Méditons
Personne n’a été plus libre que Jésus. Il s’est donné au Père pour sa gloire et notre salut, en pleine conscience, en pleine connaissance et en pleine liberté. Juste avant sa Passion, il déclare : « J’ai le pouvoir de donner ma vie et j’ai le pouvoir de la reprendre » (Jn 10, 18). À Pilate, il dit encore : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut » (Jn 19, 11).
Après lui, personne n’a été plus libre que Marie, et toute sa vie en témoigne.
À l’Annonciation, elle dit « oui » à l’archange Gabriel alors qu’il lui propose, à vue humaine, un projet insensé. En effet, il lui demande d’accueillir en son sein le Fils de Dieu afin qu’il se fasse homme et partage notre condition en tout, excepté le péché. À sa question « comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme » (Lc 1, 34). l’Ange lui répond que l’Esprit-Saint viendra sur elle et la prendra sous son ombre. Pour cette singulière mission, Gabriel ne lui donne que deux assurances : « le Seigneur est avec toi » (Luc 1, 28) et « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1, 37).
Cependant, il ne lui dit pas comment elle devra affronter le regard du monde et celui des autorités religieuses. Ces dernières pourront la considérer comme une femme adultère et réclamer sa lapidation. Par ailleurs, elle est fiancée à Joseph et ne sait pas s’il la croira lorsqu’elle lui annoncera la nouvelle.
Sachant tout cela, elle dit « oui » malgré tout, se reposant entièrement sur les paroles de l’Ange : « Le Seigneur est avec toi » et « À Dieu, rien n’est impossible ». Depuis longtemps déjà, elle s’était préparée à dire « oui » à Dieu en toutes circonstances, dans les petites comme dans les grandes choses. Elle manifeste ainsi une très grande liberté car elle ne craint pas le regard et le jugement du monde, mais s’en remet entièrement à Dieu, certaine qu’il la justifiera.
Pendant les années de la vie publique de Jésus, Marie est pleinement consciente des contradictions et des persécutions auxquelles son Fils doit faire face. Pourtant, elle lui accorde sa foi et son soutien quoi qu’il advienne. Lorsque la famille cherche Jésus, c’est probablement pour lui faire part des difficultés et des tensions provoquées par son enseignement nouveau et révolutionnaire. De Marie, cependant, on n’entend aucune parole demandant à Jésus de modérer ses propos afin d’apaiser les siens. On entend seulement Jésus répondre à cette femme qui s’écrie : « Heureuse la mère qui t’a porté et le sein qui t’a nourri », en déclarant : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Lc 11, 27-28). Ce qui signifie que Marie est entièrement acquise à sa cause. Ella a choisi résolument le camp de Jésus et en témoigne par toute sa vie, configurée à la sienne.
Enfin, au pied de la croix, Marie demeure le soutien silencieux mais indéfectible de Jésus. Renonçant à elle-même dans son amour de mère, elle consent à l’offrande que Jésus fait de lui-même et s’unit à lui de tout son cœur et de toute son âme.
La liberté ne consiste pas à faire tout ce qui nous plaît sans considération des conséquences pour les autres. La véritable liberté consiste à dire « oui » à Dieu et « non » au péché tout en recherchant le bien de son prochain. Après Jésus, personne n’a été plus libre que Marie.
Par son exemple, elle nous entraîne à sa suite, à dire « oui » à Dieu comme elle l’a fait, dans une confiance et une foi absolues, et à lui demeurer fidèles quoi qu’il advienne et quel qu’en soit le prix.
Le « oui » de Marie, uni à celui de Jésus, a pris la forme d’un enfantement : il fut long et douloureux, mais il a conduit à la naissance de l’homme nouveau que sont tous ceux qui se sont laissé racheter par le sang de l’Agneau de Dieu.
Ne craignons donc pas de dire « oui » à Dieu et, si nous devions connaître quelques hésitations, tournons notre regard vers cette étoile qu’est Marie, afin qu’elle nous éclaire par son exemple et nous soutienne par sa prière.
Marie, notre Mère, notre modèle, notre sœur dans la foi, priez pour nous.
Prions
Une dizaine du chapelet (Notre père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)
O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils. Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au Ciel. (Léonce de Grandmaison)
Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.







