Nous aimons Marie parce qu’elle est comblée de grâce

Méditons

Marie est l’une des nôtres. Elle est une créature humaine soumise aux conditions de notre nature, un vase d’argile qui contient pourtant le plus précieux de tous les trésors.

Dans son apparence, Marie était semblable aux autres femmes de son époque et, dans son humilité, elle ne cherchait pas à se distinguer. Mais dans son âme, elle n’avait rien de commun avec personne, car elle était « comblée-de-grâce ». Son âme toute pure, préservée de la tache originelle dès le premier instant de sa conception dans le sein de sainte Anne, se portait naturellement vers Dieu ; son corps, parfaitement soumis à son esprit, ne connaissait pas les révoltes des sens.

Son âme s’élevait vers Dieu comme un encens très pur. Qui pourrait dire la perfection de sa prière, son intensité, l’amour de Dieu et du prochain qu’elle exprimait, ou encore la joie que la Trinité éprouvait à l’écouter et à l’exaucer ? Qui pourrait mesurer la puissance de son intercession sur le cœur de Dieu, elle qui a trouvé grâce devant lui (Lc 1, 30) et en qui Dieu a voulu se faire l’un des nôtres ?

Lorsque l’Ange Gabriel vient à elle comme messager de Dieu, il la salue comme la « comblée-de-grâce » (Lc 1, 28). Par ces mots, il lui révèle tout l’amour de Dieu pour elle et la faveur unique dont elle est l’objet. Ses prières sont si pures et si ardentes qu’elle a réellement « trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30). D’aucune autre créature, il n’est dit de manière aussi explicite qu’elle a trouvé grâce auprès du Seigneur.

Marie est comblée de grâce dès le premier instant de son existence et elle le demeure toute sa vie, par sa fidélité et sa coopération constante à l’action de l’Esprit-Saint qui la couvre de son ombre. À la Pentecôte, elle est au Cénacle où elle unit sa prière à celle des Apôtres, obtenant pour eux les dons de l’Esprit-Saint. À la fin de sa vie terrestre, la grâce est en elle si abondante qu’elle en déborde sur chacun de nous.

Marie a été pleine de grâce dès l’origine et l’est restée toute sa vie par sa fidélité parfaite. Aujourd’hui, elle est une source inépuisable de grâce pour tous ceux qui l’accueillent et s’en remettent à elle.

Marie, « comblée-de-grâce », priez pour nous.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils. Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au Ciel. (Léonce de Grandmaison)

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Nous aimons Marie parce qu’elle nous conduit à Jésus

Méditons

Marie n’est pas une destination, mais un chemin qui conduit à Jésus, l’unique Sauveur des hommes. Si elle nous attire et nous rassemble autour d’elle, c’est pour nous tourner, avec elle, vers son Fils. Elle chemine avec nous vers le Royaume des cieux à la manière dont les Hébreux marchaient dans le désert avec l’arche de l’Alliance. Elle était le signe de la présence de Dieu au milieu d’eux.

Lorsqu’Élisabeth fait son éloge : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45), Marie répond par le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur… Le Puissant fit pour moi des merveilles ; saint est son nom » (Lc 1, 48-49). Marie ne s’attribue rien : elle se reconnaît humble servante en qui Dieu accomplit ses merveilles. Elle s’est présentée comme telle à l’Annonciation et le redit à la Visitation. Elle n’est grande aux yeux de Dieu que parce qu’elle reconnaît que tout vient de lui. Aussi fait-elle remonter vers lui toute louange qui lui est adressée.

Aux noces de Cana, elle se tourne vers Jésus pour lui présenter un problème concret : « ils n’ont pas de vin » (Jn 2 3). Contrairement à nous, elle ne cherche pas à lui indiquer comment agir. Elle expose simplement le besoin, puis dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Elle nous révèle ainsi qui est Jésus et nous enseigne la confiance, l’humilité et l’abandon à la volonté divine. Son exhortation nous entraîne à toujours nous tourner vers lui et à tout attendre de sa miséricorde.

Les Évangiles ne rapportent que peu de paroles de Marie, mais chacune d’elle révèle une grande densité spirituelle. Jamais elle n’attire l’attention sur elle-même : toutes ses paroles orientent vers Jésus. Lorsqu’elle est présente dans le silence, c’est pour laisser à Jésus toute la place tout en se montrant son indéfectible soutien. Sous la Croix, par sa simple présence, douloureuse mais debout, elle se déclare pour lui, le seul Sauveur. .

Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, Louis-Marie Grignion de Montfort écrit : « Marie est le chemin le plus sûr, le plus facile, le plus court et le plus parfait pour aller à Jésus-Christ » et encore : « Plus on trouve Marie, plus on trouve Jésus-Christ parfaitement. »

Marie, étoile du matin, priez pour nous.

Prions

Une dizaine du chapelet (Notre père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils. Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au Ciel. (Léonce de Grandmaison)

Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

23ème station : la venue de l’Esprit-Saint

La Pentecôte, intérieur de l’église du Saint-Esprit à Avezzano, Italie

Méditons

Pour se révéler et nous dévoiler ses attributs, l’Esprit-Saint prend différentes apparences. Au baptême de Jésus, dans le Jourdain par Jean-Baptiste, Il se manifeste sous la forme d’une colombe, symbole de pureté, de paix, de douceur ; Il rappelle ainsi la colombe envoyée par Noé sur les eaux après le déluge et revenue avec un rameau d’olivier. A la Pentecôte, il se communique au travers d’un vent impétueux qui remplit toute la maison ; Il marque ainsi sa toute-puissance, son absolue liberté, le fait qu’il « souffle où Il veut » (Jean 3, 8). Juste après, il prend la forme de « langues de feu » pour montrer qu’Il est tout amour et même qu’Il est « l’amour infini de Dieu » prêt à embraser le monde entier. Il rappelle ainsi le buisson ardent qui, devant Moïse, brulait sans se consumer sur le mont Sinaï. Enfin, il s’exprime à travers la bouche des Apôtres qui parlent en langues étrangères : l’Esprit-Saint est envoi et communion.

L’événement de la Pentecôte consacre la naissance de l’Eglise, qui est le corps du Christ. L’Esprit-Saint réalise l’unité de tous les croyants par-delà la diversité de ses membres, pour les rendre solidaires entre eux dans l’ordre de la grâce. Cette solidarité de tous ses membres est telle, que dans l’Eglise le bien fait par l’un profite à tous, que le péché commis par l’autre nuit à tous. L’unité réalisée par le Paraclet ne passe pas par le nivellement des savoirs et des compétences mais par la complémentarité des membres de l’Eglise entre eux. En effet, il accorde ses dons à chacun en particulier pour en user dans un esprit de service. Chacun contribue ainsi au bien commun. Comme l’écrit l’Apôtre Paul : « Il y a, certes, diversité de dons spirituels mais c’est le même Esprit ; diversité de ministères mais c’est le même Seigneur ; diversité d’opérations mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous. À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun » (corinthiens).

Même si, dans sa partie militante, l’Eglise est composée en totalité de pécheurs, elle est sainte parce que l’Esprit-Saint la guide, l’enseigne, la façonne, la purifie, la conduit à la perfection que Jésus attend de chacun de ses membres. Pour nous rendre dociles à l’action du Paraclet qui veut nous mener à cette perfection demandée par Jésus, Marie nous entraine par son lumineux exemple. Elle est la Mère de l’Eglise qui la révèle dans toute sa perfection. A son école, nous apprenons à aimer l’Eglise militante composée de pauvres pécheurs malgré ses nombreuses imperfections.

Marie et l’Eglise de Jésus sont si intimement liées qu’on peut dire que celui qui aime Marie, aime l’Eglise et qui aime l’Eglise, aime Marie. Comme le dit le pape Benoit XVI dans son homélie pour le 40ème anniversaire de la clôture du concile Vatican II : « Marie est tellement liée au grand mystère de l’Eglise, qu’elle et l’Eglise sont inséparables, tout comme sont inséparables le Christ et elle. »

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

22ème station : la préparation à la venue de l’Esprit-Saint

La Pentecôte, enluminure du 15ème siècle : les Apôtres, les disciples et les femmes prient avec Marie, Mère de Jésus, pour la venue de l’Esprit-Saint promis par Jésus.

Méditons

C’est par son admirable Ascension que Jésus quitte ce monde pour retourner à son Père, d’où Il est venu. Il part pour nous préparer une place auprès de Lui et nous envoyer l’Esprit-Saint comme Il l’a promis à plusieurs reprises. En effet, à la dernière Cène, Jésus a dit à ses Apôtres : « Quand je serai parti, le Père vous enverra l’Esprit-Saint en mon nom. Il vous fera souvenir de ce que je vous ai dit » (Jean 14,26). Le soir de Pâques, il renouvelle la même promesse : « et voici que moi, je vais vous envoyer l’Esprit-Saint ; vous serez revêtus de sa force » (Luc 24,29). L’Esprit-Saint est le don pascal par excellence, c’est Lui qui nous donne de connaître Dieu et de persévérer dans le bien. Il est la science des docteurs et la force des martyrs. C’est par l’Esprit-Saint que Jésus est présent au milieu de nous et qu’il réalise son autre promesse : « voici que désormais je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20).

Jésus enjoint à ses Apôtres de rester à Jérusalem et d’y attendre la venue du Paraclet dans la prière persévérante. Recevoir l’Esprit-Saint demande une préparation dans la prière, le jeûne, le silence. Jésus n’a abordé aucun des moments décisifs de sa vie sans avoir au préalable ardemment prié. A la veille de sa vie publique, juste après son baptême par Jean-Baptiste, Il s’est retiré quarante jours dans le désert, où, dans l’isolement, Il a jeuné et prié. De ses Apôtres, Il n’en demande pas autant puisqu’ils n’attendront que neuf jours avant d’être remplis de l’Esprit-Saint. Cependant, afin d’accueillir pleinement le Paraclet avec tous ses dons, les « serviteurs doivent imiter le maître » en se dépouillant de tout ce qui pourrait, en eux, contrister l’Esprit. Cela n’est possible que par la prière, le jeûne, le silence intérieur.

C’est à l’école de Marie qu’est dispensée la meilleure préparation à la venue de l’Esprit-Saint en nos âmes. Ce n’est pas sans une raison majeure que la Mère de Jésus est au Cénacle pendant neuf jours avec les Apôtres. Sa présence, comme aux noces de Cana, n’est pas le produit du hasard ; elle procède de sa soumission totale à la volonté de Dieu. L’Evangile ne le dit pas mais il n’y a aucune extravagance à penser que Jésus, avant de quitter ce monde, a recommandé à Marie et aux Apôtres de prier ensemble pendant cette neuvaine préparatoire à l’événement fondateur de la Pentecôte. Dieu veut que Marie soit là pour soutenir de sa toute-puissance d’intercession, les Apôtres qui s’apprêtent à être revêtus de la force d’en-haut.

A la prière de Marie, l’humble servante de Nazareth, l’Esprit-Saint est venu sur elle, pour que d’elle naisse le Sauveur. Au cénacle, à la prière de Marie, l’Esprit-Saint vient pour que naisse l’Eglise. Marie est Mère de Dieu depuis l’Annonciation ; elle est Mère des hommes depuis le Vendredi-saint ; elle est Mère de L’Eglise depuis la Pentecôte.

Par le rosaire, Marie, comme elle l’a fait au cénacle avec les Apôtres, s’associe à nous pour demander la venue de l’Esprit-Saint que Jésus veut nous donner à profusion. Et, parce qu’elle prie avec nous, Jésus nous écoute et nous exauce.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

21ème station : l’Ascension

Méditons

Pendant quarante jours, Jésus est apparu à ses Apôtres en diverses circonstances, en divers endroits et de diverses manières pour les convaincre de sa Résurrection, leur en dévoiler le sens profond et ses prolongements dans leur propre vie. Ces quarante jours n’ont pas été de trop car ils ont servi à consoler les Apôtres, ébranlés d’abord par l’épreuve de la Passion, ensuite par l’annonce du départ de Jésus pour le Ciel. Ce départ vise pourtant un plus grand bien car il prépare les Apôtres, et toute l’église avec eux, à l’événement fondateur de la Pentecôte.

Nous voici donc rendus au quarantième jour après la Résurrection. Jésus apparait à sa Mère, à ses Apôtres, à ses disciples et au groupe de femmes pour la dernière fois. Sous leurs yeux, Il s’élève dans la gloire du Ciel, où « Il est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant et d’où « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts » (credo). En attendant son retour glorieux, Jésus ne nous abandonne pas ; s’Il part, ce n’est pas pour quitter définitivement notre terre mais, au contraire, pour réaliser sa promesse d’être avec nous, tous les jours jusqu’à la fin du monde. Par l’Esprit-Saint qu’il envoie d’auprès du Père, Jésus se rend présent et agissant parmi nous et tout particulièrement dans l’Eucharistie, dans la Parole de Dieu et dans son peuple (là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis parmi eux).

L’ascension est un événement qui nous remplit de sainte espérance en dirigeant nos regards vers notre « terre promise », vers notre « maison paternelle. » En partant, Jésus a dit : « Il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père. Je m’en vais vous préparer une place » (Jean 14, 2). Dans la maison du Père, chacun d’entre nous a une place réservée, unique, qui ne pourra être occupée par personne d’autre : quelle merveilleuse espérance que de se savoir attendu au point d’avoir une place désignée de toute éternité. Par son Incarnation, Jésus est venu partager notre vie dans cette vallée de larmes ; par sa Résurrection et son Ascension, il nous donne l’espérance de partager un jour sa vie divine, faite de bonheur et de joie sans fin dans le Ciel. « O heureuse faute qui nous valut un tel Sauveur » (saint Augustin).

En attendant, notre rencontre personnelle avec Lui dans le Royaume des cieux, Jésus nous invite à élever souvent nos regards vers le Ciel où Il nous attend, afin que l’espérance de le rejoindre nous soutienne dans les combats de la vie. Souvenons-nous de ses paroles : « Bienheureux serez-vous lorsqu’on vous maudira et qu’on dira faussement toute sorte de mal contre vous à cause de Moi. Réjouissez-vous et tressaillez de joie parce que votre récompense sera grande dans les Cieux » (Matthieu. 5, 11- 12).

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

20ème station : la mission apostolique

Allez dans le monde entier, William Blake

Méditons

Jésus-Christ est le Verbe de Dieu. Il est non seulement le porteur du message d’amour de Dieu pour les hommes mais aussi le message lui-même : le don suprême de Dieu à l‘humanité toute entière. Il est celui dont elle a un besoin vital même si, dans son aveuglement et son attachement aux choses de ce monde, elle ne s’en rend pas toujours compte. En Jésus, « la voie, la Vérité et la vie » (Jean 14, 6) nous trouvons le seul chemin qui mène au salut, à la vraie joie, au bonheur véritable. Il est le seul qui puisse répondre aux aspirations profondes de l’être humain. Tant dans notre faiblesse humaine que dans notre orgueil, nous cherchons les solutions à nos problèmes chez les faux-prophètes alors que les réponses à toutes nos détresses sont contenues dans un seul nom : Jésus. Ce message d’amour de Dieu doit être annoncé à tout homme.

Marie a connu les premiers balbutiements apostoliques des Apôtres ainsi que les premières persécutions de l’Eglise. Elle a entendu parler du martyr d’Etienne. On lui a rapporté ses paroles de pardon pour ses persécuteurs. Parmi eux se trouvait Saül, aux pieds duquel ont été déposés les vêtements d’Etienne. En pardonnant à Saül, Etienne a permis à la grâce divine d’œuvrer en lui, de changer « son cœur de pierre en cœur de chair » et d’engager le processus de transformation de Saül en Paul, du plus acharné des persécuteur des chrétiens au plus ardent des Apôtres : à deux mille ans distance, la sincérité de ses accents nous touche encore.

Saint Paul, qui témoigne de la puissance de transformation de la grâce, est pour nous l’exemple parfait de tout ce que Jésus peut accomplir par l’intermédiaire de ceux qui se confient à lui et l’illustration du zèle apostolique. Suite à sa conversion sur le chemin de Damas, il a entièrement consacré sa vie au Christ et à l’annonce de l’Evangile jusqu’aux extrémités du monde connu. Rempli de l’Esprit-Saint, Il n’avait jamais peur de proclamer la Bonne Nouvelle à ceux qu’il rencontrait. Rien ne l’arrêtait, pas même les nombreuses difficultés auxquelles, il a été confronté : « Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ; trois fois, j’ai subi la bastonnade ; une fois, j’ai été lapidé ; trois fois, j’ai fait naufrage et je suis resté vingt-quatre heures perdu en mer. Souvent à pied sur les routes, avec les dangers des fleuves, les dangers des bandits, les dangers venant des Juifs, les dangers venant des païens, les dangers de la ville, les dangers du désert, les dangers de la mer, les dangers des faux frères. J’ai connu la fatigue et la peine, souvent les nuits sans sommeil, la faim et la soif, les journées sans manger, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste: ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Eglises. Si quelqu’un faiblit, je partage sa faiblesse ; si quelqu’un vient à tomber, cela me brûle… » (2 Corinthiens 11,22-29).

Les premiers Apôtres n’ont pas attendu des temps favorables pour commencer à évangéliser. L’Esprit-Saint est à peine sur lui, le matin de la Pentecôte, que Pierre s’adresse déjà à la foule, dont une bonne part se convertit et croit en l’Evangile. L’Esprit-Saint fait sortir les Apôtres du cénacle pour les envoyer dans le monde entier porter la Bonne Nouvelle du salut, comme Jésus le leur a demandé juste avant de les quitter, le jour de l’Ascension. Ils ne reculeront devant aucune difficulté, conscients que le Seigneur est avec eux, voyant qu’Il confirme « la parole par les signes qui l’accompagnent » ; ils ne reculeront pas non plus quand l’annonce de l’évangile les mènera (pour onze d’entre eux) jusqu’au martyre.

Par sa prière et son exemple, Marie a soutenu et secondé les Apôtres dans leur mission d’évangélisation. Aujourd’hui encore, par la prière du rosaire, elle nous obtient tous les dons de l’Esprit-Saint grâce auxquels nous trouvons le courage de surmonter, dans la joie et l’espérance, toutes les difficultés qui ne manquent jamais de surgir sur le chemin de l’évangélisation.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

19ème station : Pierre, m’aimes-tu ?

Pierre, m’aimes-tu ?, EL Greco

Méditons

« Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Voilà une question bien embarrassante qui, au premier abord, ne peut que gêner l’Apôtre, un pécheur aux manières un peu frustes et au caractère bien trempé ; une telle question ne peut susciter qu’une réponse approximative, voire aléatoire. Qui peut dire qu’il aime Jésus plus qu’un autre ? Personne, a priori, ne sait dans quelle mesure un autre aime Jésus. Et même, qui dispose des outils adéquats pour mesurer son amour pour Jésus ? Pierre donne la réponse la moins mauvaise possible : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » En d’autres mots, Pierre dit : « Seigneur, tu sais tout. Tu sais que je t’aime de toutes mes forces ; mon amour n’est pas aussi grand que je le voudrais parce que je ne dispose que de forces humaines. Tu sais que mon désir de t’aimer dépasse mes capacités… Je t’ai trahi au moment où tu avais le plus besoin de moi mais tu sais que c’est par faiblesse et que je m’en repens douloureusement.»

La seconde question va plus loin : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu? » En d’autres mots : « M’aimes-tu, tout court ? Quoi qu’il en soit des autres, toi, m’aimes-tu plus que tout ? » Enfin, la troisième question touche Pierre en plein cœur et le bouleverse. Elle résonne dans son cœur comme le chant du coq au petit matin du Vendredi-saint. L’insistance de Jésus appuie sur des blessures non encore cicatrisées. Avec Pierre, Jésus applique la même pédagogie qu’avec les enfants d’Israël lorsque, dans le désert, ils mourraient à cause des morsures de serpents (la punition pour leurs péchés). Sur l’ordre de Dieu, Moïse a fait dresser un serpent d’airain ; ceux qui le regardaient, guérissaient de leurs blessures. Jésus amène Pierre à considérer les blessures qu’il s’est faites à l’âme par son triple reniement pour que, par une sincère contrition et le pardon divin, il puisse en guérir. Pierre comprend alors que Jésus veut lui faire revivre en souvenir sa trahison, tout en lui faisant redire sa foi et son amour, pour qu’il sente à quel point il est pardonné.

« Seigneur, toi, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime. » Avec ces mots, a été dit, tout ce qu’il y avait lieu de dire. Et, Jésus n’insistera plus. Pierre est pardonné, ses fautes sont effacées, la miséricorde a fait son œuvre. Jésus ne demande pas que nous vivions au-dessus de notre condition de pauvres pécheurs (ça ne nous est pas possible !) mais que nous l’aimions de toutes nos pauvres forces humaines. Lorsque nous tombons, notre amour pour Lui doit nous entrainer à nous laisser relever par Lui (notamment par le sacrement du pardon).

Non content de liquider le passé, Jésus, par trois fois, confie une mission à Pierre. Non seulement, Il lui pardonne mais en plus, pour le manifester concrètement, il lui confie une mission éminente entre toutes, une mission de bras-droit, d’homme de confiance : « Pais mes agneaux, pais mes brebis. » Jésus lui offre de participer à sa propre tâche de pasteur et de l’imiter jusqu’au bout du don de soi. Le bon berger, disait Jésus, donne sa vie pour ses brebis. Pierre est prévenu que son imitation du Maître ira jusque-là c’est-à-dire jusqu’au don de sa propre vie.

Étendre les mains pour se laisser faire, voilà pour Pierre, le sacrifice de l’âge mûr (ou de la maturité spirituelle) et la réponse ultime à la confiance que le Seigneur a mis en lui. Quand viendra l’heure pour chacun de nous de s’abandonner totalement à Dieu dans la mort, quel plus beau geste pourrions-nous trouver que d’étendre nos mains fatiguées comme pour dire au Seigneur : « Seigneur, tu sais tout, tu vois bien que je t’aime. »

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

18ème station : la primauté de Pierre

La pêche miraculeuse, aquarelle de M. DIENER : les Apôtres peinent à remonter un filet rempli de gros poissons ; sur la berge, Jésus les attend à côté d’un feu de braises.

Méditons

La scène de la pêche miraculeuse est riche en symboles relatifs à l’Eglise et, dans la progression de l’action, on peut même discerner un mode opératoire pour l’annonce de l’Evangile et l’appel à la conversion. En effet, les poissons représentent les âmes, la barque, c’est l’Eglise, le filet, c’est la parole de Dieu, les Apôtres, ce sont les pécheurs, le rivage, c’est la vie éternelle, le feu de braise, c’est la foi, le lac de Tibériade, c’est le monde.

Les Apôtres ont peiné toute la nuit sans prendre aucun poisson. Sur le mandement de Jésus, ils lancent encore une fois leur filet sur la droite de la barque. Cette fois, ils prennent une grande quantité de gros poissons. Jésus est le pécheur d’hommes, les Apôtres sont les bras avec lesquels, Jésus lance le filet de l’Evangile et la fécondité de leur ministère dépend de leur fidélité à transmettre la parole de Dieu. A vouloir travailler selon leurs propres forces, ils s’épuisent pour n’obtenir qu’un résultat décevant. Par contre, en s’appuyant sur la puissance salvifique du Christ ressuscité, tout ce qui semble impossible devient réalisable.

Cette pêche compte 153 gros poissons, pris dans le lac de Tibériade. Le salut doit être annoncé dans toutes les parties du monde et proposé à tous les hommes, de toutes les races. 153 est un chiffre d’universalité car il représente le nombre de variétés de poissons connues dans l’antiquité. Le lac représente le monde ; il est le lieu de la plus fantastique des aventures mais aussi celui de tous les dangers car la tempête peut s’y lever et faire chavirer les pécheurs (nous l’avons vu dans la scène de la tempête où les Apôtres ont failli périr). L’Evangile doit être annoncé à tous les peuples, quelles que soient les circonstances, quels que soient les dangers encourus. Mais que les Apôtres n’aient crainte, le Christ ressuscité est avec eux et il a pouvoir sur tous les éléments contraires.

Le filet de poissons est chargé sur la barque, puis Pierre le porte tout seul à Jésus. La barque représente l’Eglise au sein de laquelle, par le travail conjugué de l’ensemble des Apôtres, sous la conduite de Pierre, les âmes sont accueillies. Parmi les Apôtres, Pierre détient la primauté car c’est sur lui que Jésus a fondé son Eglise. Il lui a remis les clés du royaume des cieux, lui disant devant ses frères : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Matthieu 16, 18). Pierre est celui qui marche en tête des Apôtres, chargé de guider le peuple de Dieu vers le rivage éternel (le Royaume des cieux) où il rencontrera Jésus, c’est-à-dire Dieu-même.

Sur le rivage, brule un petit feu de braises avec du poisson et du pain. Le feu c’est la foi, le pain c’est l’Eucharistie, le poisson c’est nous. C’est par l’Eucharistie, célébrée en Eglise, dont Pierre est le fondement, que grandit notre foi. Aussi, la mission de Pierre, le premier des Apôtres, consiste-t-elle à mener les âmes à l’Eucharistie, la porte vers la vie éternelle ou Jésus les attend toutes.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

17ème station : la pêche miraculeuse

La pêche miraculeuse, Konrad Witz

Méditons

Pierre a déjà vu le Ressuscité au moins deux fois (le soir de Pâques dans le cénacle avec les dix, et huit jours plus tard avec Thomas.) mais il ne le reconnaît pas. Cependant, il risque le plongeon de la foi (car il s’agit bien de cela !) sur le témoignage de Jean qui, lui, le reconnait dès le premier instant.

Pierre ne réfléchit pas longtemps. Dès qu’il entend Jean dire « c’est le Seigneur », il quitte sa barque et ses compagnons pour aller le retrouver. Ce n’est pas comme lors de la première pêche miraculeuse où il tombe à genoux en disant «éloigne-toi de moi car je suis un homme pêcheur. » Ce n’est pas non plus comme lors dans la tempête où il demande à Jésus « si c’est bien toi, ordonne-moi de venir à toi.» Cette fois, il n’a pas peur. Il n’a pas non plus besoin que Jésus lui confirme que c’est bien Lui. Son amour pour le Seigneur, son désir de le retrouver, d’être avec Lui, malgré les risques, malgré les difficultés, l’emportent sur toute autre considération. Dans la spontanéité de Pierre, nous trouvons une illustration de ce qu’est l’aventure de la foi : le désir d’être avec Jésus qu’on a rencontré dans son âme, sur le témoignage de quelqu’un et qu’on a appris à aimer quoi qu’il en coûte.

Avant de plonger, Pierre passe un vêtement. Nager tout habillé n’est pas chose commode même pour un nageur aguerri car il faut tout de même couvrir une centaine de mètres jusqu’au rivage (symbole de la vie éternelle). Mais pour Pierre, le but n’est pas de nager à son aise mais d’être décent lorsqu’il se trouvera face à Jésus. Le vêtement est le signe d’une transformation intérieure et Pierre enfile son habit comme le catéchumène passe un vêtement blanc à son baptême. En effet, la foi suppose un changement de vie, une conversion du cœur, une attitude qui témoigne de notre appartenance au Christ.

Sur le rivage, Jésus demande qu’on apporte les poissons. Pierre remonte sur la barque. Il prend pour lui la demande du Seigneur. Dans le « vous » Pierre entend ce qui s’adresse à lui, il ne considère pas que ça s’adresse aux autres. Il ne regarde pas les autres faire le travail, mais il se remonte les manches pour obéir au commandement du Seigneur. En cela, Pierre nous donne une grande leçon d’humilité et d’amour de Dieu : il n’attend pas que les autres fassent, et la quantité de travail qu’il réalise n’est pas fonction de celle réalisée par ses compagnons. Il aime Jésus. Aussi fait-il en sorte d’aller au bout de tout ce qu’il est capable d’accomplir, pour l’amour du Seigneur et sans regarder sur ce que font (ou ne font pas) les autres.

Dans le filet qui, malgré l’abondance de la pêche ne se déchire pas, on dénombre 153 gros poissons. Ce nombre est significatif à plusieurs titres. En effet, il représente le nombre de variétés de poissons connues dans l’antiquité ; en cela, il est signe d’universalité. Les Apôtres que Jésus a institués pécheurs d’hommes, doivent porter la Bonne Nouvelle du salut au monde entier. Cette mission, difficile, au cours de laquelle, le filet peut rompre à tout instant, sera toujours couronnée de succès du moment que les Apôtres sont fidèles à accomplir la volonté du Seigneur. Notons, enfin, que le rosaire contient 153 Ave Maria, autant qu’il y a de poissons dans le filet de la pêche miraculeuse : le rosaire est le filet de tout pécheur d’hommes.

Que Marie, Notre-Dame du Rosaire (ou de la pêche miraculeuse !) nous aide à être fidèles à notre baptême en progressant dans la foi. Reine des Apôtres, qu’elle nous soutienne dans le témoignage pour que nous puissions indiquer, nous aussi, «c’est le Seigneur». Vierge Immaculée, qu’elle nous apprenne à garder intact la dignité d’enfants de Dieu. Mère du Bel Amour, qu’elle nous accompagne dans l’aventure de la foi, impatient de retrouver celui qui nous attend sur le rivage de la vie éternelle.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

16ème station : le doute de Thomas

Jésus ressuscité et saint Thomas, détail d’une fresque du XIVème siècle dans l’église supérieure du Sacro Speco à Subiaco

Méditons

Imaginons l’état émotionnel des Apôtres après avoir été visités par le Christ ressuscité, juste après l’avoir touché, avoir mangé avec Lui. Imaginons la joie, l’enthousiasme avec lesquels les dix rapportent toute la scène à Thomas lorsqu’il les rejoint. Leur témoignage, si crédible qu’il puisse être, ne suffit pourtant pas à Thomas pour l’entrainer à croire en la résurrection de Jésus. L’épreuve de la Passion, la mort de Jésus et l’esprit cartésien de Thomas l’amènent à douter de tout ce que ses compagnons peuvent lui raconter avec tant de conviction. En cela, son attitude s’oppose totalement à celle de Jean qui, lui, a cru en ne voyant que le tombeau vide.

Jésus permet que Thomas soit rongé par le doute pendant huit jours, au cours desquels, les dix ne cessent de lui décrire les détails de l’apparition de Jésus afin de l’amener à croire et ramener la paix dans son âme. Cette épreuve, voulue par Jésus, vise un plus grand bien : elle permet que ce disciple, sous l’empire du doute, touche en Jésus les blessures de la chair et guérisse en nous les blessures de l’incrédulité. D’une certaine manière, en effet, l’incrédulité de Thomas nous est plus utile que la foi de Jean qui a cru sans voir. Thomas touche les plaies de Jésus, « met le doigt dans ses plaies et sa main dans le côté de Jésus. » Par ces gestes, Thomas nous délivre de nos doutes sur la résurrection de Jésus et nous conforte dans notre propre foi. L’incrédulité de Thomas nous permet même d’accueillir avec foi la béatitude pascale par excellence : « heureux ceux qui croiront sans avoir vu. » Enfin, elle nous permet d’affirmer, d’une part que Jésus mort sur la croix est vraiment Seigneur et Dieu, d’autre part qu’il a vaincu la mort, qu’il est le maître de la vie.

Thomas ne demande pas simplement à voir ou à toucher les plaies du Christ mais à y enfoncer ses mains, c’est-à-dire à s’assurer au-delà même du moindre soupçon de supercherie, qu’il s’agit bien de Jésus et qu’Il est bien vivant. Suivant sa logique scientifique, Thomas finit par aller plus loin dans la foi que les autres Apôtres : puisque Dieu seul peut vaincre la mort, alors Jésus qui, par sa propre puissance est ressuscité, est nécessairement Dieu. L’incrédulité de Thomas nous donne ainsi un témoignage suprême de la divinité de Jésus. Le Seigneur permet que Thomas doute sans pourtant l’abandonner dans son doute. Et ce disciple en doutant puis en touchant devient le témoin de la vérité de la Résurrection pour toute l’Eglise.

Lorsqu’on doute de quelque chose, on a pris l’habitude de dire : « je suis comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois… » Or, on oublie que Thomas, non seulement a fini par croire mais qu’en plus, il ne s’est pas appesanti sur son doute mais qu’il s’en est servi comme tremplin vers une foi admirable. Thomas ne demandait qu’à croire mais dans son exigence intellectuelle, les faits devaient venir appuyer sa foi. En saint Thomas, nous voyons que science et foi ne sont pas incompatibles et même, que la science, bien loin de desservir la foi, vient l’appuyer.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres ; viens, dispensateur des dons ;  viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, tu nous procures le repos,  dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Alléluia. (Séquence de la Pentecôte)

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.