Méditons
Lorsque la reine Esther projeta d’aller voir le roi pour plaider la cause de son peuple, elle commença par revêtir sa plus belle robe, se para de ses plus beaux atours, s’apprêta et pria Dieu de mettre sur ses lèvres des paroles de douceur et de sagesse. Esther préfigure Marie, la Mère de Jésus et la nôtre, qui vient au secours de son peuple en plaidant notre cause devant Dieu.
Non seulement elle nous a donné Jésus, mais elle s’emploie aussi à nous amener à le glorifier par toute notre vie. Dans ce but, elle unit sans cesse sa prière à la nôtre pour l’enrichir et la rendre digne d’être présentées à Dieu. Elle nous aide également à accueillir la grâce divine et à la laisser agir en nous.
Dans le cénacle de la Pentecôte, elle est présente au milieu des Apôtres et prie d’un seul cœur avec eux pour que vienne l’Esprit-Saint. Elle les aide aussi à être prêts à l’accueillir et à le laisser se déployer en eux. La prière de Marie est si pure, si désintéressée, si immaculée, qu’elle attire la grâce avec certitude.
Notre prière, à nous pauvres pécheurs, n’est pas digne d’être présentée telle quelle à la Sainte Trinité, au Dieu trois fois saint. Mais présentée par Marie, la Mère, le modèle et la figure de l’Église, elle acquiert un mérite et une valeur sans commune mesure aux yeux de Jésus, car elle lui ajoute ses propres mérites. Elle couvre de sa voix de colombe énamourée nos voix éraillées par le péché, afin de parfaire notre prière et de la rendre digne d’être présentée à Jésus.
À La Salette, Marie déclare à ses confidents Mélanie et Maximin : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. Pour vous autres, vous n’en faites pas cas ! Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous autres. » (19 septembre 1846). À Fatima, elle dit : « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre parce qu’elle seule peut les obtenir. » (13 juillet 1917).
Si, malgré nos turpitudes, nos péchés à répétition et nos impénitences, Dieu ne se détourne pas de nous, c’est parce qu’il y a Marie, parce qu’elle est l’une des nôtres et qu’elle s’emploie à pallier nos manques par ses prières et les mérites de toute sa vie en union et en dépendance de ceux de Jésus, le seul Sauveur. Quoi qu’il arrive, Jésus ne nous abandonnera pas, car Marie le prie sans cesse pour nous et que son amour le dédommagera toujours de toutes nos fautes.
Que cela nous réjouisse, mais nous incite aussi à nous convertir et à nous comporter comme de dignes enfants de Marie. Si nous l’aimons, nous devons non seulement éviter de lui alourdir la tâche, mais aussi l’aider à la porter. Dans ce but, elle demande aux enfants de Fatima de consentir des sacrifices et de prier le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix et le salut des âmes. Elle dit aussi à Estelle Faguette : « Courage , prends patience ; mon fils va se laisser toucher. Tu souffriras encore cinq jours, en l’honneur des cinq plaies de mon fils. Samedi, tu seras morte ou guérie. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire » (15 02 1876). Estelle sera guérie et publiera la gloire de Marie.
Nous aimons Marie parce que, pour notre salut, elle pallie tous nos manques. Prouvons-lui notre amour en l’aidant, par nos prières et nos sacrifices, à intercéder pour toute nécessité.
Marie, notre espérance, priez pour nous.
Prions
Une dizaine du chapelet (Notre père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père)
O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils. Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au Ciel. (Léonce de Grandmaison)
Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

