« Je vois ensuite une lumière. Je suis tenté de dire : c’est de la lumière ! Mais, dans sa partie inférieure, cela me semble être davantage du feu ; dans sa partie supérieure, c’est davantage de la lumière.
Lorsqu’à présent je parle de feu, je dois dire tout de suite que ce n’est pas un feu terrestre, et qu’il ne peut en être comparé. Ce n’est pas quelque chose de mort ; il est en lui-même mobile, comme quelque chose de vivant. Il frémit légèrement, vacille doucement, comme une langue de flamme. Tout n’est que tendresse, grâce, douceur.
Ce feu dégage aussi de la chaleur, qui, souvent, agit agréablement et de manière bienfaisante sur le corps. Mais ce n’est pas cette chaleur physique qui est ici prédominante, c’est plutôt la flamme spirituelle qui se communique à l’âme et la rend fervente, zélée, énergique pour le service de Dieu.
La descente du Saint-Esprit en langues de feu à la Pentecôte, je me la représente de façon analogue. À ce moment-là, le feu vacillant s’approcha des apôtres, se posa sur eux, et les remplit d’une telle joie intérieure et ferveur qu’ils parurent enivrés. On peut donc conclure que les apôtres ne furent pas effrayés par l’apparition de ce symbole, mais qu’au contraire ils furent fortifiés et devinrent intrépides pour défendre la cause de Dieu.
Lorsque je prie avec une grande ferveur, le feu devient plus intense, au point que je me sens comme consumé — semblable à un feu terrestre — prêt à faire, par amour, de grands sacrifices. Dans cet état de prière ardente, je pourrais prier durant des heures sans fatigue ni ennui ; je prie sans paroles, mais ma prière est alors plus efficace que lorsque je dois parler.
Dans cette ardeur de la prière, j’obtiens de Dieu tout ce que je lui expose avec confiance et foi. Alors, non seulement le feu augmente, mais aussi la foi et l’amour. C’est surtout pour cet amour et sa croissance que j’aime prier. Le désir d’un amour toujours plus grand de Dieu devient si intense qu’il ne laisse plus de repos : on voudrait se consumer.
Je brûle alors, sans pourtant me consumer. Et même si la flamme s’élève, elle ne provoque aucune agitation intérieure. »
« Si l’obéissance ne m’appelait pas à autre chose dans ces moments, je pourrais prier durant des heures, et même une longue durée me semblerait alors un court instant. — Lorsque Dieu se sert ensuite de cette ardeur de prière pour me faire comprendre certaines choses d’une manière spéciale — comme ce fut le cas pour la construction de notre église, ou le départ du Frère N. — alors cette flamme s’élève de façon extraordinaire et me pousse à une prière d’une confiance illimitée. »
« Effet principal de cette manifestation de l’Esprit… »)
« L’effet principal de cette manifestation de l’Esprit est une confiance illimitée en Dieu, une ferme assurance que rien n’échappe à sa volonté, qu’Il dirige tout avec sagesse, et qu’Il est toujours proche de moi. »
« Toute peur s’évanouit. Il n’y a plus de crainte, même pas de la mort. L’âme devient intrépide et ne désire plus rien d’autre que d’aimer, de servir et de plaire à Dieu. »
« De plus, cette flamme intérieure communique une paix profonde, une sérénité inébranlable, qui n’est pas troublée même par les choses les plus pénibles ou les plus menaçantes. »
« L’on sent alors que l’on est tout à Dieu, que tout dépend de Lui, que tout est dans sa main. »
« C’est pourquoi, dans cet état d’union intérieure avec Dieu, on comprend également mieux la valeur des souffrances, on les accepte plus facilement, on les embrasse même avec joie, et l’on devient prêt à faire tous les sacrifices pour l’amour de Dieu. »
« C’est alors que naît une prière véritablement surnaturelle. Non plus une prière de simple besoin ou de devoir, mais une prière née du cœur, portée par l’amour et la foi, embrasée du feu divin. »
« Il arrive aussi que dans cette lumière et cette chaleur, certaines vérités de la foi deviennent plus claires, plus compréhensibles. Non pas par un raisonnement ou une réflexion, mais par une sorte d’illumination intérieure. »
« L’on comprend alors, dans un instant, ce que l’on n’aurait pas saisi en des années d’étude. »
« Je n’ai jamais vu cette lumière agir d’une autre manière que dans le silence. Elle ne parle pas, elle montre. Elle ne discute pas, elle convainc. Elle ne presse pas, elle attire. Elle n’oblige pas, elle pénètre. »
« Et plus on s’abandonne à cette lumière, plus elle devient claire. Plus on se laisse embraser par ce feu, plus il se communique à l’âme. »
« Cela ne va pas toujours aussi loin. Parfois, la lumière reste plus faible, ou la chaleur s’atténue. Mais quand cela arrive, je remarque en moi-même que je n’ai pas prié avec le même sérieux, ou que je me suis laissé distraire. »
« Si je suis bien recueilli, que je suis en état de grâce, que je prie humblement et avec confiance, alors cette lumière se manifeste presque toujours. »
« On ne peut jamais la provoquer artificiellement. Elle vient de Dieu seul. Mais on peut s’y préparer, s’y disposer, et Dieu la donne alors comme un don gratuit. »
« Je voudrais, si cela m’était permis, conserver cette lumière tout le temps. Mais il m’est clair qu’elle ne m’est donnée que pour des moments particuliers, pour m’encourager, me fortifier, m’éclairer. »
« Elle n’est pas une récompense, elle est une grâce. »
« Je ne la mérite pas, mais je la reçois dans l’humilité et l’action de grâce. Et quand elle s’éloigne, je ne suis pas triste, mais je reste confiant, sachant qu’elle peut revenir, et que Dieu me guide aussi dans l’obscurité. »
« Parfois, lorsque la lumière me quitte brusquement, je me demande si ce n’est pas à cause d’une faute de ma part, ou d’un manque d’attention. Mais alors je me réfugie dans la prière : “Seigneur, si j’ai manqué, pardonne-moi. Reviens, si cela est ta volonté.” »
« Et souvent, Il revient. »
« Cette lumière n’éblouit pas. Elle rend humble. Elle ne rend pas orgueilleux, elle pousse à la reconnaissance. »
« Elle ne fait pas croire que l’on est quelque chose, mais que Dieu est tout. »
« Elle ne fait pas parler beaucoup, mais rend silencieux. »
« Elle ne donne pas envie de briller devant les hommes, mais de se cacher dans le cœur de Dieu. »
« Elle ne fait pas chercher les consolations sensibles, mais elle donne la force de les supporter quand elles disparaissent. »
« Elle ne conduit pas à l’activisme, mais elle fortifie pour le service. Elle ne conduit pas au repli sur soi, mais à la charité. »
« C’est pourquoi je dis : cette lumière, ce feu, c’est l’Esprit Saint. Non dans sa plénitude divine, que je ne pourrais supporter, mais dans une communication adaptée à mon âme faible. »
« Il est la douce clarté de Dieu dans mon âme. »
« Ô Esprit Saint, flamme silencieuse et brûlante, éclaire-moi, embrase-moi, guide-moi. »
« Je ne veux rien d’autre que Toi. »
(Traduit de l’allemand : « Das heilige Messopfer – in Schauungen erlebt »).
Prions
Une dizaine du chapelet (1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père)
O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer ; conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
Père Éternel, par le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus, nous vous offrons 33 000 fois avec tous les anges et tous les saints,
le corps, le sang, l’âme, la divinité, la sainte-face, l’amour eucharistique, toutes les blessures, larmes, souffrances de votre très cher Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous aimons tant,
en union avec les douleurs, les larmes, l’amour de la Très-Sainte-Vierge Marie,
les mérites de tous les anges et de tous les saints,
de toutes les saintes messes et communions passées, présentes, futures,
les saints rosaires et autres prières,
et dans les plaies de Jésus-Christ notre propre néant avec Lui, en Lui et par Lui,
pour la conversion des pauvres pécheurs, en réparation des péchés du monde entier, pour la sainte Église catholique, le Saint-Père, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les consacrés, les pauvres âmes du purgatoire, les malades, les agonisants et toutes les personnes qui nous ont été recommandées. Amen.
Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts, reposent en paix. Amen.

