveilles de Dieu. Il était aussi tellement mort au monde et à la chair, qu’il ne désirait que les choses célestes. Il avait une foi si ferme aux promesses de Dieu, qu’il disait continuellement : Plaise à Dieu que je vive, et que je voie accomplie sa divine volonté ! Il alla rarement aux assemblées des hommes et à leurs conseils ; tant son désir était d’obéir à la volonté de Dieu. C’est pourquoi sa gloire est maintenant grande dans le ciel. » (Révélations, Livre VI, Chapitre 58)

Prions saint Joseph

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Je vous salue, Joseph, vous que la grâce divine a comblé, le Sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux, vous êtes béni entre tous les hommes, et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale épouse est béni. 

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, priez pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.