Le massacre des innocents

Contemplons

Le massacre des innocents, Guido Reni

Méditons

Nous voici confrontés au mystère du mal. Marie et Joseph savaient-ils en fuyant en Egypte que, par dépit, Hérode fera tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethlehem et sur tout son territoire ? L’Evangile ne le précise pas. Mais un acte d’une telle cruauté a dû alimenter les conversations dans tout le pays et la nouvelle a dû se répandre rapidement au sein des caravanes et parmi les voyageurs jusqu’en Egypte. Marie et Joseph ont dû l’apprendre à un moment ou à un autre ; quelle a été leur réaction ? Pour deux êtres d’une telle sensibilité, elle a fait l’effet d’un nouveau glaive de douleur. La persécution de Jésus et la fuite qu’elle a entrainée, fut déjà une rude épreuve mais d’apprendre que la jalousie d’Hérode est allée jusqu’à massacrer d’innocents enfants, fut un vrai coup de grâce. Comment pourrait-il en être autrement ?

Essayons d’examiner les motivations d’Hérode. C’est après avoir interrogé les mages et les prêtres qu’il décide de faire massacrer ceux que la Tradition a appelé les « Saints Innocents. » En effet, les mages ont vu dans le ciel, l’étoile qui indique la naissance du roi des juifs et en parlent à Hérode avec toute la conviction de leur foi et l’appui de leur science. Les prêtres du temple ont trouvé dans les Ecritures, des prophéties qui concordent avec les dires des mages. En faisant enquêter à Bethlehem, Hérode a appris ce que les bergers ont raconté de l’enfant qu’ils ont vu dans la crèche, de l’ange annonciateur ; il a entendu parler de ce qui s’est passé au Temple avec Siméon et Anne.

La raison d’Hérode l’amène progressivement à croire que Jésus est le messie, l’envoyé de Dieu, le vrai roi des juifs. S’il n’en était pas convaincu, il ne se sentirait pas menacé au point d’ordonner le massacre de tous ces enfants. Sans l’intervention de la providence, il serait allé jusqu’au régicide, et même jusqu’au déicide. Sa raison, cependant, n’atteint pas son cœur qui, comme celui de pharaon au temps de Moïse, ne fait que s’endurcir. Il refuse que Dieu règne sur lui, ne serait-ce que par l’amour. Son orgueil et sa jalousie l’amènent à envisager Jésus comme un concurrent et anéantissent en lui tout scrupule.

La jalousie est la caractéristique même du démon et ce défaut, s’il n’est combattu, nous rend semblable à lui. En effet, c’est par jalousie des hommes, promis à la vie éternelle avec Dieu, que le démon sème la zizanie et initie, parmi eux, des actes d’une telle cruauté. De lui-même, aucun humain, fait à l’image de Dieu (donc fait pour l’amour !) n’est capable de telles exactions. La jalousie est un poison qui produit le malheur de deux personnes : du jaloux et du jalousé. Le jaloux ne trouve jamais la paix. Au contraire, au fur et à mesure des tourments qu’il inflige, il s’enfonce davantage dans sa souffrance. C’est tout le portrait d’Hérode dont l’histoire nous dit qu’il est mort de désespoir dans une quasi-folie et rongé de l’intérieur par les vers. Hérode aurait pu guérir de sa jalousie et de son orgueil. Pour cela, il aurait dû imiter les mages, se tourner vers Dieu, dans une véritable conversion du cœur et se prosterner devant le Verbe incarné. Mais pour cela, il aurait fallu qu’il sache se renoncer et cela, dans sa position, il ne l’a jamais appris.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…).

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Cœur Sacré de Jésus, uni au Cœur Immaculé de Marie et au Cœur très chaste de Joseph, nous vous consacrons nos personnes, nos biens et nos projets. Guidez-nous selon la volonté du Père Eternel et accordez-nous la vivification des dons du Saint-Esprit pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

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