Monique et Augustin

 

Sainte Monique et saint Augustin, église sainte Monique d’Ostie (église où Monique fut enterrée ; ses restes mortels furent par la suite transférés en l’église saint Augustin de Rome)

Méditons

Parmi les nombreuses et belles icones de sainteté se trouvent Monique et Augustin, Monique étant la mère du grand Augustin, l’évêque d’Hippone, le Père de l’Eglise. L’histoire n’a retenu de Monique que ce que son fils Augustin a écrit d’elle dans ses Confessions à savoir qu’elle a été une femme de grande foi qui a obtenu, par son exemple, ses sacrifices, ses prières, la conversion au christianisme de son mari, de sa belle-mère et enfin de son fils. La piété populaire représente souvent ces deux grandes figures, ensemble, contemplant, dans une profonde communion spirituelle, le ciel et s’entretenant sur les beautés de la vie future.

Par l’exemple de Monique, Augustin nous montre comment vivre chrétiennement le deuil, la disparition des êtres qui nous sont chers. Augustin a été ébranlé par la mort de Monique. Evoquant le trépas de sa mère, il s’attarde sur sa douleur et ses larmes. Cela dit, Monique l’avait bien préparé à cette échéance en lui faisant part de ses dernières volontés qui tenaient en deux points. En effet, dans sa dernière maladie, elle dit à ses deux fils, Augustin et Navigius, de ne pas se soucier de son corps et de l’enterrer là où ils se trouvent en ce moment à savoir à Ostie. Par contre, elle demande instamment de « se souvenir d’elle à l’autel du Seigneur » (autrement dit à la Messe). Vingt ans après, Augustin recommandait encore aux prêtres de sa connaissance, de se souvenir de Monique lorsqu’ils célèbrent le saint sacrifice de la Messe.

Au sujet des funérailles de Monique, Augustin écrit : « Nous ne pensâmes pas qu’il fût convenable de célébrer ses funérailles par des plaintes, des pleurs et des gémissements, parce que ce n’était point dans la peine qu’elle mourait, et qu’elle ne mourait pas non plus tout entière. C’était en conséquence de sa vie innocente et de sa foi sincère que nous avions raisonnablement cette pensée. » Monique et Augustin nous donneront le ton pour ce rosaire que nous prierons ce mois-ci pour les défunts mais aussi pour vivre chrétiennement le deuil. Apprenons à nous soucier de ce qui compte vraiment et gardons notre regard fixé sur l’éternité où nous attend un bonheur sans fin, un bonheur tel, qu’il ne doit pas nous faire craindre de laisser derrière nous toutes ces choses qu’en cette vie nous croyons indispensables alors qu’elles ne sont qu’utiles (et encore, bien peu de choses le sont véritablement !). Comme Augustin, gardons notre regard fixé sur l’éternité, où nous attendent ceux qui nous ont précédés.

Voyons nos défunts plongés dans la vraie vie, comme Augustin voyait Monique, afin d’y trouver toute consolation dans notre deuil. Dans ses Confessions, Augustin fait dire à Monique parlant de l’autre vie : « Ne pleure pas si tu m’aimes. Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le Ciel ! Si tu pouvais, d’ici, entendre le chant des anges et me voir au milieu d’eux ! Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche ! Si un instant tu pouvais contempler, comme moi, la Beauté devant laquelle toutes les beautés palissent. Quoi ! Tu m’as vue, tu m’as aimée dans le pays des ombres, et tu ne pourrais ni me revoir, ni m’aimer dans le pays des immuables réalités ? Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient, et quand un jour que Dieu connaît et qu’Il a fixé, ton âme viendra dans le Ciel où l’a précédée la mienne, ce jour-là tu reverras celle qui t’aimait et qui t’aime encore, tu en retrouveras les tendresses épurées. A Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse, infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie, je sois devenue moins aimante ! Tu me reverras donc transfigurée dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d’instant en instant, avec toi, qui me tiendras la main, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie, buvant avec ivresse aux pieds de Dieu un breuvage dont on ne se lasse jamais et que tu viendras boire avec moi. Essuie tes larmes et ne pleure plus, si tu m’aimes. » (Saint Augustin, « Confessions », Livre IV)

Oui, essuyons nos larmes et ne pleurons plus, si nous aimons vraiment ceux qui nous ont devancés dans le royaume des vivants.

Prions

1 dizaine du chapelet (Notre Père… 10 Je vous salue Marie… Gloire au Père…)

O mon Jésus pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. (Prière demandée par Notre-Dame de Fatima après chaque dizaine du chapelet)

O saints Patriarches et Prophètes ! Offrez pour moi à l’adorable Trinité, le désir que vous avez eu de l’Incarnation de Jésus et faites que j’aspire ardemment après Lui que vous avez désiré et si longtemps attendu.

O saints Apôtres ! Offrez pour moi à l’adorable Trinité, la fidélité et la persévérance avec laquelle vous avez prêché l’Evangile de par le monde, pour former à Jésus un peuple fidèle. Faites que j’aime toujours d’avantage Celui que vous-même avez aimé de tout votre cœur.

O saints Martyrs ! Je vous en conjure, offrez pour moi à l’adorable Trinité, la patience avec laquelle vous avez supporté votre martyre. Obtenez-moi que je me dépense sans compter au service de Jésus pour l’amour duquel vous avez livré votre corps à la mort.

O saints Confesseurs ! Je vous en supplie, offrez pour moi à l’adorable Trinité, la sainteté héroïque en laquelle vous avez montré aux autres la voie de la vie. Faites que je m’élève au sommet de la perfection pour l’amour de Jésus  pour qui vous avez tout abandonné.

O saintes Vierges ! Offrez pour moi, je vous en conjure, à l’adorable Trinité, votre pureté et votre intégrité qui vous ont mérité d’être les plus rapprochées de Dieu. Faites que je triomphe dans la chasteté de l’esprit et du corps, et en toutes choses pour l’amour de Jésus à qui vous avez consacré votre virginité.

Et Vous, Seigneur ! Précédez l’assemblée de vos Saints et faites pour moi l’offrande à Dieu le Père de toute votre très sainte et parfaite vie sur terre avec le fruit de votre Passion en réparation de tous mes péchés et omissions, en sorte que par Vous, tout ce qui est de moi, reçoive son supplément et sa perfection. Amen. (Jésus à sainte Mechtilde : «  Prie ainsi chacun des groupes de mes Saints afin qu’ils offrent pour toi leurs mérites »)

Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel et que la lumière sans fin brille sur elles.

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

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