Méditons
Parvenus à la gloire du Ciel et se tenant devant Dieu un et trine, les Saints savent à présent toute l’horreur du péché et ce que cela signifie d’être séparé de Dieu par l’absence de la grâce. Ils savent désormais jusqu’où le péché originel a abaissé les hommes, toute la misère de leur nature et toute l’ampleur de la miséricorde de Dieu manifestée dans la rédemption. Pendant toute l’éternité, ils rendront grâce à Dieu pour le salut qu’il a opéré en Jésus et pour les avoir appelés à vivre éternellement avec lui dans des délices ineffables.
Ils savent que ce salut a été rendu possible par Marie, par son « oui » à l’Incarnation du Verbe éternel. Pour cela, ils la béniront pendant toute l’éternité. C’est Dieu qui les a sauvés, mais il l’a fait avec et grâce à la collaboration de Marie. Pendant toute l’éternité, ils la béniront comme la femme en qui le Verbe s’est fait chair et qui leur a procuré leur bonheur éternel. Comme le grand prêtre Joakim à l’adresse de Judith, ils proclameront pendant l’éternité : « Tu es la gloire de Jérusalem, la grande joie d’Israël, la fierté de notre peuple » (Judith 15, 9).
Dans la lumière de la clarté divine, chaque élu voit jusque dans les moindres détails toutes les prévenances de Dieu tout au long de sa vie, ainsi que la manière sûre avec laquelle il a conduit chaque âme vers la sainteté personnelle à laquelle il l’a appelée.
Dans cette même lumière, chaque élu voit tout ce qu’il doit à la prière de Marie, toutes les grâces qu’elle lui a obtenues, tous les dangers dont elle l’a préservé. Et c’est pour chacun un motif d’éternelle action de grâce et d’amour envers la Mère de Dieu.
Dans cette lumière éternelle, chaque élu voit la valeur qu’ont prise devant Dieu les prières et les sacrifices qu’il a confiés à Marie, qu’elle a enrichis de ses propres mérites avant de les lui présenter. Il voit la joie et la gloire qu’il a pu procurer à Dieu en agissant en Marie et en se livrant corps et âme à elle.
Il n’est aucun saint qui n’ait cultivé une relation étroite avec Marie. Depuis que Jésus nous l’a donnée pour Mère du haut de la Croix, elle éduque chaque âme qui s’en remet à elle à devenir un digne enfant de Dieu et de l’Église. En reine servante, elle emploie sa toute-puissance à nous aider à trouver notre vocation, à l’accueillir et à l’accomplir. Même si, souvent, nous ne nous en rendons pas compte tant son action est discrète (tout en étant efficace !), elle demeure à nos côtés pour nous faire marcher sur le chemin de la sainteté. À une âme privilégiée, Jésus dit : « Si tu comprenais la tendresse de son Cœur de Mère ! Tendresse vigilante, rien n’échappe à ses regards. Elle aime chaque âme comme son enfant. Elle veille sur elle avec son incomparable amour. Elle préside à tous les détails de sa vie comme le fait une mère selon la nature. Il faut oser tout lui demander : elle ne peut rien refuser. C’est une Mère dont la puissance égale l’amour. » (Dis, écris).
Marie, Reine de tous les saints, priez pour nous.
Prions
Une dizaine du chapelet (Notre père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)
O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils. Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au Ciel. (Léonce de Grandmaison)
Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

