LE DEUIL DE LA NATURE

Contemplons

Ecoutons

Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. (Matthieu 27, 45-53)

Méditons

Jésus est mort à trois heures, l’heure à laquelle dans le temple, on fait entrer les agneaux pour qu’ils soient sacrifiés en propitiation pour les péchés. Souvenons-nous, c’est la pâque, la fête qui commémore la sortie d’Egypte, la nuit où l’ange de la mort a emporté tous les premiers-nés d’Egypte en épargnant ceux des juifs parce que les linteaux de leurs maisons étaient marqués par le sang d’un agneau sans tache et sans défaut. Jésus est l’agneau de Dieu, l’agneau sans tache aucune, qui nous sauve tous de la mort induite par le péché. Il n’y a plus besoin de tous ces sacrifices sanglants. Jésus est l’agneau qui a satisfait pour tous et une fois pour toute.

Au temple, le linteau qui porte le rideau du sanctuaire, s’effondre sous l’effet du tremblement de terre. Le rideau se fend du haut vers le bas. Le temple n’a plus lieu d’être car le Temple, c’est à présent le Christ Lui-même. Il l’avait dit : « détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai » (Jean 2, 19). Et, contrairement à la tunique de Jésus qui, elle, reste intacte, le rideau se déchire de haut en bas c’est-à-dire que la rupture vient de Dieu Lui-même. C’est Lui-même qui substitue la nouvelle alliance à l’ancienne. Ce que Caïphe avait commencé en déchirant ses vêtements, alors que ça lui était strictement interdit, est consommé par la déchirure du rideau du temple.

La création réagit à la mort du Christ. Les ténèbres descendent en plein jour sur la terre, symbolisant les ténèbres qui règnent dans les esprits qui n’ont pas voulu reconnaitre la grâce qui leur a été faite dans le Christ Jésus : « la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reçue » (Jean 1, 5) écrit saint Jean qui a assisté à ces ténèbres sous la croix de Jésus. Jésus est la lumière du monde qui, à l’instant, vient de s’éteindre.

La terre tremble, les rochers se fendent. La vénérable Marthe Robin nous rapporte que le Calvaire se fendit en toute proximité de la croix de Jésus. « Au dernier cri de Jésus, la terre trembla sur sa base avec un grand bruit, plusieurs rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent, et beaucoup, parmi les anciens justes, apparurent. Le rocher du Calvaire se fendit lui aussi, avec un grand bruit sinistre faisant une large brèche entre la croix du Rédempteur et celle du mauvais larron, comme le signe de leur séparation éternelle… La très sainte âme du Christ venait d’abandonner, pour le temps marqué par Dieu, son corps divin livré à la mort ignominieuse de la croix. Et ce dernier cri d’amour de Jésus mourant fit trembler tous ceux qui l’entendirent et pénétra jusqu’aux plus extrêmes profondeurs de la terre qui reconnut la voix de son Sauveur en tremblant. »

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12, 24). Jésus est le grain de blé tombé en terre qui a accepté de mourir. A présent, la terre se fend et s’ouvre sous la poussée des nouveaux épis de conversions que sa mort produit. Beaucoup de ceux qui ont assisté ou participé à la passion de Jésus, s’en vont en se frappant la poitrine, le centurion se convertit.

Les rochers qui se fendent rappellent le passage de la mer rouge où Moise à fendu les eaux pour laisser passer les juifs fuyant la captivité ; grâce à Jésus, nous sommes libérés de la captivité du péché.

Enfin, la terre se fend aussi parce que l’âme de Jésus « descend aux enfers » selon les mots du credo, où il va libérer des liens de la mort tous les justes de l’ancienne alliance. Aux portes des limbes le reçoivent Adam, Eve, Abraham, Moise, les patriarches, les prophètes, Jean-Baptiste, Joseph, son père en ce monde qui le reconnaissent comme leur rédempteur. Et tous, il les emmène à la rencontre du Père qui les reçoit comme ses enfants pour une vie éternelle de bonheur dans le paradis, d’où Adam et Eve avaient été chassés après la faute originelle. « O heureuse faute qui nous valut un tel Sauveur » chante exultante la liturgie de la nuit pascale.

Des morts sortent de leurs tombeaux attestant que Jésus est vraiment la résurrection et la vie. Et les morts se montrent à un grand nombre de personnes. La bienheureuse Anna Katarina Emmerich rapporte : « On vit apparaître dans le sanctuaire le grand-prêtre Zacharie, tué entre le temple et l’autel, il fit entendre des paroles menaçantes, et parla de la mort de l’autre Zacharie, de celle de Jean, et en général du meurtre des prophètes. Il sortit de l’ouverture formée par la chute de la pierre qui était tombée près de l’oratoire du vieux Siméon, et parla aux prêtres qui étaient dans le sanctuaire. Deux fils du pieux grand-prêtre Simon le Juste, aïeul de Siméon, qui avait prophétisé lors de la présentation de Jésus au Temple, se montrèrent près de la grande chaire ; ils parlèrent aussi de la mort des prophètes et du sacrifice qui allait cesser, et exhortèrent tout le monde à embrasser la doctrine du Crucifié. Jérémie parut près de l’autel, et proclama d’une voix menaçante la fin de l’ancien sacrifice et le commencement du nouveau. Ces apparitions ayant eu lieu en des endroits où les prêtres seuls en avaient eu connaissance, furent niées ou tenues secrètes, il fut défendu d’en parler sous une peine sévère. Mais un grand bruit se fit entendre : les portes du sanctuaire s’ouvrirent, et une voix cria : “  Sortons d’ici. ” Je vis alors des anges s’éloigner… Il y eut bien une centaine de morts de toutes les époques qui parurent avec leurs corps à Jérusalem et dans les environs. Ils s’élevaient hors des tombeaux écroulés, se dirigeaient, le plus souvent deux par deux, vers certains endroits de la ville, se présentaient au peuple qui fuyait dans toutes les directions et rendaient témoignage de Jésus en prononçant quelques paroles sévères… Mais beaucoup dont l’âme fut envoyée des limbes par Jésus se levèrent, découvrirent leurs visages et errèrent dans les rues comme s’ils n’eussent pas touché la terre. Ils entrèrent dans les maisons de leurs descendants et rendirent témoignage pour Jésus avec des paroles sévères contre ceux qui avaient pris part à la mort du Sauveur… La terreur était grande dans la ville, et chacun se cachait dans les coins les plus obscurs de sa maison. Les morts rentrèrent dans leurs tombeaux vers quatre heures. Après la résurrection de Jésus, il y eut encore, en divers endroits, plusieurs apparitions. Le sacrifice fut interrompu, la confusion se mit partout et peu de personnes mangèrent le soir l’agneau pascal. »

Prions

Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Père Eternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,

le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,

en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,

les mérites de tous les anges et de tous les saints,

de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,

les saints rosaires et autres prières,

et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,

pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Eglise catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.

Saint Joseph, Père nourricier de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chaste époux de la Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour tous les besoins de la sainte Eglise catholique.

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

Les reliques de la Passion du Christ

Reliquaire contenant quelques gouttes du Sang du Christ conservé en la basilique Saint-André de Mantoue.

Le Sang conservé dans les vases aurait été apporté par Longin le Centurion, patron de la ville de Mantoue. Longin était le soldat romain qui a percé le flanc de Jésus lorsqu’il était sur la croix. Cette relique est présentée en procession tous les vendredi-saint.

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