Consolateur de Jésus et de Marie

Contemplons

Dismas et Jésus

Méditons

Lorsqu’on médite la Passion du Sauveur, on se représente Jésus suant du sang à Gethsémani, portant sa croix jusqu’au Calvaire, cloué sur un gibet… on se représente son corps couvert de plaies, sa tête couronnée d’épines… Cela dit, on oublie souvent de se pencher sur son état intérieur. Pourtant, Jésus qui s’est donné entièrement pour notre salut, a souffert aussi dans son âme et peut-être plus encore que dans son corps…

Jésus est abandonné de ses apôtres qui ont tous perdu la foi. Il est trahi par l’un d’eux qu’il appelait « mon ami » et dont il est amené à dire : « Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » (Marc 14, 21).

Cette foule immense qu’il a si souvent bénie, ces hommes qu’il a guéris, ceux qui ont vu ses miracles, écouté ses prédications, se sont émerveillés de la sagesse de ses propos, réclament aujourd’hui sa mort. Les autorités religieuses, ceux qui auraient dû le reconnaitre comme envoyé du Père, l’accusent de blasphémer quand il dit qu’il est le Fils de Dieu et le livrent à la mort. Et encore, la mort ne leur suffit pas ; tout le monde est là pour le voir souffrir…

Quelle tristesse en Jésus de voir que tous ces hommes, les autorités religieuses en tête, se sont à ce point éloignés du Père, qu’ils en oublient ses commandements et, pour comble de tout, se servent de son nom pour justifier leurs crimes…

Quelle souffrance intérieure pour Jésus, lui si sensible, de voir sa Mère aimée souffrir au pied de sa Croix, elle, comme lui, l’innocence même, qui mérite si peu de souffrir…

Dans cet océan d’amertume, peu de choses viennent consoler Jésus. Il y a la fidélité et l’amour indéfectibles de Marie. Il y a Simon de Cyrène qui fait de son mieux pour l’aider à porter la Croix même s’il rechigne au début. Il y a Véronique qui éponge son visage ensanglanté et couvert de crachats…

Mais il y a surtout Dismas qui se convertit, se déclare publiquement pour lui, qui se laisse amener à la sainteté parfaite, celle qui le rend digne du paradis.

« Il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Luc 15, 7). Aussi, imaginons à quel point la conversion du bon Larron console Jésus et Marie. Dismas justifie tout ce que Jésus a pris sur lui dans sa Passion. En effet, ce qui accable le Sauveur, ce n’est pas le prix élevé qu’il paie pour notre salut mais notre peu d’ardeur à nous laisser sauver.

La conversion de Dismas fait aussi la consolation de Marie pour qui il importe plus que tout, que le sang de Jésus, le sang de Dieu, n’ait pas été versé en vain. Aussi, elle s’emploie à mener toutes les âmes au Sauveur crucifié afin qu’elles voient en lui l’image et la preuve de son amour. Pour elle, rien n’est pire que de voir une âme aller à la perdition car cela signifierait que tout ce que Jésus a enduré pour elle, l’aura été vain.

La conversion de Dismas, le bon Larron, a été la consolation de Jésus et de Marie en ce Vendredi-saint qui les plonge dans un océan d’amertume. De là où nous sommes, il nous est difficile d’imaginer jusqu’à quel point cette conversion a été consolante. Mais, quand nous serons immergés dans l’éternelle Vérité qu’est Jésus, quand nous verrons la gloire de Dismas au paradis, nous comprendrons ce que sa conversion aura représenté de consolation pour Jésus et Marie quand ils étaient au comble de la souffrance.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

LETTRE A MARIE POUR L’ANNONCIATION

Chère Maman du Ciel,

C’est l’Annonciation ! C’est l’anniversaire de ton « oui ». C’est une très grande fête car elle marque le jour où tu as donné à Jésus, le Verbe de Dieu, d’habiter parmi nous. Ce « oui » n’est qu’un simple mot mais donné par toi, il contient la toute-puissance de Dieu. Il a changé la face de la terre, le cours de notre histoire. Pour nous sauver de la mort éternelle à laquelle Adam et Eve nous ont condamné par leur désobéissance, Dieu nous avait promis un Sauveur. En ce jour, il vient à nous dans la plus profonde humilité, dans la tenue du serviteur, prenant notre condition en tout excepté le péché. Dieu, infiniment respectueux de notre liberté, sollicite ton concours à son œuvre de Salut et, pour cela, te demande de l’accueillir en ton sein. Grâce à toi, le Salut a pu nous atteindre. Grâce à toi, Dieu habite parmi nous. Par ton « oui », tu deviens la Mère de Dieu, la cause de notre joie, la porte du Ciel, le refuge des pécheurs, la consolatrice de ceux qui pleurent.

Chère Maman du Ciel

L’évangile ne nous dit que peu de choses des circonstances qui entourent cet événement majeur : tu habites à Nazareth, tu es fiancée à Joseph, tu es vierge, tu t’appelles Marie. Ce que saint Luc ne précise pas, mais qui ressort de tes paroles, c’est que ton Cœur Immaculé s’est toujours tenu prêt à accomplir la volonté du Seigneur. Si tel n’avait pas été le cas, comment aurais-tu donné ton « oui » dans un tel élan d’amour, tout en étant consciente des difficultés. Tu as dit « oui » parce que toujours, tu as accompli la volonté de Dieu telle qu’elle se présentait à toi, parce que toujours tu as été son humble servante. Depuis toujours tu n’as été que don de toi-même au Seigneur pour sa gloire et le Salut du monde.

Chère Maman du Ciel,

Ton « oui » n’est pas un petit bourgeon à peine formé. Il n’est pas une fleur épanouie mais bel et bien un fruit mûr. Il n’est pas donné dans l’enthousiasme, l’exaltation des circonstances parce qu’il t’est donné de devenir la Mère du Sauveur, honneur convoité par toutes les jeunes filles de ton temps. Il jaillit d’un cœur ferme et sans partage qui s’est fixé pour objectif de vie de servir le Dieu trois fois saint.

Chère Maman du Ciel,25

Toujours, tu as dit « oui » à Dieu ! Le « oui » de l’Annonciation n’est qu’un « oui » de plus, aussi radical que l’ont été les précédents. Il est leur aboutissement et même leur apothéose. À l’Annonciation, tu répètes à Dieu ce que tu lui as toujours dit dans le secret de ta prière : « je suis ton humble servante. »

Chère Maman du Ciel,

On te présente souvent comme une frêle jeune fille, un peu naïve, qui dit « oui » pensant qu’elle traversera l’existence sur un chemin bordé de roses, qui croit mais sans grand mérite parce qu’elle bénéficiera d’un traitement de faveur. Tu es tout le contraire ! Tu connaissais les Ecritures et ce qu’elles disent du Messie. En disant « oui » à Dieu, tu sais que ton enfant sera l’homme des douleurs dont parle le prophète Isaïe, le serviteur souffrant dont parle David. Tu sais qu’en devenant la Mère du Messie, tu acceptes de partager ses souffrances. Cela ne t’arrête pas ! Au contraire ! Parce qu’il souffrira tant pour ton Salut et le nôtre, tu veux le servir avec une ardeur renouvelée. Tu sais qu’en accomplissant la volonté du Seigneur, tu t’exposes à l’incompréhension de Joseph, à l’opprobre de tes voisins, à la condamnation par les autorités religieuses. Cela ne t’arrête pas non plus ! Tu es une femme forte, qui se tient debout dans les difficultés, qui met sa confiance en Dieu quoi qu’il advienne. Tu es une femme libre qui choisit en pleine conscience, en pleine connaissance, de dire « oui » à Dieu, à tous ses plans, lui laissant le soin de te conduire là où il veut, par les moyens qu’il veut et de te justifier aux yeux du monde. Aucun être créé n’a été plus libre que toi.

Chère Maman du Ciel,

Saint Luc nous dit que tu étais vierge et fiancée à Joseph. Quand Gabriel te dit que « tu concevras et enfanteras un Fils auquel tu devras donner le nom de Jésus », tu manifestes ton étonnement car tu ne connais pas d’homme. Par cette objection, tu ne te dérobes pas. Tu ne cherches pas à limiter ses attentes. Tu lui rappelles simplement que tu lui as déjà fait don de toute ta personne en lui consacrant ta virginité. Tu renonçais à la maternité pour l’amour de lui. Un lourd sacrifice quand on pense à l’honneur dans lequel on tenait les mères, surtout celles qui ont enfanté des fils. Il suffit de penser à Elisabeth, ta cousine, qu’on appelait avec mépris « la femme stérile » parce qu’elle n’avait pas d’enfants. Tu acceptais un tel sacrifice pour l’amour de Dieu. C’est dire toute l’étendue de ton amour pour lui. Dieu avait reçu et agréé ton offrande de toi-même et c’est sur ce don qu’il choisit d’édifier son œuvre de Salut.

Chère Maman du Ciel,

Plus encore que celui de tes entrailles, Jésus est le fruit de ton Cœur Immaculé où Dieu a établi son trône dès le premier instant de ton existence dans le sein de sainte Anne. Ton Cœur a été le paradis de la Sainte et indivisible Trinité sur notre terre. C’est dans ton Cœur Immaculé, qui a aimé Dieu d’un amour sans partage, que tu as conçu Jésus avant même qu’il vienne prendre possession de son temple dans ton sein virginal. Ton Cœur lui appartenait dès le premier instant. Tu lui y as préparé une demeure digne de lui en le gardant pur et intact par tes prières ardentes, ton écoute, ta méditation assidue de la parole de Dieu. Lorsque l’Esprit-Saint descend sur toi, il vient féconder une terre préparée à recevoir la semence divine pour en produire le fruit. Ton Cœur Immaculé est le premier ciboire de Jésus, ton sein, son premier tabernacle, tes bras, son premier ostensoir, tes genoux son premier autel, toute ta vie un Magnificat vivant à la gloire du Très-Haut.

Chère Maman du Ciel,

En disant « oui » à Dieu, tu te donnes et tu t’engages en notre nom à tous. Ton « oui », si parfait, est l’amorce du nôtre bien plus hésitant, bien plus inconstant. Malgré cela, Dieu l’attend car il fait de notre « oui » la condition préalable de  son œuvre de Salut. Il nous a créé par amour et pour l’amour sans notre consentement mais ne nous sauvera pas sans que nous l’aimions en retour. » Notre « oui » à Dieu est aussi indispensable à notre Salut que l’a été le tien pour la venue en notre chair de Jésus, ton Fils, notre frère, notre Sauveur, notre seul Médiateur auprès du Père.

Chère Maman du Ciel,

Aide-nous à dire « oui » à Dieu avec la même plénitude. Aide-nous à ne pas dire « oui » dans l’enthousiasme d’un instant de grâce et à le reprendre dans la minute qui suit. Aide-nous à dire « oui » sans repentir, à ne pas le mitiger avec le temps qui passe, usés par les difficultés de la vie et la monotonie du quotidien.

Chère Maman du Ciel,

Pour me protéger de ma faiblesse, dont je redoute tout, je n’ai qu’un seul recours, c’est de m’en remettre à toi, de me confier à toi, notre Mère, notre exemple, notre sœur dans la foi, de m’enfermer à double tour dans la citadelle imprenable de ton Cœur Immaculé.

Chère Maman du Ciel,

À l’abri dans ton Cœur Immaculé, je veux me mettre à ton école et apprendre de toi, que Dieu ne mérite rien de moins que tout l’amour dont je suis capable, que je ne me trompe pas en lui accordant ma confiance, que son plan est toujours meilleur que le mien, que rien ne peut surpasser le don qu’il me fait en Jésus-Christ, ton Fils, notre frère, Notre Seigneur, que toutes les souffrances de cette vie ne sont rien en comparaison du bonheur qui m’attend dans l’autre.

Chère Maman du Ciel,

Reçois l’offrande de toute ma personne. Je m’abandonne en tes mains immaculées pour que tu fasses de moi un serviteur de Jésus, fidèle dans les petites choses pour qu’il soit trouvé digne de se voir confiées de plus grandes, s’il plaisait à Dieu. Je me consacre à ton Cœur Immaculé, me déclarant, aux yeux du monde, le plus heureux des enfants de Dieu car désormais à ton service pour mieux être à celui de Jésus.

Chère Maman du Ciel,

Je sais que tu reçois mon offrande malgré mon indignité, malgré mes faibles aptitudes à la haute mission de témoin de l’Évangile. Je te sais beaucoup trop préoccupée de la gloire de Dieu, un et trine, de mon Salut, de celui du monde, pour ne pas relever le défi de faire de moi un disciple zélé dont tu n’auras pas à rougir lorsque tu me présenteras à Jésus, dont il n’aura pas à rougir lorsqu’il me présentera à son Père.

Chère Maman du Ciel,

Je t’aime de tout mon Cœur et bien plus encore mais beaucoup moins que ce que je voudrais. Que n’ai-je qu’un seul Cœur pour t’aimer ! Pour te témoigner mon amour comme je voudrais, il m’en faudrait mille de plus. Comme je n’en ai qu’un et, qui plus est, de pauvre pécheur, je veux m’employer à t’en gagner d’autres qui t’aimeront à leur tour et chercheront à t’en conquérir d’autres.

Chère Maman du Ciel,

Accorde-moi de te rejoindre au paradis, le jour que Dieu a fixé, après lui avoir redit dit « oui » une dernière fois, dans la joie de l’action de grâce et la paix du devoir accompli.

Chère Maman du Ciel,

Merci ! Merci pour ton « oui » ! Merci pour Jésus ! Merci de me recevoir comme ton enfant ! Merci pour tant d’amour ! Merci ! Merci ! Merci ! Sans fin : merci !

Ton enfant aimant, qui ne se lassera jamais de t’appeler sa Maman du Ciel.

X

(signez de votre nom)

Le défenseur de Jésus

Contemplons

Saint Dismas sur le fronton de la chapelle qui lui est dédiée à New-York

Méditons

Entre les habitants et tous ceux qui sont venus pour la fête de la pâque juive, il doit y avoir, en ce Vendredi-saint, près d’un million de personnes à Jérusalem, dont la plus grande part connait Jésus de près ou de loin. Cette foule se divise en deux camps, ceux qui sont pour Jésus, ceux qui sont contre lui. Or, en ce jour, on n’entend que les hurlements de ses opposants. Les autres se taisent…

Suite à la condamnation de Pilate, Jésus est flagellé, couronné d’épines, chargé de sa croix pour la porter du prétoire jusqu’au Calvaire. Il passe au milieu de ses détracteurs qui réclament sa mort. Silence de tous les autres…

Arrivé au Calvaire, il est crucifié, raillé, moqué par les pharisiens qui le mettent au défi de se sauver lui-même. Silence de tous ceux qui l’ont pourtant entendu dans ses nombreuses prédications hors du commun, l’ont vu accomplir ses très nombreux miracles et, s’ils ne les ont pas vu eux-mêmes, ils en ont entendu parler par d’autres dans les moindres détails…

Même parmi ceux qui sont restés avec Jésus jusqu’au bout, aucune voix ne s’élève pour prendre sa défense et tenter de ramener cette foule à la raison. Si Marie, la Mère de Jésus, ne parle pas, c’est parce qu’elle sait que Jésus donne sa vie et que, même du fond de l’abime de sa souffrance, il reste maitre de la situation. Mais elle est la seule qui, au prix du martyre du cœur, s’efface dans le silence de l’acceptation et de l’union à Jésus. Ce n’est pas le cas des autres qui eux se taisent par peur de ce qui pourrait leur advenir s’ils s’aventuraient à se faire l‘avocat de Jésus.

Comme souvent, quand nous sommes aux abois, le secours ne vient pas de là où on l’attend. En effet, ce n’est pas Jean, ce n’est pas un apôtre, ce n’est pas un fidèle du premier jour, pas celui à qui on a donné le titre d’ami, qui intervient mais c’est un inconnu, un malfaiteur, qui plus est sur le point de mourir et rencontré il y a seulement quelques heures. Autrement dit, c’est celui dont on l’attendait le moins, qui porte secours.

Et les propos de Dismas sont on ne peut plus courageux, voire héroïques. Alors que la haine de la foule, des autorités civiles et religieuses se concentraient sur Jésus, en clamant, et son innocence et sa divinité, Dismas attire sur lui la même vindicte. En effet, dans la première partie de son plaidoyer, Dismas affirme que Jésus est innocent pointant ainsi l’injustice de sa condamnation par les autorités civiles. Puis, il le prie de se souvenir de lui quand il viendra dans son Royaume, clamant à la face des autorités religieuses qu’elles le condamnent injustement pour blasphème, et qu’il est vraiment celui qu’il dit : le Fils de Dieu.

Jésus récompense le courage héroïque de Dismas en l’associant à son triomphe futur du matin de Pâque, de sa glorification dans les cieux à l’Ascension. La foi de Dismas qui ne sait quasiment rien de lui et en même temps sait tout ce qui importe, impressionne Jésus au moins autant que celle du centurion romain dont il a dit : « je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » (Luc 7, 9).

Jésus ne dit rien sur la place que Dismas va occuper dans son Royaume mais quelle place un roi pourrait-il bien accorder à un serviteur fidèle jusque dans la mort, qui le reste quand tous les autres l’ont abandonné. Dismas se trouvait à la droite immédiate de Jésus sur le Calvaire : n’est-il pas logique qu’il se trouve aussi à ses côtés dans la gloire ? La Mère de Jacques et de Jean demanda à Jésus de placer ses fils, l’un à droite, l’autre à gauche de lui dans son Royaume. Jésus répondit qu’il ne lui appartient pas d’accorder ces places « car il y a ceux pour qui elles sont préparées » (Mathieu 20, 21-23). En effet, Jean est bien aux côtés de Jésus, mais il se tait. Jacques, lui, a fui. Par contre, jusqu’à la fin du monde, chaque fois qu’on regardera vers Jésus sur son trône de gloire, la Croix, on verra à ses côtés, Dismas, le Larron qui lui est resté fidèle jusqu’au bout.

« Donnez-moi, dit saint Chrysostome, mille serviteurs fidèles à leur maitre pendant qu’il jouit de la fortune et des honneurs et un serviteur qui, au temps de l’épreuve de l’affliction et de l’exil ne quitte pas son maitre, tandis que les mille autres s’éloignent de lui et l’abandonnent. Est-ce qu’au retour de la fortune, les premiers seront aussi considérés que le second ? Non, assurément. Patriarches, prophètes, apôtres, évangélistes, martyrs, vous avez cru au Seigneur, vous vous êtes attachés à lui parce que vous l’avez vu sous l’éclat de la gloire, dans l’accomplissement de ses miracles ; mais le bon Larron ne l’a vu que dans l’ignominie et il lui est devenu fidèle. »

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Miséricorde et justice

Contemplons

Saint Dismas, Jayden Belle

Méditons

A ne considérer Dismas, le bon Larron, que du point de vue de la miséricorde dont il a été l’heureux bénéficiaire, on finirait par oublier qu’il a aussi satisfait pleinement à la justice divine. En effet, la justice et la miséricorde sont deux attributs de Dieu et l’une ne s’exerce pas au détriment de l’autre. Aussi, nous faut-il admettre que la miséricorde divine n’a pas consisté à dispenser Dismas de satisfaire à la justice mais à le mettre en capacité de le faire.

Lorsque nous nous sommes confessés, que nous avons accusé sincèrement tous nos péchés, nous en sommes repentis et avons formé l’intention de les éviter à l’avenir, le prêtre nous absout par le ministère de l’Eglise et en la personne de Jésus-Christ. En fait, il nous applique le fruit du pardon que Jésus a demandé à son Père en notre nom, qu’il a obtenu et dont a bénéficié en tout premier, Dismas, le bon Larron. Par ce pardon accordé, nous retournons en grâce avec Dieu ou, le cas échéant, y sommes confirmés.

Pour que la confession porte tous ses fruits, il nous faut encore réparer les désordres induits par nos péchés d’où la pénitence imposée par le confesseur. Celle-ci ne couvre pas (sauf exception) toute la dette due pour les péchés et doit être prolongée par la vertu de pénitence qui relève de nos propres choix et possibilités.

Par les paroles, « souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton Royaume, » Dismas manifeste son repentir, affirme son ferme propos de changer de vie, présente sa demande de pardon. Par les mots « aujourd’hui même, tu seras avec moi en paradis, » Jésus l’absout de tous ses péchés. Pour sa pénitence, Dismas choisit la plus évidente, celle qui est à sa portée : supporter patiemment sa souffrance de crucifié. Aussi, il se tait face à la foule de ceux qui vomissent leur haine pour Jésus et ses disciples, prend sur lui ses souffrances et les offre à Dieu en union avec celles du Christ.

Parce qu’il s’est totalement détourné du péché et s’est donné sans réserve au Christ, le fruit de la Passion de Jésus a pu se déployer pleinement en Dismas et il a pu satisfaire pour toute une vie de brigandage en l’espace de trois heures. Ne croyons surtout pas qu’il n’a, pour autant, concédé aucun effort : il a supporté sans se plaindre les tourments horribles du crucifiement. Mais sa dette si grande soit-elle a été compensée jusqu’au dernier sou par les mérites de Jésus et son amour reconnaissant pour le Sauveur.

« La charité couvre une multitude de péchés » nous dit saint Pierre (1 Pierre 4, 8) ; Dismas a satisfaisait pleinement à la justice de Dieu en accueillant sa miséricorde, en l’exerçant à son tour envers ses compagnons d’heureuse infortune, Jésus dont il défend l’innocence vis à vis de ses ennemis, Gesmas qu’il tente de ramener sur le droit chemin.

Parce qu’il s’est tourné vers Jésus aussi résolument que Marie-Madeleine, renonçant définitivement à son ancienne vie de péché, on peut dire de lui comme le Sauveur d’elle : « c’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé » (Luc 7, 47).

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

« C’est la miséricorde que je veux »

Contemplons

Le bon Larron, Hans Memling

Méditons

Jésus est au comble de la souffrance et n’a plus que peu de temps à vivre. Aussi, tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit, est concentré sur l’essentiel de son message, traduit en actes tout ce qu’il a enseigné, le révèle jusque dans le plus intime de son être. De ce message, réduit à sa plus simple expression tout en révélant sa richesse, il faut retenir que Dieu est miséricordieux, qu’il veut l’être envers tous les hommes, que pour que sa miséricorde puisse s’épancher sur l’humanité entière, il a envoyé Jésus en ce monde pour y souffrir, y mourir, y ressusciter et s’en retourner à Lui pour nous préparer une place au Ciel.

Parce qu’il est infiniment miséricordieux, Jésus pardonne à tous du haut de la Croix. A ceux qui se repentent de leurs péchés et recourent à sa miséricorde, il accorde même la rémission pleine et entière de la dette due aux péchés. En effet, le péché n’est pas qu’une offense, un manque d’amour, elle est aussi une dette personnelle contractée auprès de Dieu, qui demande à être acquittée. Dismas, le bon Larron, est pardonné et sa dette lui est remise. Ce soir, il sera en paradis avec Jésus alors que le matin même, il ne donnait pas cher de sa peau, que ce soit devant Pilate ou devant Dieu ; quel que soit l’angle de vue, pour lui, aucune issue positive à sa situation de condamné, n’était envisageable.

Pourtant, Dismas, ira en paradis avant le coucher du soleil parce que Jésus le lui a promis. « En vérité, je te le dis : aujourd’hui-même tu seras avec moi en paradis » (Luc 23, 43). Par la radicalité de ses mots, par la solennité du moment, Jésus prend un engagement dont le monde et toutes les générations sont témoins. Et, chaque fois que Jésus introduit son propos par les mots « en vérité, » il souligne le caractère définitif, irrévocable, éternel de ses paroles, indique que ce qu’il énonce, il ne le dit pas de lui-même mais par la volonté du Père qui l’a envoyé en ce monde. Quand Jésus s’engage à prendre Dismas avec lui en paradis, il le fait au nom du Père dont c’est la volonté expresse qui s’exprime par sa bouche.

« C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices » (Mathieu 9, 13). Dismas n’est pas appelé à être le seul mais à être le premier. En effet, si Jésus fait une promesse aussi démesurée et disproportionnée à Dismas – le paradis tout de suite et rien de moins – c’est parce qu’en ces mots, nous sommes appelés à reconnaitre sa volonté sur chacun d’entre nous. Chacun est destiné à vivre avec lui en son Royaume, chacun est attendu personnellement et tout de suite au paradis, après sa mort. Le purgatoire, ce n’est qu’un rattrapage que Dieu dans sa miséricorde sans fond, a prévu pour ceux qui n’ont pas assez travaillé pour réussir leur examen au premier tour. Cela dit, le processus normal prévoit que nous le rejoignions tout de suite après cette vie. Et si Dismas, le pire d’entre nous a réussi l’examen, c’est que nous sommes nous aussi taillés pour le succès.

« Rien n’est impossible à Dieu » dit l’archange Gabriel à Marie le jour de l’Annonciation. En effet, s’il Lui est possible de s’incarner en Marie par la puissance de l’Esprit-Saint, s’il ressuscite par sa seule volonté, que représente pour lui de pardonner les péchés et, pour cadeau de bienvenu à l’enfant prodigue de retour à la maison paternelle, de lui remettre sa dette colossale due aux péchés ?

Nous sommes tous des Larrons au regard de Dieu ; il ne tient qu’à nous que nous soyons aussi des Dismas, qui laissons la toute-puissance de Dieu nous purifier en cette vie pour nous ouvrir le Ciel tout de suite après la mort.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

 

Une brûlante charité

Contemplons

Le bon Larron, école flamande

Méditons

Jusqu’à sa conversion, Dismas est l’antithèse même d’une âme généreuse. Pourtant, avec la foi et l’espérance, Dismas acquiert la charité. Alors que jusqu’ici il n’a eu de souci que de lui-même, le voilà qui se préoccupe de Jésus, un autre condamné, intervient pour lui auprès de Gesmas, le mauvais Larron, et prend sa défense vis-à-vis de la foule déchainée.

La charité a deux bras pour embrasser à la fois Dieu et le prochain. En se tournant, vers Jésus, Dismas en montre les deux dimensions. En effet, arrivé au Calvaire, dépouillé de tout, il ne possède plus rien en propre si ce n’est le cœur et la parole qu’il met désormais entièrement au service de Jésus, vrai Dieu, vrai homme, et de sa cause.

Dans son cœur, Dismas comprend que la cause des souffrances de Jésus, n’est pas la haine de cette foule mais que ce sont les péchés des hommes y compris les siens. Il sent même qu’il a pris une plus grande part dans la Passion de Jésus en raison du nombre et de la gravité de ses crimes. Il comprend intuitivement que si tel n’était pas le cas, la prière de pardon de Jésus pour tous, n’aurait aucun sens. Il s’émeut dans son cœur d’être la cause de tant de souffrance infligée à l’innocent par excellence, au point qu’il finit par ignorer la sienne pour ne considérer que celle de Jésus. Aussi s’adresse-t-il à Gesmas en lui reprochant ses blasphèmes et l’injustice de ses propos. Pour lui-même, il accepte le châtiment que lui a infligé la justice des hommes pour payer sa dette au regard de la justice divine.

La charité de Dismas se manifeste aussi par le fait qu’il est solidaire de Jésus face à la foule qui le condamne alors qu’il est innocent de tous les crimes dont on l’accuse. Il ne dit plus rien après s’être déclaré pour Jésus, montrant ainsi à la face du monde qu’il est disciple de Jésus et qu’il n’en démordra pas.

Enfin, Dismas est un modèle de charité envers le prochain. En effet, malgré sa souffrance, et au risque de s’attirer des tourments supplémentaires, il rassemble ses dernières forces pour reprendre Gesmas par une correction fraternelle et tenter de le ramener sur le droit chemin. Il se fait missionnaire sans craindre toutes les difficultés de l’entreprise. Aussi, il engage Gesmas à cesser de blasphémer et à se convertir pour ne pas en rajouter aux souffrances de Jésus qui paie le prix de nos péchés sur la Croix.

« Les clous, écrit saint Grégoire le grand, lui (Dismas) avaient fixé à la croix les pieds et les mains. Il n’avait de libres que le cœur et la langue. Inspiré de Notre-seigneur, il lui offre tout ce qu’il a de libre, le cœur pour obtenir la justice, la langue pour obtenir le salut. Au témoignage de l’apôtre (saint Paul), trois vertus suréminentes demeurent dans le cœur des fidèles : la foi, l’espérance et la charité. De toutes les trois, une grâce subite en remplit le bon Larron, qui les garda sur la croix. »

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Une espérance sans faille

Contemplons

Saint Dismas, le bon Larron

Méditons

« La maison de Dieu, dit saint Augustin, repose sur la foi, elle s’élève par l’espérance, elle s’achève par la charité. » Saint Bernard ajoute : « vouloir espérer sans croire, c’est vouloir peindre sur le vide. Ainsi, la foi dit : Dieu prépare à ses fidèles des biens immenses et incompréhensibles. L’espérance dit : ils me sont réservés. La charité dit : je cours en prendre possession. »

Cette « maison de Dieu » dont parle saint Augustin n’est pas l’œuvre d’un seul jour. Au contraire, c’est souvent celle de toute une vie. Pourtant, chez Dismas, tout cela a été réalisé en l’espace d’un très court laps de temps et son espérance devint aussi parfaite que sa foi, à savoir ferme, vive et même héroïque.

L’espérance de Dismas est ferme. Rien ne semble l’ébranler, ni le nombre, ni l’énormité de ses péchés, ni l’ampleur folle de la grâce demandée : le paradis tout de suite. Pas même les apparences ne parviennent à entraver son espérance car rien n’indique que Jésus va l’exaucer et, le cas échéant, qu’il est en mesure de tenir son engagement.

Son espérance est vive car Jésus reste un condamné sur le point de mourir sur la Croix. Pourtant Dismas s’appuie sur la promesse de Jésus et accepte de partager son sort en attendant sa réalisation. Il est donc en paix sur sa croix, portant calmement ses souffrances, ne demandant rien d’autre que de demeurer jusqu’à la fin aux côtés de Jésus. En cela, il est comme cette Cananéenne qui est consciente de ne pas être en droit de revendiquer quoi que ce soit mais qui sera reconnaissante, comme le sont les petits chiens quand ils peuvent manger les miettes qui tombent de la table du maître.

L’espérance de Dismas est héroïque car elle est détachée de tout. En effet, il s’adresse à Jésus, conscient de son indignité et se sachant condamné tant aux yeux des hommes qu’à ceux de Dieu. Il ne mérite pas même de lever les yeux sur qui que ce soit pour le regarder en face. Pourtant, il a l’audace de s’adresser directement à Jésus. En cela, il est plus héroïque que Marie-Madeleine, pourtant la patronne des pénitents, ou que saint Pierre, le prince des apôtres. En effet, Marie-Madeleine, entre chez Simon, lave les pieds de Jésus avec ses larmes, les essuie avec ses cheveux en signe de repentir mais ne s’enhardit pas à lui adresser la parole. Pierre, pour pleurer de repentir, se cache et, malgré toute sa contrition, n’arrivera pas à se rendre aux pieds de Jésus sur la Calvaire pour implorer son pardon. Tous deux l’obtiendront pourtant parce que Jésus, dans sa charité, vient au-devant d’eux. Dismas, ne s’embarrasse de rien, ni de sa honte ni de sa crainte. Il n’hésite pas et demande le maximum tout en étant conscient de n’avoir rien à espérer.

« En peu de temps, il est d’ennemi, ami ; d’inconnu, familier ; d’étranger, prochain ; de voleur, confesseur. Qu’elle est grande la confiance de ce larron ! Aux yeux même de sa conscience, coupable de tout mal, étranger à tout bien, violateur de toute les lois, ravisseur de la vie et du bien d’autrui, placé aux portes de la mort, sans espoir dans la vie présente, il conçoit l’espérance d’obtenir la vie future, qu’il a tant de fois déméritée et qu’il n’a jamais méritée, il ne craint pas de la demander. Qui désespérera, le voleur espérant ? » (Saint Bernard).

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Une foi à transporter les montagnes

Contemplons

Saint Dismas, le bon Larron

Méditons

Il serait hautement instructif pour nous, de questionner Dismas sur ce qui a suscité en lui une telle foi, une foi telle, qu’elle surpasse celle des plus grands.

Un premier pas de Dieu a toujours été à l’origine de toute conversion. En effet, Abraham crut en Dieu parce qu’il lui avait parlé du haut du ciel, lui avait envoyé ses anges en ambassade, lui avait lui-même dicté ses volontés. Moïse crut en Dieu parce qu’il a vu le buisson ardent et qu’il lui a parlé du milieu des flammes. Isaïe crut parce qu’il a vu Dieu assis sur son trône, environné de gloire. Ezéchiel crut en Dieu parce qu’il l’a vu porté sur les ailes de chérubins. Tous les autres prophètes crurent en Dieu parce qu’ils l’ont vu, quoique d’une manière différente, dans un éclat de sa majesté. Pour Dismas, rien de tout ça. Il n’a vu qu’un supplicié sur une croix. En effet, tout plaide contre la divinité de Jésus qui, non seulement, est au comble de la souffrance mais en plus reste impassible vis-à-vis de la foule. Il ne prononce aucune sentence de condamnation pour ses détracteurs. Au contraire, il prie pour leur pardon. Tout est contraire à ce qu’on aurait pu attendre et n’a rien à voir avec ce que Dieu a montré de lui à ces géants de la foi évoqués plus haut.

La foi de Dismas surpasse aussi celle de tous les apôtres qui ont fui et abandonné Jésus. Pourtant, ils l’ont vu nourrir une foule de plus de 5000 personnes. Ils l’ont vu ramener à la vie Lazare, son ami ainsi que le fils de la veuve de Naïm. Ils l’ont vu guérir les lépreux, rendre la vue aux aveugles, chasser les démons. Ils l’ont vu calmer les flots en furie de la mer de Galilée. Ils l’ont vu marcher sur la mer et appeler Pierre à faire de même. Pourquoi ont-ils douté le soir du Jeudi-saint ? Pourquoi ont-ils vacillé dans la foi après avoir pourtant assisté à tant de merveilles, de preuves de puissance divine ? Dismas n’a rien vu de tout ça et pourtant, il a cru. Il s’affiche aux côtés de Jésus jusqu’au bout. Pierre ne peut soutenir les menaces d’une petite servante alors que Dismas est entouré d’une foule qui vocifère, lance des blasphèmes, des outrages, des malédictions sans s’en émouvoir. Il ne s’arrête pas même à l’opposition de Gesmas, son compagnon de crime et de supplice. Le moins qu’on puisse dire c’est que sa foi mérite les mots de Jésus : elle est à transporter des montagnes.

Il est donc beaucoup plus méritoire pour Dismas d’avoir reconnu le Seigneur dans un homme mourant du dernier supplice, de lui avoir accordé sa foi, que dans celui qui opérait des miracles. Ainsi ce n’est pas sans raison qu’il a mérité une si magnifique récompense que la vie éternelle, sans passer par le purgatoire et cela malgré ses crimes.

Dès lors, faut-il s’étonner du concert de louange que tous les siècles ont chanté au bon Larron ? Après la sainte Vierge, saint Joseph, saint Pierre, saint Paul, aucun saint n’a été plus exalté par les Pères et les docteurs de l’Eglise. On pourrait faire un livre de tous leurs éloges.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Un miracle de grâce

Contemplons

Saint Dismas, chapelle de la Croix, Putzleindorf, Allemagne

Méditons

Si, comme l’écrit saint Thomas d’Aquin, « la conversion d’un impie est une œuvre plus grande que la création du ciel et de la terre », il faut ajouter que parmi toutes celles relatées dans les Evangiles, aucune n’égale celle de Dismas, le bon Larron. En effet, elle est plus éclatante que celle de Marie-Madeleine, plus méritoire que celle de saint Paul, plus stable que celle de saint Pierre.

Admiratif de la conversion de Marie-Madeleine et émerveillé par la force de son amour pour Jésus, saint Grégoire le grand n’hésite pas à dire : « il est certain que Dieu a placé dans le ciel de l’Eglise deux grands luminaires, deux Marie : Marie, la Mère du Sauveur et Marie, sœur de Lazare. La première, luminaire majeur, afin de présider au jour c’est-à-dire afin d’être le modèle et la protectrice des âmes innocentes ; la seconde, luminaire mineure, placé aux pieds de Marie, afin d’éclairer pendant la nuit et d’être le modèle et la protectrice des âmes pénitentes. » La conversion de Marie-Madeleine, si éclatante soit-elle, ne surpasse pourtant pas celle de Dismas. En effet, elle intervient après qu’elle a entendu les paroles de Jésus, qu’elle a vu certains de ses miracles. Elle a assisté à la résurrection de la veuve de Naïm, à la guérison de lépreux. Dismas, lui, n’a jamais entendu Jésus, il n’a vu aucun des signes qu’il a accomplis. Il croit alors que tout prêche contre Jésus qui est cloué sur la Croix, en agonie, hué par la foule. Quand il se convertit, la terre n’a pas encore tremblé, les ténèbres ne la recouvrent pas encore. Aucun signe, aucune parole ne vient à l’appui de sa foi.

La conversion de Dismas est plus radicale que celle de saint Paul. Cette affirmation, peut surprendre au premier abord et pourtant elle se justifie. En effet, dans la première partie de sa vie, le ciel n’est pas plus éloigné de la terre que Saül ne l’est du christianisme. Il change du tout au tout en devenant l’apôtre des gentils qui portera l’Evangile aux nations et, pour cette raison, subira toutes les tribulations dont il donne lui-même la liste impressionnante. Cependant, sa conversion, si éclatante soit-elle, se produit suite à un signe du ciel. Sur le chemin de Damas, il est frappé de cécité et une voix se fait entendre qui dit : « Saül, Saül, pourquoi me persécuter ? » A sa question : « qui es-tu Seigneur ? » la voix répond : « je suis Jésus, celui que tu persécutes. Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. » Et Saül est miraculeusement guéri par l’imposition des mains d’Ananie qui lui donne les premiers rudiments de catéchisme. Dismas, n’a entendu aucune voix venant du ciel pour l’amener à changer de vie. Il n’a reçu aucune instruction pour sa conversion.  Personne ne lui a transmis les premiers degrés du catéchisme.

La foi de Dismas est plus stable et plus persévérante que celle de saint Pierre, le premier parmi les apôtres, celui à qui Jésus a confié les clés du Royaume des Cieux. En effet, Pierre a vécu avec Jésus pendant trois ans. Il a vu tous ses miracles. En raison de la mission à laquelle il l’a appelé, il a fait l’objet de sa plus grande attention. Il a été au Thabor et a vu Jésus transfiguré. Il a été prévenu de la Passion, de tout ce que Jésus doit souffrir pour que s’accomplissent les prophéties. Et pourtant, il dort pendant que le Sauveur agonise au jardin des oliviers et le renie par trois fois dans la même nuit. C’est alors que Jésus est sur la Croix, rejeté de tous, abandonné de ses apôtres, que Dismas se convertit et s’affiche, sans crainte aucune, comme chrétien aux yeux du monde. Malgré la colère, la haine de la foule qu’il s’attire en se déclarant pour Jésus, il persévère jusqu’au bout. Jésus pardonnera à Pierre, sa faiblesse qui en tirera une leçon salutaire. Après sa conversion, Jésus n’aura plus rien à pardonner à Dismas qui sera même un motif de consolation pour lui au moment de rendre l’esprit.

Dismas, le bon larron est vraiment un saint pour notre temps où tant de chrétiens se sont tellement éloignés de Jésus que leur retour à la foi relève du miracle. Mais face à la foule des incroyants de notre temps, Dismas crie par son exemple, de ne pas craindre car, si la grâce a eu raison de lui, le plus infâme des scélérats, le plus misérable des pécheurs, elle sera aussi en mesure de transformer le monde. Cela dit, il faut, comme lui, le demander humblement.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

La pauvreté du mourant

Contemplons

Le bon Larron, Musée Schnütgen, Cologne

Méditons

Entrés en agonie, nous ressemblerons aux deux larrons dépouillés de tout et cloués sur la croix. Face à la mort, nous nous retrouverons comme eux, face à Jésus, le seul Sauveur, tenus à un choix ultime : croupir dans notre pauvreté ou nous emparer de ses trésors.

Face à la mort, nous sommes pauvres car tout seuls. Chaque larron est cloué sur sa propre croix. Leur famille n’est pas là ! Leurs amis non plus (en général les criminels n’en ont pas) ! Leurs complices non plus : Dismas et Gesmas ne leur sont plus d’aucune utilité ! Les biens qu’ils se sont mal acquis, qui leur valent leur condamnation, ne leur servent plus à rien et profiteront à d’autres qui ne leur seront pas reconnaissants pour autant ! Dismas et Gesmas n’ont plus rien, pas même un linge pour protéger leur pudeur ! Ils sont pauvres dans tous les sens du terme !

Leur sort est à l’image de ce que nous serons face à la mort. En effet, même si nous sommes entourés de notre famille, de nos amis, installés confortablement dans un lit douillé dans la meilleure des cliniques, nous serons seuls face à la mort qui frappe, et ressentiront douloureusement, comme les larrons, notre impuissance à lui échapper. Si, pendant toute notre vie, nous avons souvent louvoyé pour faire tourner les événements en notre faveur (et y sommes parfois parvenus !), la mort, quand elle se présente, est seule maitresse du jeu. Et nous aurons beau essayer de nous débattre comme Gesmas, elle remportera la dernière bataille.

Face à la mort, nous sommes pauvres comme les deux larrons car pas suffisamment préparés. Et, il aura fallu arriver cette heure pour nous en rendre compte. Souvent, au cours de notre vie, il nous est arrivé de penser qu’il faut songer à la mort, à changer certaines choses. Mais les soucis, les loisirs, les mondanités, l’impression fallacieuse que la mort est une échéance lointaine, ont étouffé dans l’œuf toutes ses bonnes intentions. Et voilà que le temps a passé sans que nous nous soyons préoccupés de nous préparer à cette échéance certaine.

Face à la mort, nous sommes pauvres, comme les deux larrons, car chargés du poids de tous nos péchés. En effet, la mort nous projette face au bilan de notre vie et, force est de constater qu’il n’est pas fameux. Que de temps gaspillé, que de mauvais choix ! Notre trésor personnel, ce sont nos bonnes œuvres mais, contrairement à ce qu’on croyait, il n’y en a pas tant que ça et elles n’étaient pas de franchement désintéressées.

Face à la mort, nous sommes comme les deux larrons, des pauvres placés face un immense trésor dans lequel il nous est permis de puiser sans compter. Pour cela, il nous suffit de tendre la main. Ce trésor, c’est Jésus qui sera là quand tous les autres seront partis. Il sera là, parce qu’il a toujours été là, sans que nous nous en soyons rendus compte, sans que nous ayons fait attention à lui. Il sera là parce que nous sommes pauvres et qu’il a compassion de nous. Il sera là pour ce que nous représentons à ses yeux : une immense fortune. Oui, nous lui avons coûté cher parce qu’il nous a rachetés avec son Sang. Il sera là parce que, même si nous en sommes indignes, lui est bon et miséricordieux, et que, pour cette raison, il veut nous ouvrir sa maison afin que nous y vivions éternellement dans l’opulence avec lui.

Comme les deux larrons, nous sommes entrés pauvres dans cette vie. Comme les deux larrons, nous la terminerons encore plus pauvres car chargés du poids de tous nos péchés. Cela dit, et là les deux larrons divergent, Gesmas, s’entête à croupir dans son indigence alors que Dismas, par un ultime (saint) larcin choisit de s’emparer des richesses du Ciel sans que sa victime, Jésus, ne proteste. En effet, quand Jésus voit que les mains de Dismas sont pleines, au lieu de lui dire « ça suffit maintenant, » il lui donne une corbeille pour qu’il puisse en prendre davantage. Eh oui ! Sa logique n’est pas la nôtre. Heureusement !

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet.)

Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fut assuré d’une entrée immédiate au Ciel par la gratuité de l’amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté.

Aussi, envahi par le feu de l’amour divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite : « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Amen.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.